DE LA. DIGESTION
teinent par le toie, avant d’ariiver dans le système veineux fjénéral, on eoiistale que le sucre n’est plus éliminé, qu’il reste et s’assimile dans le san^j, absolument comme cela a lieu lorsc|ue son absorption s’effectue à la suite du procédé normal de la digestion. On comprendra ainsi que l’absorption du sucre parle système de la veine porte soit une condition nécessaire à son assimilation ; car si son transport était confié aux vaisseaux cbylilèi es, le pi incipe sucré serait soustrait à l’inlluence du fuie et se déverserait directement dans le système veineux général, absolument comme cela a lieu quand on l injecle par la veine jugulaire.
Aucun observateur n’a, je crois, constaté rigoureusement que le cbyle contient plus d’albumine chez les animaux Ljui digèrent exclusivement cette sidastance. Il serait d’ailleurs à peu près impossible de conclure, d’après ces seuls résultats, tpiela matière albumineuse n’est point absorbée par les chylilei es ; car cette détermination de la quantité d albumine, suivant les divers modes d’alimentation, doit etre excessivement
difficile, parce que le sang et la lymphe contiennent déjà une grande proportion de ce principe. J’ai pensé qu’on pourrait apporter un argument physiologique plus décisif pour la solution de cette question, si I on arrivait à démontrer que [)onr être assimilée, l’albumine avait besoin, comme le sucre de canne, de traverser lentement le tissu du foie. En effet, en injectant dans la veine jugulaire d’un chien ou d’un lapin un peu d’albumine d’œii! (‘tendue d’eau, on constate, quelque temps après ce tte injection, que les urines sont deve-
ABSORPTION DKS PRODUITS
nues albnminenses. Celle expérience est intéressante, en ce qu’elle démontre que ralbnniine d’œuf n’est probablement pas identique avec l’albumine du sang, et qu’elle a besoin, pour être appropriée à l’oiganisme, d’éprouver une modification piéalable. Or, le [)assage par le tissu du foie suffit pour op(M’er cette modification nécessaire à l’assimilation de la m.iiiere albumineuse ; car si on l’injecte lentement par la veine porte, elle reste dans le sang et ne se retrouve pas dans l’excrétion urinaire. Ces expériences tendent évidemment à démontrer que l’albumine est absorbée exclusivement par la veine porte, car si cette substance était portée dans la veine sous-clavière par le canal thoracique, elle serait introduite directement dans le système veineux général, et se trouverait exactement dans le cas de l’injection par la veine jugulaire, dont je vous parlais tout à l’iienre.
Chez les mammifères, les matières grasses sont absorbées de la manière la plus évidente par les vaisseaux chylifères, et déversées dans le sang par le canal thoracique. L’analyse chimique et l’inspection microscopique du contenu de l’appareil chylifère, ne laissent aucun doute à cet égard. Nous avons vu que l’absorption delagraisse ne commence ordinairement às’effectuer dans l’intestin grêle qu’après le déversement du fluide pancréatique, tandis que l albumine et le sucre peuvent déjà être absorbés dans l eslomac. On sait qu’aussilôt que la graisse émulsionnée pénètre tians les vaisseaux chylifères, leur aspectchange complètement : au lieu de rester transparent, comme sous les autres