PROCÉDÉ EXPÉRIMENTAL
fistules stomacales aux chiens pour recueillir le suc [jastrique et étudier ses propriétés. Depuis ce temps, on a retrouvé des cas de fistule stomacale chez rhomme, et l’on a pu constater que l’analyse chimique et les
Fig. 54. — Saillie de la muqueuse stomacale h travers l' ouverture sur les bords de laquelle elle s'étale, montrant sa surface intérieure retournée. Entre les saillies formées par les replis de cette surface sont des dépressions remplies de mucus,
Fig. 54.
propriétés physiques de ce liquide étaient, c[uant à l’essentiel, les mêmes chez l’homme et chez les animaux.
Ainsi donc pour étudier le suc gastrique et pour se le procurer facilement, il faut pratiquer une fistule stomacale sur un animal et particulièrement sur les chiens. Nous désirons vous montrer cette expérience.
Le procédé qu’a suivi M. Blondlot consiste à prendre un chien en digestion, pratiquer une incision qui partant de l’appendice xiphoïde se dirige en suivant la ligne blanche du côté du pubis, sur une étendue de y à 8 centimètres. Le péritoine étant ouvert avec précaution pour ne point léser les intestins, on voit l’estomac distendu par les aliments; on le saisit avec les doigts, on l’attire vers la plaie et on le traverse de part en part avec la pointe d’un bistouri à lame étroite. On passe dans cette piqûre un fil d’ar-
suc GASTRIQUE.
gent recuit d’une longueur convenable pour en former une anse.
lia partie de l’estomac que retient le fil, d’une étendue de 3 à4 centimètres, appartient au grand cul-desac de l’estomac; on ferme ensuite la plaie à l’aide de quelques points de suture, après avoir fait rentrer dans l’abdomen les parties de l’intestin qui s’étaient échappées. Seulement, on laisse passer au dehors les deux bouts du fil d’argent entre lesquels on place un petit billot de bois, sur lequel ou les tord l’une sur l’autre, de manière à amener la portion de l’estomac comprise dans l'anse en contact immédiat avec le bord interne de la plaie. De cette façon, l’estomac contracte des adhérences solides avec les parois abdominales, et à la chute de l’eschare une fistule se trouve établie. Plus tard, lorsque les bords de la plaie sont cicatrisés, et pour combattre la tendance qu’a le trajet fistuleux à se fermer, on y introduit une canule d’argent qui reste ensuite à poste fixe.
On voit que d’après le procédé précédent, l’expérience se fait en deux temps: le premier dans lequel on établit les adhérences, le second dans lequel on place la canule. Le procédé que nous suivons est plus expéditif et nous plaçons la canule d’un seul coup, ainsi que vous allez nous le voir faire sur le chien.
Cet animal, laissé à jeun depuis vingt-quatre heures, a pris il y a quelques instants un repas très copieux, de manière à distendre considérablement sou estomac, et de façon que le viscère touche les parois de l’abdomen, et que le rapport qui existe entre ces deux
mOCÉDÉ EXPÉRlMIiNTAL.
parois soit normal. Ensuite l’animal étant couché sur le dos, convenablement maintenu, nous faisons une incision à 3 centimètres au-dessous de l’appendice xiphoïde, sur le bord externe du muscle droit du côté gauche. Cette incision ne doit avoir que 2 à 3 centimètres au plus. Immédiatement après l’incision on aperçoit la paroi de l’estomac collée contre la paroi de l’abdomen; on la saisit avec une érigne, on l’attire dans la plaie, on passe une éguille avec un fil, et ensuite on fait une ponction à la paroi de l’estomac. Alors avec deux érignes placées aux deux angles de la plaie, on maintient l’estomac soulevé, et l’ouverture tendue comme une boutonnière, pendant qu’on y introduit avec force le rebord de la canule. On fait rentrer la canùle dans le ventre, et il suffit ensuite d’un ou de deux points de suture pour réunir la plaie, et la canule reste fixée en place. On a eu soin que le fil qui maintenait l’estomac fût passé dans les parois abdominales, et lié de manière que les parois de l’estomac restassent collées aux parois de l’abdomen. Les bords de la plaie vont se tuméfier légèrement, et c’est pour que dans cette tuméfaction ils ne soient pas trop comprimés et ne passent pas sur les rebords de la canule, que nous avons fait .dévisser celle-ci de manière à allonger l’espace qui existe entre les deux rebords (fig. 55). Plus tard, lorsque la tuméfaction sera passée, nous les serrerons de nouveau en vissant la canule.
Vous voyez que l’animal que nous venons d’opérer devant vous ne paraît pas très troublé de cette opération. Nous pourrons très facilement nous eu servir 2' SEM. 1855. 25
suc GASTRIQÜL*.
pour uous procurer du suc gastrique, en ajustant a la canule une petite vessie de caoutchouc dans laquelle tombe peu à peu le suc gastrique. D’ici à très peu de
A B, coupe de la canule d’ar0enl en partie divisée et allongée par suite;
— e, rebords de la canule; — C, saillies (jui entrent dans la clef destinée à visser et à diviser les deux parties de la canule ;
— D, tête de la clef vue de face; — E , ouverture de la canule vue entière et par une de ses extrémités.
jours les adhérences se seront établies de telle façon que la cavité de l’estomac eommnniquera avec l’extérieur à l’aide d’une sorte d’infundibulum qui contient la canule, ainsi que vous le voyez ici sur cette pièce qui appartenait à un chien muni d’une fistule (fig. o6).
Lorsqu’on fend cette sorte de pédicule qui fait communiquer la cavité de l’estomac avec l'extérieur, on trouve que la membrane muqueuse stomacale a contracté des adhérences avec la paroi mêmede l’abdomen, comme vous le voyez sur la pièce (fig. 5y). On peut eu-