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SENS DE LA TEMPERATURE

sens du toucher sont probablement dus à la diversité de ces structures anatomiques. Non-seulement la sensibilité tactile à une impression simple est beaucoup plus obscure dans quelques parties que dans d’autres — fuit, dont on peut se rendre aisément compte par la différence d’épaisseur de la couche celluleuse sur divers points — mais l’aptitude à distinguer deux impressions simultanées est très-variable. Ainsi, les deux extrémités d’un compas (recouverts d’une petite boule de liège) placées à 2 millimètres de distance l’une de l’autre, sont distinctement perçues toutes les deux, si on les applique sur le bout des doigts; mais sur le dos de la main une seule impression est perçue, et sur le bras les deux points peuvent être séparés de 6 millimètres et ne donner qu’une seule impression.

Des expériences exactes ont été faites, d’où il résulte que deux points peuvent être perçus distincts sur la langue, alors même qu’ils ne seraient séparés que par une distance de \ millimètre et sur le bout des doigts par une distance de 2 millimètres ; mais sur la joue 25 millimètres ne donnent qu’une sensation unique, et sur le dos, il faut plus de 75 millimètres pour donner la sensation double.

H. La sensation de chaleur ou de lroid est le résultat d’une excitation des nerfs sensitifs distribués à la peau, probablement distincts de ceux qui donnent lieu au sens du toucher. 11 semblerait que la chaleur doive être transmise à travers les couches celluleuses pour donner naissance à cette sensation ; car de même que le contact d’un nerf misa nu ou. d’un tronc nerveux ne produit que de la douleur, de même la chaleur ou le froid appliqués sur ces organes dans cette condition ne donnent pas lieu à la sensation de froid ou de chaud, mais seulement à une vive souffrance.

En outre, la sensation de chaud ou de froid est plutôt relative qu’absolue. Supposons que trois vases soient préparés : l’un plein d’eau à la température de la glace, le second avec de l’eau aussi chaude que possible, le troisième, avec un mélange des deux ; si l'on place la main dans le dernier, après l’avoir mise dans le premier, le mélange paraîtra froid. Mais si l'on a d’abord plongé la main dans l’eau glacée et ensuite dans ce même mélange, il paraîtra chaud.

De même que le sens du toucher, la délicatesse du sens de la température varie dans les différentes régions du corps.

Les joues sont très-sensibles à la chaleur ; elles le sont plus que les lèvres ; la paume des mains est plus sensible que leur dos. C’est pourquoi la repasseuse présente son fer à la joue pour apprécier la température, et celui qui a froid présente devant le feu la paume de ses mains.

12. L’organe du sens du goût est la membrane muqueuse qui recouvre la langue, spécialement la région postérieure, et la région postérieure du palais.

Comme à la peau, la couche profonde ou vasculaire de la muqueuse delà langue forme des papilles élevées; mais celles-ci sont grosses, saillantes et ont des revêtements dislincts d’épithélium. Vers la pointe de. la langue, les papilles sont pour la plupart allongées et pointues, et s’appellent filiformes; sur le reste de la surface de la langue, elles sont mêlées à d’autres papilles plus épaisses avec de grosses extrémités et des bords étroits; on les appelle fungiformes ; vers la base on trouve un grand nombre de grosses papilles distribuées- en forme de V dont la pointe serait en arrière ; chacune de ces papilles dites caliciformes ressemble à une papille fungiforme, entourée d’une paroi

plus élevée ( circumvallatœ papillœ, fig. 55, C p.). Les plus grosses de ces papilles en renferment de plus petites dans leur enceinte. Elles sont très-vasculaires et reçoivent des

Fig. Si.

Douche largement ouverte pour montrer la langue et le palais. Ur, la luelt (uvula); Tr, les amygdales (tonsilles) situées entre les piliers antérieurs et postérieurs du voile du palais; Cp, papilles caliciformes ; F p, papilles simples ou fungiformes. De petites papilles remplissent l'intervalle lai.-s entre ces deux formes de papilles. Le côté droit de la langue est légèrement disséqué pour laisser voir les lilamer.ls du nerf glosso-pliary.ogien.

filets nerveux de deux sources, du nerf glosso-pharyngien et du nerf trijumeau ou trifacial (cinquième paire des nerfs crâniens; voy. leç. XI, g 18). Ce dernier fournil principalement la région antérieure de la langue, le pre-

2is LEÇONS DE PHYSIOLOGIE. — VIII.

raier la région postérieure et les parties adjacentes du palais ; il y a des raisons pour croire que c’est le glosso pharyngien qui est plus spécialement le nerf du goût.

