Quoique l'on accuse la langue de bien des méfaits
ItOLE DE LA LANGUE.
et qu’on lui en fasse porter la responsabilité, elle n’est pas absolument indispensable à la parole, bien quelle joue dans sa production un rôle important. Aussi les histoires prétendues fabuleuses de gens qui ont pu parler après l’ablation de leur langue par des tyrans ou des persécuteurs peuvent être parfaitement vraies.
J’ai eu, il y a quelques années, l’occasion d’examiner une personne dont la langue avait été enlevée aussi complètement qu’un chirurgien habile pouvait le faire. Quand la bouche était largement ouverte, on voyait la face coupée de la base de la langue recouverte d’une nouvelle membrane muqueuse et au niveau des piliers antérieurs du voile du palais. On voyait difficilement le dos de la langue ; mais je crois que je pouvais distinguer quelquesunes des papilles en forme de calice; aucune papille n’était visible sur la portion amputée de la langue qui avait été conservée dans l’alcool et qui, à mon appréciation, avait environ 6 centimètres.
Quand sa bouche était ouverte, M. X... ne pouvait pas avance? sa langue au delà de la position dans laquelle je la vis; mais il m'apprit que, la bouche fermée, la base de la langue pouvait venir de beaucoup en avant.
La conversation deM, X... était parfaitement intelligible; et les mots think, the, cote Kilt étaient très-bien et clairement articulés. Mais le mot (anglais) tin devenait fin ; tack, fack ou pack ; toll, pool; dog, lliog; dine, vine ; dew, the w; cat, calf ; mad, madf ; goose, gooth ; big, pig; bich,pitch; avec ch guttural.
En résumé, il n’y avait d’endommagè que la prononciation des lettres dont la formation demande l’usage delà langue; et parmi celles-ci les deux seules qui comprenaient l’emploi de sa pointe étaient tout à fait au-dessus des moyens de M. X... Il transformait tous les Ut et cls en
f$,ps, vs, ou ths ; le th (anglais) était toujours net; s en s/i, le n ravec plus ou moins de bégayement. Les g et les k au commencement des mots étaient bons ; mais le g final était guttural. Dans le premier cas, l’arrêt imparfait du courant d’air par la base de la langue était sans importance parce que le son se fondait dans celui de la voyelle suivante; tandis que, quand la lettre était la dernière, ce défaut devenait tout à coup sensible.