LE FOIE
Cependant, cette faculté de substitution mutuelle ne va pas bien loin; car si les reins sont enlevés ou que leurs fonctions soient très-gènées, la mort survient quelque active que puisse être la peau. D’un autre côté, si la peau est couverte d'un vernis imperméable, la température du corps baisse rapidement, et la mort survient quoique les poumons et les reins soient restés en activité.
20. Le foie est une source constante de perle, et en un certain sens de gain pour le sang qui le traverse. 11 donne lieu à une perte, parce qu’il sépare un liquide particulier du sang, la bile, et qu’il jette ce liquide dans les intestins : il est une source de gain, sinon quant à la quantité des produits, au moinsquant à leur genre, en ce qu’il prépare une substance appelée glycogène capable de se transformer rapidement en une espèce de sucre appelé glycose qui est enlevé par le sang sous, une forme ou sous une autre. Enfin, il est très-probable que le foie estime des sources des globules incolores du sang.
Le foie est l’organe glandulaire le plus gros du corps; il pèse ordinairement de 15 à 1,800 grammes; il est large, d’un rouge brun foncé, et se trouve situé sur le côté droit du corps immédiatement au-dessous du diaphragme avec lequel sa face supérieure est en contact, tandis que sa face inférieure est contiguë avec l’intestin et le rein droit.
Le foie est enveloppé par une couche du péritoine qui le maintient en place; il est aplati de haut en bas, convexe et lisse sur sa face supérieure qui s’engage dans la concavité de la face inférieure du diaphragme. En dessous, il est plus irrégulier (fig. 29); épais en arrière, il se termine en avant par un bord mince.
Quand on l’observe par sa face inférieure, comme dans la figure 29, on voit la veine cave inférieure a traverser une échancrure au bord postérieur du foie au moment où
elle passe de l’abdomen au thorax; en b on peut voir le tronc de la veine porte se diviser en branches qui entrent et se ramifient dans sa substance.
Fig. 29.
l.e foie vu par salace inférieure; a, veine cave; b , veine porte; f, conduits biliaires; d, artère hépatique.
En d l’artère hépatique qui vient presque directement de l’aorte se divise pareillement; elle entre dans le foie et se
Fig. 30.
a, dernières brandies des cellules hépatiques ; b, cellules du foie.
ramifie dans son épaisseur, tandis qu’en e on voit un tronc simple appelé camil cholédoque, dont la fonction est de dé-
VEINE HEPATIQUE.
versera l’extérieur la bile qui lui est amenée du foie par ses branches gauche et droite. Le canal de la vésicule du fiel (canal cystique, l) vient également s’ouvrir par un conduit dans le canal cholédoque. Ce conduit est plus petit que l'artère, et l’artère est plus petite que la veine porte.
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Fie- 51.
Section d'un portion du foie qui montre la veine hépatique HV avec les lobules ou acini du foie L situés sur ses parois et envoyant dans la grosse veine leurs petites veines intralobulaires.
Si l’on suit dans l’épaisseur du foie les branches de l'artère, de la veine porte et des conduits biliaires, on reconnaîtra qu’elles s’accompagnent l’une l'autre et qu'en se ramifiant et se subdivisant elles deviennent de plus en plus petites. A la fin la veine pen te et l’artère hépatique se terminent dans les capillaires qui traversent comme un
réseau la substance des plus petites subdivisions visibles de la substance du foie, — petites masses polygonales de 2 ou 3 millimètres de diamètre au plus que l’on appelle lobules. Chaque lobule repose par sa base sur une des ramifications d’une grosse veine, — la veine hépatique, — et le sang des capillaires du lobule est versé dans cette veine par une veinule appelée intralobulaire qui traverse le centre du lobule et perce sa base. Ainsi le sang veineux de la veine porte et le sang artériel de l’artère hépatique atteignent les surfaces des lobules par les ramifications ultimes de cette veine et de cette artère: le mélange se fait dans les capillaires de chaque lobule et est entraîné par ses veinules intralobulaires qui déversent leur contenu dans une des ramifications de la veine hépatique. Ces ramifications réunies forment des troncs de plus en plus larges qui atteignent finalement le bord postérieur du foie et s’ouvrent dans la veine cave inférieure qui s’élève de la pointe vers le haut, en contact avec celte partie du foie.
Ainsi le sang qui est fourni au foie est un mélange de sang artériel et veineux; le premier provient directement de l’aorte par l’artère hépatique; le second provient des capillaires de l’estomac, des intestins, du pancréas et de la rate, est apporté par la veine porte.
On ne sait pas exactement comment se terminent les ramifications des canaux hépatiques ou biliaires. Tapissés par un épithélium qui est la suite de celui du canal principal, et ensuite par celui des intestins dans lesquels s’ouvrent les canaux principaux, on peut les suivre jusqu’à la surface des lobules. Leurs ramifications ultimes ne sont pas encore très-nettement connues, mais des recherches récentes tendent à prouver qu’ils pénètrent à travers des espaces ménagés entre les cellules hépatiques et traversent les lobules dans les intervalles laissés par les capil-