SENS MUSCULAIRE
en rendre compte plus que de l’apparition des Djins, quand Aladin souffle sa lampe ; — d’ailleurs tous les laits ultimes de la naturo se trouvent dans le même cas.
4. Les sensations offrent plusieurs degrés déterminés. Les unes se passent en nous-mêmes, nous ne savons où ni comment, et restent vagues et indéfinies. Telles sont les sensations de malaise, d’évanouissement, de fatigue et d’agitation. Nous ne pouvons assigner à ces sensations aucun siège déterminé ; elles résultent probablement d’un état particulier du sang qui agit sur les nerfs qui se rendent aux centres nerveux, ou sur les tissus auxquels se rendent ces mêmes nerfs. Quelque réelles que puissent être ces sensations et quelque largement qu’elles figurent dans la somme de nos plaisirs et de nos douleurs, elles ne nous apprennent rien du monde extérieur. Elles ne sont pas seulement diffuses, elles sont encore subjectives, c’est-à-dire sans liaison directe avec l’extérieur.
5. Ce qu’on appelle le sens musculaire est moins vaguement localisé, bien que le siège de cette sensation ne soit pas très-exactement défini. Cette sensation musculaire est le sentiment de résistance qui se manifeste quand un genre quelconque d’obstacles s’oppose au mouvement du corps ou d’une portion quelconque du corps; c’est un quelque chose tout à fait différent du sentiment de contact ou même de pression.
Posez une main à plat sur son revers, étendue sur une table et posez un disque de carton de 5 centimètres de diamètre sur l’extrémité des doigts ; la seule sensation qui en résultera sera celle du contact, car la pression d’un corps si léger sera inappréciable. Mais mettez un poids de 2 livres sur le disque et la sensation de contact sera accompagnée de cellede pression, si même elle n’en est effacée. Jusqu’à ce moment, les doigts et la mainsont restés
sur la table ; si maintenant vous soulevez la main, une autre et nouvelle sensation apparaîtra : celle de résistance à l'effort. Cette sensation se montrera en même temps que l’effort des muscles pour soutenir le bras, et c’est la conscience de cet effort qui nous est donné par le sens musculaire.
Quiconque lève ou porte un poids sait très-bien qu’il a cette sensation ; mais il peut se trouver très- embarrassé de dire où il la ressent. Néanmoins le sens musculaire est en soi fort délicat et nous permet de former des jugements assez exacts de l’intensité des résistances. Les personnes qui sont dans le commerce des marchandises qui se vendent au poids, sont toujours en état de donner une appréciation très-exacte des poids de ces marchandises, en les pesant dans la main, et cela dépend dans une grande mesure du sens musculaire.
6. Dans un troisième groupe de sensations, chaque sensation, à mesure qu’elle se produit, est rapportée à une partie définie du corps, et est causée par un stimulant appliqué à cette partie; mais les corps ou les forces qui peuvent agir comme stimulants offrent des caractères très-divers. Telles sont les sensations du toucher, du goût et de l’odorat qui sont limitées aux membranes qui recouvrent la surface du corps et tapissent les cavités de la bouche et du nez.
Enfin, il existe un quatrième groupe de sensations, chacune desquelles demande pour se produire l’application d’un seul et même genre de stimulant à une partie trèsmodifiée du tégument interne. Ces parties modifiées servent d intermédiaire entre l’agent physique de la sensation et le nerf sensoriel qui doit transmettre au cerveau l’impulsion nécessaire pour éveiller cet état de conscience que nous appelons la sensation. Telles sont les sensations