Toutefois la grande majorité des sensations, auxquelles nous donnons le nom de goût, sont en réalité des sensations complexes dans lesquelles l’odorat et même le toucher jouent un rôle considérable.

15. L’organe du sens de I’odorat est la membrane muqueuse délicate qui tapisse une partie des cavités nasales, laquelle se distingue des autres régions de la membrane muqueuse de ces cavités : 1° en ce qu’elle ne possède pas de cils vibratiles; 2° en ce qu’elle reçoit ses filets nerveux du nerf olfactif ou première paire de nerfs crâniens (XI, g 18), et non de la cinquième paire, comme le reste de la membrane muqueuse.

Chaque narine s'ouvre dans une cavité nasale spacieuse, séparée, sur la ligne moyenne de l’autre narine, par une cloison constituée en partie par des cartilages et en partie par un os. La base de chaque cavité nasale est séparée de la cavité de la bouche par un plancher, qui forme la portion osseuse du palais (fig. 54, 55) ; à l’extrémité de celte portion osseuse, la cloison se prolonge jusqu’à la base de la langue par un voile membraneux, portion molle du palais, qui a déjà été décrite.

La réunion du palais membraneux et de la base de la langue forme d’ordinaire une cloison mobile entre la bouche et le pharynx, et l’on remarquera que l’ouverture du larynx ou glotte se trouve derrière cette cloison ; de sorte qu’aussi longtemps que celte cloison est complète, l’air ne peut passer entre la bouche et le pharynx. Mais au-dessus et en arrière de celte cloison se trouvent les orifices postérieurs des cavités nasales (ou narines posté-

L’ODOKAT.

rieures), séparées par l’extrémité de la cloison ; l’air arrive très-facilement, par ces larges orifices, des narines à la glotte à travers la portion inférieure (cornets inférieurs) des cavités nasales, ou passe en sens contraire. C’est par ces orifices librement ouverts que nous respirons habituellement la bouche fermée.

Chaque cavité nasale s’élève comme une voûte de beaucoup au-dessus du niveau des arcades des orifices pos-

Fig. ÎU.

Section verticale longitudinale de la cavité nasale La ligure de gauche représente la paroi externe de la cavité nasale droite ; la ligure de droite représente le côté gauche de la cloison médiane du nez qui forme la paroi droite de la cavité nasale gauche ; 1, nerf olfactif et ses branches; V, branches de la cinquième paire ; P a, palais qui sépare la cavité nasale de la bouche; ST, os du cornet supérieur; MT, cornet moyen; IT, cornet inférieur. I.a lettre I est placée dans la cavité cérébrale, et la cloison sur laquelle repose le lobe olfactif et à (l'avers laquelle passent les filets du nerf olfactif s’appelle la lame criblée»

tèrieui's, c’est-à-dire à peu près à la hauteur de la dépression de la racine du nez. La partie supérieure et antérieure de cette voûte , son faite et sa région antérieure, entre les yeux, sont formées par une lame osseuse très-fine, perforée comme un crible d’une quantité de petits trous, d'où clic prend le nom de lame criblée (lig, 55, O). C’est uniquement cette lame qui (avec la membrane muqueuse qui recouvre ses deux faces) sépare la cavité nasale de celle qui renferme le cerveau. Les lobes olfactifs

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qui sont directement en rapport avec le cerveau et en constituent même une portion, s’élargissent à leurs extrémités, et les deux plus grosses de ces extrémités reposent sur la face supérieure de la lame criblée. Ces lobes envoient une grande quantité de filets nerveux à travers cette lame à la membrane muqueuse olfactive (iig. 54).

Kig. 53.

Section verticale à II a vois les parois osseuses de la cavité nasale prise à peu prés à la lettre I de la figure 54. — Cr, lame criblée ; ST, BT, cornets supérieurs et moyens sur lesquels ainsi que sur la cloison S p (septum, cloison) s'étalent les filets du nerf olfactif; 1T, cornets inférieurs; PI, le palais; A», antre d’Hygmore ou sinus maxillaire qui occupe la plus grande partie de l’os maxillaire et s'ouvre dans Ia cavité nasale.

Sur les parois de la cloison nasale, cette membrane muqueuse forme une expansion plate; mais sur les parois externes la muqueuse suit les élévations et les dépressions des surfaces supérieures de ce qu’on appelle les cornets moyens et supérieurs ou os spongieux. Ces os s’appellent spongieux, parce que l’intérieur de chacun d’eux renferme des cavités pleines d'air qui ne sont séparées que par des cloisons très-minces, lesquelles communi-

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