‹ Leçons de physiologie élémentaireChapitre 73 sur 158 · ALIMENTS · texte numérisé non relu

ALIMENTS

3. Le poids des aliments solides secs qui sortent du tube alimentaire ne dépasse pas en moyenne le dixième de celui des substances qui y sont introduites, c’est-à-dire 52 grammes. Nulle quantité appréciable de matière solide ne quitte le corps par une autre voie. 11 s’en suit donc que outre les 640 grammes d’oxygène, 450 grammes de matière sèche solide doivent abandonner le corps pa r les au très secrétions gazeuses ou liquides. Déplus, comme la composition générale du corps demeure constante, il s’ensuit ou que les éléments constituants des solidesabsorbés doivent être identiques avec ceux du corps lui-même, ou que, dans le cours des actes vitaux, l'aliment seul est détruit, la substance du corps restant sans changement, ou enfin que ces deux alternatives sont vraies l’une et l’autre et que l’aliment est en partie identique avec la perte de substance du corps et la remplace, et en partie'différe de la substance usée et se consomme sans la remplacer.

i. En fait, toutes les substances qui sont entiployées à litre d’aliments se rangent en quatre catégories : elles sont ou protéiques, ou grasses, ou amyloïdes, ou minérales.

Les substances protéiques sont analogues dans leur composition à la protéine et renferment les quatre éléments : carbone , hydrogène, oxygène et azote, quelquefois combinés au soufre et au phosphore.

Dans celte catégorie se trouve le gluten du froment; l 'albumine du blanc d’œuf et du sérum du sang ; la fibrine du sang la masculine (syntonine des Allemands) qui est le principal élément des muscles et de la chair, et la caséine, principal élément du fromage; la gélatine, que l’on obtient par l’ébullition aqueuse du tissu connectif, et la chondrine, produite par l’ébullition aqueuse des cartilages, peuvent être considérées comme étant sur la limite extrême du même groupe.

tf>4 LEÇONS DE PHYSIOLOGIE. — VI.

Les aliments gras soi\J, composés de carbone, d’hydrogène et d’oxygène seulement, et contiennent plus d’hydrogène qu’il n’en faut pour former de l’eau avec l’oxygène qu’elles renferment.

Toutes les huiles, ainsi que les matières grasses végétales et animales, se classent dans cette catégorie.

Les matières amyloïdes ne contiennent, de même que les précédentes, que du carbone, de l’hydrogène et de l’oxygène; mais elles ne contiennent pas plus d’hydrogène qu’il n’en faut pour former de l’eau avec leur oxygène. Ce sont les substances connues sous les noms d 'amidon, dextrine, sucres et gommes.

Le caractère des trois groupes de substances alimentaires que nous venons de mentionner, est, qu’elles ne peuvent être produites (au moins jusqu’à ce jour) que par l’activité d’êtres vivants, animaux ou plantes; de sorle qu’on peut les désigner convenablement sous les noms de substances alimentaires vivantes.

D’un autre côté, les substances alimentaires de la quatrième catégorie, les minéraux , peuvent être empruntées au inonde inanimé aussi bien qu'au monde organique : ce sont l’eau et les sels de divers alcalins terreux et métalliques. À celle liste il faut rigoureusement ajouter Y oxygène; quoique n’étant pas absorbé par le canal alimentaire, il rentre à peine dans l’acception ordinaire du mot aliment.

5. lin dernière analyse, on voit que les aliments organiques, c'est-à-dire provenant d’êtres organisés, contiennent ou trois, ou quatre desèléments : carbone, hydrogène, oxygène, azote, et que les aliments minéraux sont l’eau et les sels. Mais le corps humain, en dernière analyse, se trouve être pareillement composé des mêmes quatre éléments, plus l’eau et les mêmes substances salines que l’on trouve dans les aliments.

ALIMENTS PROTEIQUES,

De plus, aucune substance ne peut servir d’aliment permanent, — c’est-à-dire ne peut prévenir la perte de poids et l’altération de la composition générale du corps s'il ne contient une certaine quantité de protéine sous la forme d’albumine, de fibrine, de musculinc et de caséine. D’un autre côté, toute substance qui contient de la protéine , sous une forme aisémentassimilable, est apte à agir comme substance alimentaire vitale.

Ainsi que nous l’avons vu, le corps humain contient une grande quantité de protéine sous l’une ou l'autre des quatre formes que nous avons énumérées ; on voit donc pourquoi c’est une condition indispensable que toute substance qui doit servir d’aliment permanent doive aussi contenir toute prête une quantité suffisante des composés les plus importants et les plus complexes du corps. Elle doit aussi contenir une quantité suffisante des ingrédients minéraux qui sont nécessaires. Mais qu’elle renferme ou non des matières grasses ou amyloïdes, ses propriétés essentielles de conserver la vie et de maintenir à peu près constants le poids et la composition du corps demeurent les mêmes.

6. La nécessité de renouveler incessamment la provision de protéine provient de ce que la sécrétion d'urée (et par conséquent la perte d’azote) s’opère continuellement, que le corps soit ou non nourri, tandis qu’il n’y a qu’une seule forme sous laquelle l'azote puisse pénétrer dans le sang en quantité appréciable, à savoir la forme d’une solution de protéine. Si donc la protéine n’est pas fournie à l’organisme, une perte de substance considérable se fera sentir; car il n’y a rien dans les autres éléments de la nourriture capable de compenser la déperdition de l’azote

Mais, d’un autre côté, si l’on donne de la protéine, il ne peut y avoir aucune nécessité absolue d’aucun autre ali. ment, sauf les aliments minéraux, parce que la protéine

contient en abondance le carbone et l’hydrogène, et par-là se trouve en état de donner naissance aux aulrés grands produits de décomposition, l’acide carbonique et l’eau.

En effet, les résultats finaux de l’oxydation de la protéine sont l’acide carbonique, l’eau et l'ammoniaque ; et les produits sont, ainsi que nous l’avons vu, la forme ultime des produits de décomposition de l’économie humaine.

7. D’après ce qui vient d’être dit, on comprend facilement que, herbivore ou carnivore, un animal commence à souffrir de la privation d’aliments dès que ses aliments organiques ne consistent qu’en substances amyloïdes pures, en graisses ou en mélange d’amvloïdes et de graisses. Il souffre de ce que l’on a appelé Xinanitiation azotée, et mourra rapidement.

Dans ce cas, et plus encore dans celui où un animal est entièrement privé d’aliments organiques, l’organisme, aussi longtemps qu’il vit, vit aux dépens de sa propre substance. Celles de ses excrétions qui contiennent.de l'azote seront fournies par le corps lui-même dans le cas où l’animal sera privé d’aliments azotés, et tous les produits de l’usure organique en proviendront pareillement; on a justement fait observer qu’un mouton qui ne mange pas est tout aussi carnivore qu’un lion.

8. Mais quoique la protéine soit l’élément essentiel de l’aliment et puisse suffire par là même dans certaines circonstances pour maintenir la vie, c’est un aliment très-désavantageux et peu économique.

L’albumine, qui peut être considérée comme le type des aliments protéiques, contient environ 53 parties de carbone et 15 d’azote sur 100. Si l’on devait nourrir un homme avec le blanc des œufs, il absorberait environ 5 parties | d carbone pour chaque partie d’azote. •

Mais il est expérimentalement prouvé qu’un homme com-

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