‹ Leçons de physiologie expérimentale appliquée à la médecine :Chapitre 13 sur 111 · GRENOUILLETTE · texte numérisé non relu

GRENOUILLETTE

salivaires sous-niaxillaires. On a trouvé des concrétions dans les conduits salivaires sous-maxillaires, chez riiomme, dont la composition était principalement formée par des carbonates et des phosphates de chaux avec des traces de fer et de manganèse. On a remarqué que la présence de ces calculs qui obstruent le conduit salivaire détermine généralement comme symptôme une douleur excessivement vive, qui s’irradie vers la glande; ce qui viendrait encore à l’appui de cette pensée, que la grenouillette n’est pas due à une obstruction du canal, car elle se développe habituellement sans douleur. Du reste, il faut le dire, l’idée de considérer la grenouillette comme une dilatation du conduit salivaire est loin d’être appuyée sur des preuves solides. Gelse, Ambroise Paré, etc., considéraient cette tumeur comme un abcès ; ce n’est qu’après i66.5, lorsque Wharton eut donné la description du conduit de la glande sous-maxillaire, que l’on regarda cette dilatation comme résultant d’une rétention de salive : cependant Fabrice d’Aquapendente la considère encore comme une tumeur enkystée. Depuis cette époque, les deux opinions sont restées dans la science; mais il faut ajouter que dans ces derniers temps, les dissections qu’on a eu occasion de faire ont prouvé qu’il s’agissait le plps ordinairement de tumeurs enkystées, placées en dehors du canal de "Wharton. J’ai eu l’occasion d’observer trois cas de grenouillette peu développés, dans lesquels il était parfaitement facile de voir l’orifice du conduit de la sous-maxillaire donnant issue à la salive, et étant par-

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faitement libre et indépendant de la tumeur. Je vidai ces ^renonillettes par l’incision, puis je les cautérisai avec le nitrate d’ar.oent, et il ne resta aucune espèce d ouverture libre à l’extérieur, et la guérison fut complété: ce cjui prouvait bien qu’il n’y avait pas de communication avec le conduit glandulaire.

D’après les symptômes et les dissections anatomiques, on est donc autorisé à admettre (jue la grenouillette n’est pas une liilatation du conduit de SVharton, et qu’elle paraît, au contraire, être une tumeur indépendante de cette glande ; cependant, d’après quelques observations, je serais porté à penser que la grenouillette a souvent un rapport avec le système salivaire sublingual, et qu’elle résulte d’une dilatation des petits lobules de cette glande, par suite d’une obstruction des petits conduits de llivinus. J’ai observé sur un cheval l’obstruction de ces conduits, et par suite un kyste qui eu était la conséquence et qui contenait un fluide analogue à celui de la grenoaillette.

Le liquide contenu dans les greuouillettes chez l’homme a, du reste, la plus grande analogie avec le liquide de la glande sublinguale; il est excessivement visqueux et filant; seulement dans certains cas il change de nature, et peut devenir purulent quand le kyste s’est enflammé : c’est ce qui expliquerait la divergence des auteurs relativement à la description de ces liquides.

Ces considérations terminent ce que nous avions à dire de la sécrétion de la glande sous-maxillaire. Nous examinerons dans la prochaine séance le rôle de la salive sublinguale.

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