ACTION DE IA SAUVE
Les glandes parolides sont situées exactement en face de l’oreille, et leurs conduits se dirigent en avant, le long des joues, jusqu’au moment où ils s’ouvrent à l'intérieur de la bouche, au niveau de la seconde molaire supérieure.
Les glandes sous-maxillaires et sous-linguales sont situées entre la mâchoire inférieure et le plancher de la bouche, la sous-maxillaire en arrière, la sous-linguale en avant. Leur conduit vient s’ouvrir dans la bouche, sous la langue.
Fig. 35-
Dissection du côté droit de la face montrant a, la glande sublinguale; b, la sous-maxillaire avec leurs conduits qui s’ouvrent A côté de la langue au plancher de la bouche en </; r, la glande parotide et son conduit qu s'ouvre sur le côté interne <lc la joue en e.
La sécrétion de ces glandes salivaires, mêlée à celle d’autres glandes plus petites de la bouche, constitue la salive, liquide transparent et aqueux, qui contient une petite quantité de matière animale appelée ptyaline, qui offre certaines propriétés spéciales. Elle n’agit pas sur les ali ■ ments protéiques, ni sur les corps gras; mais si on la mélange avec de l’amidon et qu’on maintienne ce mélange à une température modérée, elle transforme cet amidon en
sucre de raisin. On comprend l’importance de celte opération si l’on sait que l’amidon est insoluble et ne peut servir de nutriment (V, 26), tandis que le sucre est trèssoluble et facilement oxydable.
15. Chacune des 32 dents que nous avons mentionnées consiste en une couronne qui s’élève au-dessus de la gencive et une ou plusieurs racines qui sont implantées dans les alvéoles des mâchoires.
Les 8 dents de chaque demi-mâchoire sont façonnées exactement sur le môme modèle que leurs correspondantes de la môme mâchoire ; mais les dents d’en haut et celles d’en bas, qui s’opposent les unes aux autres et peuvent mordre, diffèrent en quelques détails, quoiqu’elles soient du même genre.
Les 4 dents du milieu en avant ont des bords larges, aigus et taillés en ciseaux ; on les appelle tranchantes ou incisives. Vient ensuite une dent munie d’une couronne conique et pointue. Elle correspond à la grosse dent lacérante du chien et on l’appelle œillère ou canine. Les 2 dents qui viennent ensuite ont des couronnes plus larges, avec deux cuspides ou tubercules sur la face horizontale de chaque couronne, l’une interne, l’autre externe; de là le nom dehicuspides ou fausses molaires. Ces dents ont d’ordinaire ufie racine chacune, excepté les hicuspides dont la racine peut être divisée en deux plus ou moins complètement. Les autres dents ont des couronnes beaucoup plus larges et deux ou trois racines; on les appelle molaires, de. ce qu’elles écrasent et broient les substances à la façon des meules. A la mâchoire supérieure, leurs couronnes offrent quatre saillies ou cuspides aux quatre coins; un sillon longitudinal réunit deux d’entre elles. A la mâchoire inférieure, le modèle complet a cinq cuspides, deux au côté interne, trois au côté externe.
DEGLUTITION.
Les muscles des organes que nous venons de décrire sont disposés de telle sorte que la mâchoire inférieure peut être ou abaissée de façon que la bouche est ouverte et que les dents sont séparées, ou relevée de façon à mettre les dents en contact, ou déplacées latéralement de façon à faire glisser l’une sur l’autre la face des molaires et les bords tranchants des incisives. Les muscles qui accomplissent les mouvements d'élévation et de glissement sont très-forts et appliquent une force correspondante aux mouvements de déchirure et d'écrasement des dents. Aussi, la substance superficielle de la couronne de la dent est d'une grande dureté, composée à' email, qui est la matière la plus dense et la plus dure des corps organiques, au point qu’on peut produire des étincelles en le frappant avec 1 acier (Leçon XII). Mais quelle que soit son extrême dureté, l’émail s’use chez les personnes âgées, et de bonne heure chez les sauvages qui se nourrissent d’aliments grossiers.
16. Quand un aliment solide est placé dans la bouche, il est déchiré et broyé par les dents ; les fragments qui s’échappent par les côtés externes sont repoussés sous les dents par les contractions musculaires des joues et des lè vres; ceux qui tombent dans la bouche sont renvoyés par la langue jusqu’à ce que le tout soit entièrement broyé, fendant que la mastication s’effectue, les glandes salivaires versent leur sécrétion en grande abondance, et la salive se mêle aux aliments qui s’imprégnent, non-seulement de cette salive, mais encore de l'air qui remplit les bulles de ce liquide.
Quand l’aliment est suffisamment moulu, il est réuni en petites masses ou bols enveloppés de salive, qui se placent sur la base de la langue et sont transportés en arrière à l’orifice qui conduit au pharynx. Sous cette pression, le palais membraneux se soulève, ses piliers se rejoignent,
tandis que le mouvement en arrière de la langue chasse tout à coup le bol et fait que lepiglotte s’abaisse en bas et en arrière sur la glotte, de façon à former une sorte de pont sur lequel le bol peut passer au-dessus de l’orifice du conduit de l’air, sans aucun risque d’y pénétrer. Tandis que l’épiglotte dirige en bas le bol alimentaire et l’empêche de pénétrer dans la trachée, le, palais membraneux le dirige au-dessus, prévient son entrée dans les cavités nasales et le conduit en bas et en arrière vers la partie inférieure du conduit musculeux du pharynx. Là, le bol est saisi, est étroitement maintenu; et les fibres musculaires se contractant au-dessus, tandis qu’elles se trouvent relativement relâchées en dessous, il est rapidement lancé dans l’œsophage. Les parois musculaires de ce dernier tube le saisissent et le poussent de la même façon en dedans jusqu’à ce qu’il arrive à l’estomac.
17. Les liquides sont absorbés tout à fait de la même façon. Ce n’est pas par leur poids qu’ils tombent le long du pharynx et de la gorge; chaque gorgée est saisie et transportée par une action des muscles. C’est pour cela que des saltimbanques peuvent boire la tête en bas, et qu’un cheval ou un bœuf boivent avec la gorge plus basse que l’estomac : ce qui serait impossible si un liquide obéissait simplement à l’action de la pesanteur en passant de la gorge dans l’estomac.
Ces procédés de mastication, d’insalivation et de déglutition des aliments ont pour premier effet de les convertir en une pulpe plus dense et mieux liée; ensuite, toute substance introduite en solution est encore plus diluée par l’edu de la salive; enfin, l’amidon que les aliments peuvent renfermer commence à se transformer en sucre par le principe actif de la salive, — la ptyaline.