‹ Leçons de physiologie élémentaireChapitre 66 sur 158 · TRANSPIRATION · texte numérisé non relu

TRANSPIRATION

timètrc carré; elles sont plus nombreuses à la région de la paume de la main et à la plante du pied où leurs orilices suivent des sillons visibles sur la peau et où leur nombre s’élève à environ 5 ou 400 par centimètre carré. Une estimation approximative de la quantité de ces orifices en porte le nombre à 2 millions ou 2 millions et demi pour toute la surface du corps. Ces conduits doivent donc posséder, pris en masse, une force d’excrétion très-considérable.

17. Les glandes de la sueur sont à un haut degré sous l’influence du système nerveux. C’est là un point établi non-seulement par les effets bien connus des émotions mentales qui parfois suppriment la transpiration et parfois la produisent en grande quantité, mais encore par des expériences directes qui ont été faites en vue de le démontrer. Il y a des animaux qui, tels que le cheval, transpirent abondamment : or, si l'on coupe le nerf grand sympathique d’un côté du cou, le môme côté de la tête s’injectera de sang et sa température s’élèvera (voy. leçon II, § 24); en même temps la sueur se produit abondamment sur toute la surface alfectée de la sorte. En irritant l'extrémité du nerf coupé qui est en rapport avec les vaisseaux, leurs parois musculaires auxquelles les nerfs se distribuent se contractent, la congestion cesse et avec elle la transpiration.

1 8. La grande quantité de substances que l’on peut perdre dans certaines circonstances par la transpiration est trèsremarquable. L’action combinée de la chaleur et d’un travail énergique peut réduire le poids d’un homme de 2 ou 5 livres en une heure parla seule action de la transpiration; et, comme il y a des raisons pour croire que la quantité de substances solides enlevées du sang ne diminue pas avec l’augmentation de la quantité de sueur, la quantité d’urée

même éliminée par des sueurs abondantes peut être considérable.

La différence entre le sang qui vient de la peau et celui qui s’y rend ne peut être déduite que de la nature dos substances expulsées par la transpiration; mais le sang artériel ne se transforme pas en sang veineux dans la peau.

19. Il sera maintenant instructif de comparer, plus à fond que nous ne l’avons fait dans la première leçon, les trois grands appareils, — les poumons, les reins et la peau, que nous avons décrits.

En dernière analyse anatomique, chacun de ces appareils consiste en une membrane organisée, humide, qui sépare le sang de l’atmosphère.

L’eau, l’acide carbonique et l’urée abandonnent le sang à travers la membrane, dans chaque organe, et constituent ses excrétions; mais les trois grands appareils diffèrent quant à la quantité absolue et relative des aliments dont ils permettent l’élimination.

Eu poids, c’est l’eau qui, dans les trois appareils, est l’excrétion prédominante : les reins donnent une plus grande quantité de matière solide, les poumons une plus grande quantité de gaz.

La peau eslde la nature des poumons et des reins à lafois; elle absorbe l'oxygène et élimine l’acide carbonique et l'eau comme les premiers, tandis qu’elle excrète l’urée et des substances salines en solution comme les seconds; mais la peau est en relations plus étroites avec les reins qu'avec les poumons. Il résulte de là que, quand la libre fonction de la peau est interrompue , son travail est d’ordinaire accompli par les reins, et vice versa. Par les temps chauds* quand l’excrétion de la peau augmente, celle des reins diminue, et le contraire s’observe par les temps froids.

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