GLANDES LYMPHATIQUES
En quatrième lieu, on peut démontrer qu’un ferment capable de changer la matière glycogène amyloïde en matière saccharine ou glycose existe dans le foie dans les circonstances ordinaires.
Si l’on réunit toutes ces considérations, l’explication suivante du mystère de l'apparition du sucre dans le sang des veines cave et hépatique, alors qu’il n’existe ni sucre ni substance qui puisse facilement en fabriquer dans le sang apporté au foie, devient très-probable ; il est cependant possible que l’on doive sous quelques rapports la modifier quelque peu :
Le foie fabrique la matière glycogène avec le sang qui lui est fourni. Ce même sang fournit le ferment qui, à la température ordinaire du corps, transforme très-rapidement le glycogène, relativement peu soluble, en un sucre très-soluble ; ce sucre est dissous et transporté par chaque veine intralobulaire aux veines hépatiques et de là à la veine cave.
27. Nous avons déjà parlé du système lymphatique comme l’une des sources alimentaires du sang à l’aide d’un liquide qui en général semble n ôtre, pour ainsi dire, qu’un drainage du superflu des vaisseaux sanguins, quoique par intervalles, ainsi que nous le verrons, les vaisseaux lactés ajoutent au sang de nouvelles substances. Il est très-probable que les nombreuses glandes lymphatiques peuvent produire quelques changements dans les liquides qui les traversent et peuvent augmenter la quantité de globules de la lymphe.
Les corps glandulaires qui, ainsi que les glandes lymphatiques, se terminent en culs-de-sac et possèdent de nombreux vaisseaux lymphatiques, sont la glande thyroïde , qui se trouve dans la portion de la gorge qui est au-des* sous du larynx et qui est le siège du goitre ; le thymus ,
situé à la base du cœur, très volumineux chez les enfants et qui disparaît petit à petit chez les adultes et chez les vieillards, enfin les capsules surrénales, qui se trouvent au-dessus des reins. On ne connaît rien de positif sur les fonctions de ces organes.
28. Nous sommes dans une certaine ignorance quant aux fonctions d’un gros viscère appelé la raie, qui se trouve placé dans la cavité abdominale sur le côté gauche de l’estomac (fig. 32). C’est un corps rouge aplati et allongé auquel l’artère splénique, qui vient presque directement de Uaorte, fournit du sang en abondance. Le sang qui a traversé la rate se déverse dans la veine splénique, qui le conduit à la veine porte et de là au foie.
Une section faite à travers la rate nous montre une masse spongieuse rouge, parsemée de petites taches blanchâtres. Chacune de ces taches représente la section de l’un des corps sphéroïdes appelés cellules de la rate, qui sont répandus dans toute sa substance et qui consistent en une agrégation massive de petits corps semblables aux globules incolores du sang et qui est traversée par un réseau de capillaires alimenté par un petit rameau de l'artère splénique. La portion rouge sombre de la rate dans laquelle ces globules sont incrustés est formée d’un tissu fibreux et élastique qui supporte un réseau vasculaire très-spongieux.
L’élasticité du tissu splénique permet à cet organe de se distendre aisément et de revenir ensuite à ses dimensions premières. 11 semblerait qu’il change ses dimensions selon l’état des viscères de l’abdomen, qu’il atteint son plus gros volume environ six heures après un repas complet et tombe à son minimum six ou sept heures plus tard dans le cas où, dans l’intervalle, on ne prendrait point d’aliments.