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COMPOSITION DE LA BILE

laires. Dans l’un et l’autre cas, un liquide quelconque séparé du sang par l’action des. lobules doit aisément pénétrer dans leur épaisseur.

Dans l'épaisseur des lobules toutes les mailles des vaisseaux sanguins sont remplies par les cellules hépatiques. Ces cellules sont des corps à plusieurs faces de 2 centièmes de millimètres de diamètre environ offrant un noyau central et possédant fréquemment dans leur substance des granules plus ou moins gros de matière grasse (fig. 50, b). C’est dans les cellules du foie que l’on suppose que réside l’activité de cet organe.

21. La nature de celte activité, — pour autant que le foie est une source de déperdition pour le sang qui le traverse, — se détermine en recherchant :

a. Le caractère du liquide, la bile, qui s’écoule sans cesse le long des conduits biliaires et qui, si la digestion n’est pas en train de s’opérer et que son passage vers les intestins soit fermé, reflue et va remplir la vésicule.

b. Les différences qui existent entre le sang qui entre dans le foie et celui qui en sort en ce qui est des éléments de la bile.

22 a. La quantité totale de bile sécrétée dans les vingtquatre heures varie, mais ne s’élève probablement pas à moins de 700 à 1,500 grammes : la hile est un liquide d’un jaune verdâtre, légèrement alcalin, d’un goût extrêmement amer et composé en grande partie d’eau à laquelle viennent s’ajouter de 8 à 17 parties de matières solides en solution. Ces matières solides consistent principalement en une substance résineuse composée de carbone, d’hydrogène, d’oxygène, d’azote et de soufre combinés avec la soude. Celte matière biliaire ou biline peut chimiquement être décomposée en deux acides, l’un appelé taurocholique, qui contient tout le soufre, l’autre appelé

acide glycholique ; la biline est donc une combinaison de taurocholate et de ghjclwlate de soude. Outre la biline qui est son élément principal, la bile contient une substance grasse cristallisée, la cholestérine, e lune matière colorante particulière qui contient du fer et qui est probablement en relation avec l’hématine du sang.

b. De ces éléments de la bile, on ne rencontre dans le sang que l’eau, la cholestérine et les sels; et, quoique sans nul doute il existe quelques différences entre le sang qui entre dans le foie et celui qui en sort, sous le rapport des quantités relatives de ces éléments, on rencontre des difficultés considérables pour déterminer avec précision le total de cette différence. Le sang de la veine hépatique cependant contient une plus petite quantité d’eau que celui de la veine porte.

23. Quant à l’élément essentiel de la bile, la biline, on ne peut la trouver dans le sang qui pénètre dans le foie; il doit donc se former aux dépens du tissu même de cet organe ou de quelque élément du sang qui le traverse. De quelque façon que le fait se produise, il y a une circonstance curieuse à noter, c’est que, comme presque toute la bile qui est versée dans l'intestin est de nouveau absorbée par les vaisseaux de ses parois, elle doit sous une forme ou sous une autre pénétrer une seconde fois dans cet organe avec le sang de la veine porte.

24. Examinons maintenant les principales sources constantes d’acquisition ou de gain pour le sang ; en premier lieu, les sources de gain materiel.

Les poumons et la peau sont, ainsi qu’on l'a vu, deux des principaux canaux par lesquels le corps perd les liquides et les matières gazeuses. Mais ils sont aussi les seuls organes à l’aide desquels l’une des substances les plus

SUCRE nu FOIE.

nécessaires au maintien de la vie, l’oxygène, est introduit dans le sang. On a déjà fait remarquer que le volume d’oxygène introduit par les poumons dans le sang est un peu plus considérable que celui de l’acide carbonique exhalé. Le poids absolu de l’oxygène ainsi absorbé peut être évalué à 640 grammes. (Voy. leçon VI, §2.)

La quantité d’oxygène absorbée par la peau n’est pas exactement connue, mais chez quelques animaux inférieurs, tels que la grenouille, la peau joue un rôle trèsimportant dans l’accomplissement des fonctions respiratoires.

25. Le sang qui quitte le foie par les veines hépatiques contient non-seulement proportionnellement moins d’eau et de fibrine, mais proportionnellement plus de globules, spécialement de globules incolores et, ce qui est encore plus important, une plus grande quantité de sucre de foie ou glycose que celui qui pénètre dans le foie par la veine porte et l’artère hépatique; ces différences ne dépendent point de la nature des aliments.

Quele sang qui quitte le foie doive renfermer proportionnellement moins d’eau et plus de globules que celui qui y pénètre, cela ne dépasse pas ce que l'on doit attendre de ce fait que la formation de la bile qui est faite aux dépens du sang implique nécessairement une perte d’eau et de quelques substances solides , tandis qu’elle ne détruit aucun globule.

Nous ignorons pourquoi il se sépare .moins défibriné du sang de la veine hépatique que du sang qui est amené au foie. Mais on a découvert depuis quelques années à l'aide de recherches expérimentales délicates et ingénieuses, pourquoi il y a toujours beaucoup de sucre dans le sang de la veine hépatique, alors même qu’il n’en est

pas introduit du tout par l’artère hépatique ou par la veine porte.

26. Si l’on nourrit un animal exclusivement avec de la viande, le sang de la veine porte ne contiendra pas de sucre, car les parois du tube digestif n’en ont pas absorbé; l’artère hépatique n’en contiendra pas davantage ou tout au moins pas plus que des traces; on en trouvera néanmoins une grande quantité, au même moment, dans le sang de la veine hépatique et dans celui de la veine cave, du point où cette veine reçoit la veine hépatique jusqu’au cœur.

En second lieu, si l’on extrait le foie d’un animal nourri de viande et que l’on projette un courant d’eau froide dans la veine porte, l’eau s’écoulera parla veine hépatique, entraînant avec elle tout le sang du foie, et deviendra, après un certain laps de temps, incolore et sans sucre. Cependant, si le foie est abandonné à lui-même à une température modérée, le sucre s’y retrouvera de nouveau en abondance.

En troisième lieu, on peut, à l’aide de procédés convenables, extraire du foie, lavé ainsi qu’on vient de le dire, une substance qui ressemble à la farine, à la dextrine et à la gomme par sa composition chimique, laquelle consiste en carbone combiné à l’hydrogène et à l’oxygène, ceux-ci s’y trouvant dans les mêmes proportions que dans l’eau. Cette substance « amyloïde » est la matière glycogène, dont il est parlé au g 20. On peut la dessécher et la conserver longtemps sans qu’elle subisse d’altérations.

Mais de même que la farine et la dextrine végétale, cette matière amyloïde animale, qui doit avoir son origine dans le foie, puisqu’on ne la trouve ni dans le sang de la veine porte ni dans celui de l’artère hépatique, se transforme facilement en sucre au contact de certaines substances qui agissent comme ferments.

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