‹ Leçons de physiologie élémentaireChapitre 74 sur 158 · CONSOMMATION ALIMENTAIRE · texte numérisé non relu

CONSOMMATION ALIMENTAIRE

plèteinent développé et bien portant, maintenant son poids et sa chaleur, et prenant une quantité convenable d’exercice, élimine 256 grammes de carbone pour 1 9 grammes d’azote, ou, en chiffres ronds, ne demande en azote que la treizième partie du carbone. Si donc il doit prendre ses 256 grammes de carbone à l’albumine, il devra manger 485 grammes de celte substance; mais 485 grammes d’albumine contiennent 75 grammes d’azote, ou environ quatre fois plus qu’il n’en est besoin.

Pour mettre ces faits sous une autre tonne, nous dirons que, pour obtenir 256 grammes de carbone, il faut près de 2 kilogrammes de viande sans graisse (qui contient généralement le quart de son poids en protéine sèche), tandis que 500 grammes peuvent fournir 19 grammes d’azote.

Ainsi un homme livré à un régime purement protéique devrait manger une quantité prodigieuse de viande. Ceci implique une somme considérable de travail physiologique pour la transformation des aliments, et une dépenseexcessive de force et de temps pour dissoudre et absorber les résultats de la digestion; mais, en outre, cette nourriture énorme aurait pour conséquence d'imposer un surcroît de travail tout à fait inutile aux organes excréteurs, qui doivent débarrasser le corps des matières azotées dont les trois quarts, nous l’avons vu, sont superflues.

Le travail improductif doit être évité avec autant de soin dans l’économie physiologique que dans l’économie politique; il est, en effet, possible qu’un animal nourri avec des substances protéiques parfaitement nutritives meure de faim, soit que la perte de force dans les diverses opérations nécessaires pour l’assimilation surpasse le gain alimentaire, soit que le temps nécessaire pour leur accomplissement soit trop considérable pour lutter contre la déperdition avec une rapidité suffisante. Dans ces cir-

constances, le corps se trouve dans la situation d’un marchand qui a des créances considérables, mais qui ne peut pas les réaliser en temps utile pour payer ses dettes.

9. Ces remarques nous mènent à justifier physiologiquement l’adoption universelle, par le genre humain, d’un régime mixte dans lequel les aliments protéiques sont mêlés à des matières grasses ou amyloïdes, ou aux unes et aux autres.

On admet que les graisses contiennent environ 80 pour 100 de carbone, et les amyloïdes 40 pour 100. Nous avons dit que dans 1 livre de viande dégraissée il y a assez d’azote pour remplacer la perte quotidienne de cette substance chez un homme bien portant. Cette livre de viande contient 64 grammes de carbone ; ce qui fait un déficit de 192 grammes. Un peu plus d’une demi-livre de graisse ou une livre de sucre fourniront cette quantité de charbon. La graisse, convenablement divisée, et le sucre, en raison de sa solubilité, passeront très-aisément dans l’économie dont le travail digestif sera, en conséquence, réduit au minimum.

10. Plusieurs articles alimentaires, simples en apparence, constituent en soi un régime mixte. Ainsi, la viande de boucherie contient ordinairement de 50 à 50 pour 100 de graissé. Le pain contient le gluten, qui est protéique; et les substances amyloïdes l’amidon et le sucre, avec de petites quantités de graisse. Mais, d’après la proportion selon laquelle les substances protéiques et outres existent dans les aliments, ils ne sont pas, pris isolément, des aliments aussi physiologiquement économiques qu’ils le sont quand ils se combinent dans la proportion de200 à 75; ou deux livres de pain mêlées aux trois quarts d’une livre de viande chaque jour.

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