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VOIX ET PAROLE

26. La parole est la voix modulée par le gosier, la langue et les lèvres. Ainsi la voix peut exister sans la parole et l’on dit souvent que la parole peut exister sans la voix comme dans le chuchotement. Ceci n’est vrai cependant que si le sens du mot voix est limité aux sons produits par la vibration des cordes vocales ; car dans le chuchotement il y a une sorte de voix produite par les vibrations des parois musculaires des lèvres, qui de la sorte remplacent les cordes vocales; le chuchotement n’est en effet qu’un sifflement très- bas.

La modulation de la voix en parole s’effectue par les changements de forme de la cavité de la bouche et du nez, par l’action des muscles qui meuvent les parois de ces parties. Ainsi, si la série des voyelles

étant prononcée successivement, on s’aperçoit qu’elle peut être produite en une seule expiration tandis que la bouche reste ouverte. Mais la forme de son ouverture changeant pour chaque voyelle, elle sera plus étroite dans l’U, plus large dans l’A et plus arrondie avec les lèvres en avant dans l’O.

Certaines consonnes peuvent être aussi prononcées sans interrompre le courant d’air expiré par une modification de la forme de la gorge et de la bouche.

Ainsi, l’H aspiré est produit par une expiration forcée, sorte de commencement de toux. S et Z, le J et le G doux L, R, F, V peuvent pareillement être façonnés par des courants d’air continus à travers la bouche dont la cavité est modifiée dans sa forme par la langue et les lèvres.

27. Tous les sons vocaux notés jusqu’ici se ressemblent, en ce sens que leur production ne nécessite pas l’arrêt du

courant d’air qui traverse l’un ou l’autre des passages modulateurs.

Mais les sons de M et N ne peuvent être formés qu’en interrompant le courant d’air qui passe à travers la bouche, tandis qu’un libre passage lui est laissé par le nez. Pour M, la bouche est formée par les lèvres ; pour N, par l’application de la langue au palais.

28. Les autres sons des consonnes de nos langues sont produits en fermant à la fois les orifices du nez et celui de la bouche, et pour ainsi dire, en chassant le courant expiratoire à travers les obstacles que leur forme la bouche ; le caractère particulier de chaque consonne leur donne leur particularité. Ainsi, en produisant les consonnes B et P les lèvres se ferment et sont ensuite poussées de façon à s’ouvrir brusquement ; aussi appelle-t-on ces consonnes explosives. Pour T et D, consonnes dentales, le passage de la bouche est soudainement bouché par l’application de la pointe de la langue aux dents ou à la région antérieure du palais ; pour K et G dur le milieu et la base de la langue sont poussés contre le fond du palais.

29. Un larynx artificiel peut être construit en ajustant convenablement des bandes élasliques qui tiennent lieu de cordes vocales, et quand un courant d’air est poussé è travers ces bandes, leur tension réglée, peut donner lieu à toutes les notes de la voix humaine. Comme chaque voyelle et chaque consonne est produite par un changement dans la forme des cavilés qui sont au dessus du larynx naturel, on peut obtenir les sons des différentes lettres en plaçant au-dessus du larynx artificiel des cavités auxquelles on peut donner les formes voulues. C’est sur ces faits et ces principes que l’on a construit plusieurs machines parlantes.

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