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SENSATIONS ET ORGANES DES SENS

i. L'agent à l’aide duquel tous les organes moteurs (à l’exception des cils vibratiles, leçon VII, g 3), décrits dans la leçon précédente, sont mis en mouvement, est la fibre musculaire. Mais dans le corps vivant, la fibre musculaire se contracte seulement en vertu d’un changement qui s’opère dans les nerfs moteurs ou efférents qui s’y distribuent. Ce changement n’est accompli que par l’activité de l’organe nerveux central avec lequel le nerf moteur est en rapport. Cet organe central est mis en activité immédiatement ou finalement par l’influence d’un changement qui s’opère dans les conditions moléculaires des nerfs appelés sensitifs ou afférents qui sont en rapport d’un côté avec l’organe central, d’un autre côté avec quelque autre portion du corps. Enfin la modification moléculaire du nerf afférent n’est elle-même produite que par des changements dans la condition de la partie du corps avec laquelle elle est en rapport, modification qui est ordinairement liée à des impressions extérieures.

tlO LEÇONS DE PHYSIO! OGIE. — VIII.

2 . Ainsi la grande majorité des mouvements du corps et de ses parties — sinon tous — résulte d’une influence ( stimulus ou irritation) qui agit directement ou indirectement sur les extrémités des nerfs sensitifs ou afférents et donne lieu à un changement moléculaire qui se propage le long de leur substance à l’organe nerveux central avec lequel ils sont en rapport. L’activité moléculaire du nerf afférent se propage à l'organe central et est renvoyée de là le long des nerfs moteurs ou efférents qui vont de l’organe central aux muscles qui fonctionnent.

Quand un changement s’opère dans les conditions moléculaires des nerfs efférents et atteint leurs terminaisons, il se transmet aux fibres musculaires et fait prendre une nouvelle attitude à leurs particules, de façon que chaque fibre se raccourcit et s’épaissit.

3. Une série de modifications moléculaires pareilles à celles que nous venons de décrire, centripèdes et centrifuges, s’appelle une action réflexe ; le trouble causé par l’irritation de la surface se trouve pour ainsi dire réfléchi le long des nerfs moteurs jusqu’aux muscles.

* Une action réflexe — rigoureusement réflexe — s’opère sans que nous en ayons conscience et des centaines d’actions de cet ordre se passent continuellement dans notre économie, à notre insu. Mais il arrive fréquemment que nous savons que, quelque chose se passe, quand un stimulus affecte nos nerfs afférents, grâce aux sensations que nous ressentons. Nous pouvons classer ces sensations avec les émotions, les voûtions et les pensées dans la catégorie des états de conscience. Ce qu’est la conscience d’un acte qui s’opère en nous, nous l'ignorons; comment il se fait qu’un phénomène aussi remarquable que l’apparition de la conscience des actes, se montre comme résultat de l’irritation du tissu nerveux, —nous ne pouvons pas nous

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