MÉCANISME DE LA RESPIRATION
ment secondé par la contraction des intercostaux internes.
18. On voit par là que la respiration peut être diaphragmatique ou costale. En règle générale cependant, lesdeux formes de la respiration coïncident et s’aident mutuellement ; la contraction du diaphragme s’opère en même temps que celle des intercostaux externes, et son relâchement a lieu simultanément avec la contraction des intercostaux internes ; mais divers agents accessoires entrent ici en jeu. Ainsi les muscles qui unissent les côtes aux parties de l’épine vertébrale qui sont au-dessus d’elles et, d’autre part, à l’épaule peuvent aider l’inspiration avec plus ou moins de force, tandis que les muscles qui unissent les côtes et le sternum au bassin et constituent les parois antérieures et latérales de l’abdomen sont de puissants agents pour l’expiration ; ils la favorisent en effet de deux manières : directement, en abaissant les côtes, indirectement, en poussant les viscères de l’abdomen vers le haut contre la surface inférieure du diaphragme et en soulevant ainsi la base de la poitrine.
C’est pour cela que quand on fait un violent effort expiratoire, les parois de l’abdomen sont visiblement aplaties et poussés vers l’épine, tandis que le corps se penche en avant.
D’un autre côté, si l’on fait une profonde inspiration, les parois de l’abdomen peuvent se relâcher et prendre une forme convexe, si les viscères sont poussés en bas par la descente du diaphragme ; l’épine se redresse, la tête se rejette en arrière et les épaules en dehors, de façon à donner les plus grands avantages mécaniques à tous les muscles qui peuvent élever les côtes.
Toutefois on peut encore obtenir de profondes inspirations par d’autres procédés musculaires dont la description serait trop longue.
iOi LEÇONS I)E PHYSIOLOGIE. — IV.
19. Osl un fait remarquable que le mécanisme de la respiration soit quelque peu différent dans les deux sexes. Chez les hommes, le diaphragme joue le rôle le plus important, les cèles supérieures se mouvant relalivement très-peu; chez les femmes, au contraire, l’acte respiratoire est en grande partie le résultat du mouvement des côtes.
Le soupir est une inspiration profonde et prolongée. Le reniflement est un acte respiratoire plus rapide, dans lequel la bouche est fermée et l’air passe à travers le nez.
La toux est une violente expiration; une profonde inspiration s’opère d’abord, la glotte est fermée et s’ouvre ensuite tout à coup par la violente compression de l’air contenu dans les poumons, compression produite par la contraction des muscles expiratoires pendant que le diaphragme est relâché et que l’air est expulsé à travers la bouche. Dans Yéternument, au contraire, la cavité buccale se sépare du pharynx par le rapprochement de la base de la langue et des parties molles du palais, l’air s’ouvrant passage à travers les cavités nasales.
20. On voit que le thorax, les poumons et la trachée forment une sorte de soufflet sans valvule, dans lequel le thorax et les poumons représentent le corps du soufflet et la trachée le tuyau ; que l’effet du mouvement respiratoire est le môme que celui qui résulte du rapprochement et de l’éloignement des poignées du soufflet. Il y a cependant entre le soufflet et l’appareil respiratoire une différence très-importante quoique fréquemment négligée; c’est que les plateaux du soufflet peuvent être rapprochés de façon à chasser tout ou presque tout l’air qu’il contient, tandis que les parois de la poitrine aussi rapprochées que possible comprennent néanmoins une cavité assez grande (flg. 24, H), de sorte que même après l’effort expiratoire le plus violent il reste dans les poumons une grande quan-
CAPACIIÉ PULMONAIRE. 105
tilé d’air. Celte quantité d’air de résidu est d’environ 12 ou 10 cents centimètres cubes. Une quantité d’air à peu
Fig. 24. — Sectioxs m ifiRAirvATiQi'Es do corps.
A, dans l’inspiration; B, dans l’expiration; Tr, trachée; Si, sternum; B, diaphragme; Ai, parois abdominale; les régions ombrées indiquent à peu prés la région où l’air stationne.
près égale reste dans la poitrine après une expiration ordinaire et est appelée air supplémentaire.
Dans la respiration habituelle il entre et il sort du poumon de 320 à 480 centimètres cubes de l’air que l’on peut appeler air courant (tidal air) ; il s’ensuit qu’après une inspiration ordinaire le poumon peut contenir 1600 -+- 1600 -4- 480 = 5680 centimètres cubes. En prenant une inspiration aussi profonde que possible, on peut ajouter à
cette quantité 1600 centimètres cubes d’air en plus que nous nommerons air complémentaire.
21 . Il résulte de ces chiffres que les poumons, après une inspiration ordinaire, contiennent environ 5680 centimètres cubes d’air et que l'expiration et l'inspiration qui suivront ne chasseront d’abord pour reprendre ensuite, que la septième ou la huitième partie de ce volume. Si l’on met un moment de côté cette considération que l’air frais inspiré doit remplir les cavités de la région postérieure de la bouche, la trachée et les bronches, on trouve que, si les poumons n’étaient que des sacs fixés à l’extrémité des bronches, l'air inspiré ne descendrait que pour remplir la quatorzième ou la seizième partie de chaque poumon, dans le voisinage des bronches d’où cet air serait de nouveau chassé à l’expiration suivante. Mais comme ces bronches se subdivisent en un nombre prodigieux de tubes bronchiques, l’air inspiré pénètre bien à une certaine distance de leur parcours, mais n’arrive jamais directement aux cellules aériennes.
Ainsi l’air de résidu et l’air supplémentaire, pris dans leur ensemble, forment d’ordinaire l'air stationnaire, c’està-dire que l’air désigné sous ces noms dépasse à peine certaines limites dans les conduits bronchiques, et la poitrine se dilate et se resserre sans qu’il quitte les poumons ; l'air courant ( thial air) seul, s’échappe et se renouvelle dans la respiration ordinaire.
Il est donc évident que les actes chimiques de la respiration sont exécutés essentiellement par l’air stationnaire, qui joue le rôle d’intermédiaire entre deux parties, le sang, d’une part, et l’air frais de courant d’autre part, qui éprouvent le besoin de faire un échange mutuel d’acide carbonique pour de l’oxygène et d’oxygène pour de l’acide carbonique.