‹ Leçons de physiologie expérimentale appliquée à la médecine :Chapitre 20 sur 111 · PAU LES SALIVES · texte numérisé non relu

PAU LES SALIVES

les matières organiques du sang, en s’opposant à la combinaison, ont empêché la production del’iodure de fer, seul composé capable de passer dans la salive.

Cette influence des matières organiques du sang, pour empêcher les combinaisons des substances salines que ne gêne pas le suc gastrique, n’est pas un fait isolé qui se rapporte uniquement au lactate de fer et à l’iodure de potassium. Mais quelque intérêt que présente cette question, nous devons aujourd’hui nous contenter de la signaler.

Nous avons vu qu’après l’ingestion de l’iodure de potassium, il en apparaissait des traces dans les urines au bout d’un temps variable, d’autant plus long cjue la dose administrée était moins considérable. Eh bien, messieurs, le lendemain du jour où l’expérience a été faite, on ne trouve plus dans l’uriue ni dans la bile la présence de l’iodure. Dès lors on pourrait croire que l’iodure est complètement éliminé de l’économie. Il n’en est rien cependant. J’ai institué cette expérience sur des chiens porteurs de fistules salivaires, gastriques et biliaires, permanentes. Une dissolution de !2 grammes d’iodure de potassium était introduite par la fistule stomacale. Or, quand l’urine n’accusait plus trace d iodure de potassium, l’examen de la salive en offrait toujours la réaction, 11 en était de même du suc gastrique, soit que le sel eût été amené dans l’estomac avec la salive, soit qu’il eût été fourni directement par la muqueuse de l’estomac. Cette persistance de l’iode dans la salive et dans le suc gastrique se maintint pendant trois semaines ; il est

GLANDES SALIVAIRES

possible qa’elle puisse durer plus longtemps encore.

Actuellement, messieurs, nous allons aborder une question d’une autre nature. Ces propriétés si différentes des diverses salives, au point de vue purement physique, vont nous servir à distinguer les tissus mêmes des organes qui les produisent, et à former des salives artificielles de même qu’on forme d’autres liquides intestinaux artificiels.

Ce qui nous fournira une nouvelle source de caractères différentiels pour distinguer des tissus que l’anatomie avait confondus et signalés eomme identiques.

Si l’on prend les tissus des différentes glandes salivaires du chien, qu’on eu fasse une infusion dans de l’eau tiède, on voit l’eau prendre bientôt des propriétés tout à fait analogues à celles de la salive qui sort normalement de la glande dont ou emploie le tissu. Par exemple,si l’on prend du tissu d’une glande sublinguale, ou d’une glande de Nuck, et qu’on le fasse infuser dans l’eau tiède, on voit l’eau prendre bientôt une consistance visqueuse et gluante qui la fait complètement ressembler à de la salive sublinguale elle-même. Si l’on prend au contraire une glande parotide; l’eau conservera sa fluidité ordinaire.

Voici des infusions ainsi préparées, et vous voyez pour chacune d’elles les propriétés que je viens de vous signaler: l’infusion de la parotide est limpide et fluide comme de l’eau; l’infusion de la sublinguale est au contraire très visqueuse; l infusiou de la sous-maxillaire est une fluidité intermédiaire aux deux précédentes.

Nous trouvons donc là un caractère qui va nous

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