‹ Leçons de physiologie expérimentale appliquée à la médecine :Chapitre 64 sur 111 · QUINZIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

QUINZIÈME LEÇON

SO.VIMAIRE : Succession des actes digestifs. — Acte salivaire. — Acte stomacal. — Du suc g.astrique. — Moyens de se le procurer. — Composition cliiinicjue du suc gastrique. — Son action sur les divers aliments. — Sur les matières grasses, les féculents et sur la chair musculaire, etc.

Messieurs,

Nous avons dit dans la dernière séance que les digestions artificielles, c’est-à-diré l’action des liquides digestifs étudiés séparément sur les aliments hors de l’individu, constituaient un moyen excellent pour analyser les phénomènes de la digestion, et constater exactement les propriétés de chacun des fluides digestifs isolément; mais c’est là une méthode insuffisante pour apprécier le phénomène dans son ensemble. Si l’on voulait s’en contenter, on n’aurait pas de cette façon les phénomènes tels qu’ils se passent réellement dans l’intestin, où il y a non-seulement un mélange de tous les liquides les uns avec les autres, mais une action successive et déterminée par la position qu’occupe chacun des organes qui déversent leur fluide dans le canal intestinal. C’est donc dans cette étude que nous allons entrer, étude qui consistera à suivre les matières alimentaires dans le canal intestinal depuis leur entrée jusqu’au moment où les parties digérées ont pu être absorbées, et les parties excrémentitielles rejetées, Nous verrons que dans le mélange successif des

ACTION SUCCESSIVE DES FLUIDES DIGESTIFS. 379 liquides, il se passe des aclious mixtes qui sont le résultat du mélange de plusieurs liquides, actions qu’on n’avait pas pu prévoir par le procédé des digestions artificielles mentionné plus haut.

Nous commencerons nécessairement par les liquides qui sont déversés les premiers dans le canal intestinal, et nous étudierons suceessivement les altérations que les aliments éprouvent en descendant dans l’intestin.

Ije premier liquide dont nous avons à nous occuper est le liquide salivaire; nous nous sommes déjà occupés des sources de ce liquide, et nous avons vu que son écoulement était en rapport avec les actes masticatoire et gustatif ainsi qu’avec l’acte de la déglutition. Nous ne reviendrons pas sur ce que nous avons dit à ce sujet; nous examinerons seulement si l’insalivation des aliments exerce une influence sur la digestion que les aliments doivent subir dans l’estomac.

D’abord, nous rappellerons que le liquide salivaire mixte, par lequel les aliments sont imbibés avant de parvenir dans l’estomac, est constitué non-seulement [)ar le mélange des liquides fournis par les glandes salivaires dont nous avons fait l’bistoire, mais qu’il s’y joint encore d’autres liquides qui sont avalés avec les aliments; tels sont le mucus nasal, les larmes qui s’écoulent par les narines postérieures dans le pharynx, le mucus fourni par les amygdales et par les glandes pharyngiennes et œsophagiennes qui sont très nombreuses dans certains animaux, chez le cheval par exemple, où elles fournissent un liquide visqueux et très abondant. Nous avons déjà dit que les aliments

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