AIR STATIONNAIRE
Mais rien n’est interposé enlre l'air frais et l’air stationnaire; ce sont deux fluides aériformes en contact et en parfaite continuité ; un échange doit donc s’accomplir enlre eux conformément aux lois ordinaires du mélange des gaz.
22. C’est donc certainement l’air qui se trouve stationnaire dans les cellules du poumon qui fournit l’oxygène au sang et en reçoit l’acide carbonique, bien que la façon dont cet échange s’effectue ne soit pas parfaitement connue. Cet air se charge donc d’acide carbonique et s’appauvrit d’oxygène dans des proportions qui ne sont pas exactement déterminées. Mais il doit offrir un excès d’acide carbonique et un défaut d’oxygène beaucoup plus marqués que l’air inspiré, puisque celui-ci prend les mômes proportions dans le court espace de temps (quatre ou cinq secondes) pendant lequel il est en contact avec l’air stationnaire.
On trouve, en accord avec ces laits, que l’air rendu pendant la première moitié d’une expiration contient moins d’acide carbonique que l’air expiré pendant la seconde moitié. De plus, quand on augmente la fréquence des inspirations sans en augmenter le volume, quoique la proportion d’acide carbonique de chaque expiration soit diminuée, elle ne l’est point dans la même mesure que le nombre des inspirations est augmenté : il suit delà qu’en définitive la quantité d'acide carbonique rendu dans un temps donné est augmentée.
Si par exemple le nombre des inspirations est porté de 15 à 50 par minute, la proportion d’acide carbonique rendue dans le second cas est de plus du double de ce qu’elle était dans le premier cas; en conséquence une plus grande quantité est, au total, évacuée.
25. Parmi les différents agents mécaniques de la respiration dont nous avons jusqu’à, présent montré la nature
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et l’action, l’un, l’élasticité du poumon (g 14), a le caractère d’une force aveugle et constante. Mais les autres parties de l’appareil sont sous la direction du système nerveux et leur action varie de temps à autre.
Comme les cavités nasales ne peuvent pas être fermées par leur action spontanée, l’air a toujours un libre accès au pharynx ; mais la glotte ou l’entrée du conduit de l'air est tout à fait placée sous le contrôle du système nerveux ; la plus légère irritation de la membrane muqueuse de son voisinage est transmise par les nerfs à celle portion de l’axe cérébro-spinal qui s’appelle moelle allongée (voy. leçon XI, g 16). La moelle allongée ainsi excitée détermine — à l’aide d’un procédé qui sera expliqué ultérieurement et qui porte le nom d’action réflexe — la contraction des muscles qui ferment la glotte, et souvent, en même temps, la contraction violente des muscles expiraleurs qui produisent la toux (g 19).
Les fibres musculaires des plus petits tubes bronchiques aussi bien que la pompe respiratoire elle-même formée par les parois et la base du thorax sont sous le contrôle absolu des nerfs qui se rendent aux muscles et qui sont mis en mouvement à la suite des impressions transmises à cette partie du cerveau que l’on appelle la moelle allongée, par le pneuino-gastrique et les autres nerfs.
24. D’après ce qui précède, on peut voir qu’il y a de nombreuses analogies entre l’appareil circulatoire et l’appareil respiratoire. Chacun d’eux consiste essentiellement en une sorte de pompe qui distribue un fluide (gazeux ou liquide) à travers une série de tubes distributeurs ramifiés à un système de cavités (capillaires ou cellules d’air), dont la capacité est plus grande que celle des tubes.
Dans l’un et l’autre cas, c’est la pompe qui détermine le mouvement du fluide, quoique ce mouvement puisse être
liltUITS UtSI’lIlATOlHES.
réglé localement par la contraction ou le relâchement des fibres musculaires contenues dans les parois des tubes distributeurs. Mais tandis que le mouvement rhylhmé du cœur dépend principalement d’un appareil nerveux intrinsèque, celui de l’appareil respiratoire résulte surtout de l'action d’un centre nerveux situé dans la moelle allongée.
25. De même qu’il y a certains phénomènes secondaires qui accompagnent l’action du cœur et en reçoivent l’explication, de même certains phénomènes semblables sont liés à l’activité de l’appareil respiratoire. Ce sont : a) les bruits respiratoires, et, b) les effets des mouvements inspirateurs et expirateurs sur la circulation.
26. Les bruits respiratoires peuvent s’entendre quand on applique l’oreille sur un point quelconque delà portion de la poitrine qui recouvre l’un ou l’autre poumon. Ils accompagnent l'inspiration et l’expiration et ressemblent beaucoup aux sons que l’on peut produire en respirant par la bouche quand les lèvres sont appliquées de façon à laisser un petit espace ouvert. Sur la région des bronches les sons sont plus forts que sur les autres points de la surface. Ces bruits sont produits par le passage de l’air le long de ses conduits.
27. En conséquence de l'élasticité des poumons, une certaine force doit être employée pour les dilater, et l’expérience montre que cette force doit être d’autant plus grande que le poumon est plus dilaté; il faut une force plus considérable pour maintenir un morceau de caoutchouc étendu de beaucoup quepour le tenir étendudepeu. Il suit de là que quand on fuit une inspiration et que les poumons sont remplis d’air, le cœur et les gros vaisseaux sont soumis à une pression moindre que celle qui s’exerce sur les vaisseaux sanguins des autres parties du corps.
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