‹ Leçons de physiologie élémentaireChapitre 75 sur 158 · ALIMENTS NUTRITIFS · texte numérisé non relu

ALIMENTS NUTRITIFS

aliments secs solides qui pénètrent dans le corps le quittent tôt au tard sous la forme d’acide carbonique, d’eau et d’urée (ou d’acide urique); et il est aussi certain que les composés qui quittent le corps sont plus oxydés que ceux qui y entrent; or, comme nulle part l’oxygène n’est éliminé à l’état libre, tout l’oxygène absorbé par les poumons est employé dans ces combinaisons.

Les degrés intermédiaires de cette transformation ne sont point parfaitement connus. Il est très-probable que les amyloïdes et les graisses sont très-fréquemment oxydées dans le sang, sans jamais former partie intégrante de la substance du corps; mais que les aliments protéiques puissent subir les mêmes transformations dans le sang, ou qu’il soit d’abord nécessaire qu’ils soient incorcorporés aux tissus vivants, cela n’est pas encore positivement connu.

Quoiqu’il en soit.il est certain qu'en s’oxydant, les éléments des aliments doivent donner de la chaleur, et il est probable que cette chaleur suffit pour rendre compte de toute celle qui est manifestée par le corps. Mais il est possible et même probable qu’il y a d’autres sources de chaleur, moins importantes.

12. Les substances alimentaires ont été divisées en calorifiques et nutritives. Dans les premières on classait les matières amyloïdes; dans les secondes, les matières protéiques. Mais c’est là une classification erronée, d’autant plus qu’elle implique d’une part que l’oxydation des substances protéiques ne développe pas de chaleur, d’autre part, que les amyloïdes et les graisses, quand ils s’oxydent, ne servent qu’à produire de la chaleur.

Les substances protéiques sont nutritives, c’est-à-dire façonnent des tissus, en ce sens qu’aucun tissu ne peut Atre fait sans elles ; mais elles produisent aussi de la chaleur.

non-seulement par voie directe, mais aussi parce qu 'elles sont aptes à produire des amyloïdes par les transformations qu’elles subissent dans l’organisme. (Leçon V, g 25, 26.) -

Si l’on juge nécessaire de créer une classification spéciale des aliments vitaux, on peut les diviser en aliments essentiels ou protéiques, et en aliments accessoires ou matières grasses et amyloïdes; — les premiers seuls sont, par nature, nécessaires à la vie; — les seconds, quelque importants qu’ils soient, ne sont pas absolument nécessaires.

15. Toutes les substances alimentaires se composant de la sorte, de protéine, graisses, amyloïdes ou minéraux, purs ou mêlés à d’autres substances, le grand objet de l’appareil alimentaire consistera à séparer, s’il y a lieu, les substances nutritives d’un résidu non nutritif, de les mettre ensuite à l’état de solution ou de division excessive, de sorte qu’elles puissent s’ouvrir un chemin à travers les membranes, d’une structure très-délicate, qui constituent les parois dès vaisseaux du tube alimentaire. A cet effet, l’alime*nt est pris dans la bouche, mastiqué, insalivé, avalé; il subit la digestion gastrique, passe dans l’intestin et est soumis à l’action des sécrétions des glandes attachées à ces organes. Finalement, après une extraction plus ou moins complète des constituants nutritifs, le résidu, mêlé à certaines sécrétions des intestins, quitte le corps à l’état de fèces.

La cavité de la bouche offre un plafond fixe formé par le palais (fig. 54, l), et un plancher mobile formé par la mâchoire inférieure et la langue (À), qui remplit l’espace compris entre les deux branches de la mâchoire. Les bords arrondis des deux mâchoires offrent 52 dents, 16 en haut, 16 en bas; et, extérieurement aux dents, la clôture de la

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