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En effet, la pression de l’air à l'intérieur des poumons est exactement égale à celle qui est exercée par l'atmosphère sur la surface du corps, c’est-à-dire à un peu plus de 1 kilogramme par centimètre carré. Mais une partie de la pression exercée dans les poumons est neutralisée par la force élastique de cet organe dilaté. Supposons qu’à l’état d'inspiration, la quinzième partie de cette pression soit nécessaire pour surmonter l’effort de l’élasticité, la conséquence en sera que la pression du sang sur le cœur et les gros vaisseaux sera moindre d’un quinzième par chaque centimètre carré que sur les autres veines et les artères du reste du corps. S’il n’y avait point de valvules pulmonaires ni aortiques, et si la structure de ces vaisseaux et la pression du sang étaient partout les mômes, le résultat de cet excès de pression sur la plus grande partie de la surface du corps serait de chasser le sang de toutes ses parties, artères et veines, vers le cœur et les gros vaisseaux contenus dans la poitrine. Et ainsi la diminution de pression sur les cavités sanguines thoraciques, diminution produite par l’inspiration, produirait une aspiration de tout le sang del’économie vers le thorax. Mais l’aspiration exercée de la sorte, tout en hâtant le cours du sang dans les veines vers le cœur, s’opposerait avec une force égale au cours du sang du cœur dans les artères et les deux actions se neutraliseraient.
En résumé, nous savons positivement :
1) Que le sang dans les grosses artères se trouve constamment sous une pression considérable exercée par leurs parois élastiques, tandis que celui des veines ne supporte que peu ou point de pression, leurs parois n’ayant que peu d’élasticité.
2) Que les parois des artères sont fortes et résistantes, tandis que celles des veines sont faibles et flasques.