‹ Leçons de physiologie expérimentale appliquée à la médecine :Chapitre 70 sur 111 · DE MOUTON · texte numérisé non relu

DE MOUTON

d’homme I

sans salive.

avec salive.

avec salive.

avec salive.

Eau 973,062

Mal ièresl,^,, J Ferment, CIC. 17,127 solides.) (Mat. inorgan. 9,811

Les matières inorganiques sont ;

Acide chlorhydrique

l,23Zi

Chlorure de potassium, . . .

— de sodium

Zi,369

Zi,633

— de chaux

0,62Zi

— d’ammoniaque. . .

0,Zi68

0,Zi68

Phosphate de chaux

2,29Zi

— de magnésie . . .

— de fer

Matière organique retenue par

la potasse

On voit, d’après ce qui précède, que la présence de la salive chez le chien n’a donné que de très légères différences dans la composition du suc gastrique. Ce résultat, sur lequel nous n’insisterons pas, prouve combien il serait difficile de différencier absolument

COMPOSITION CHIMIQUE

par l’analyse des liquides dont la composition est tout à fait analogue, et qui ne diffèrent que par la présence d’une matière qui les caractérise, matière qui, presque insignifiante au point de vue chimique,ne peut être reconnue qu’à ses propriétés physiologiques.

Si maintenant nous recherchons les substances actives parmi celles que nous venons de mentionner dans les analyses précédentes, nous verrons qu’elles sont au nombre de deux : l’acide d’une part, et une matière organique de l’autre, à laquelle on donne le nom de pepsine.

L’un et l’autre de ces agents sont indispensables pour l’activité du suc gastrique, qui ne réside ni dans l’un ni dans l’autre, et résulte de leur action simultanée. En effet, si l’on neutralise le suc gastrique avec du carbonate de soude, il perd immédiatement ses propriétés digestives et il les reprend quand on lui restitue sa réaction acide. Si l’on fait bouillir le suc gastrique, il perd ses propriétés digestives, non pas que sa réaction acide ait disparu, mais parce que la matière organique a été coagulée. C’est ainsi que la suppression de l’un de ces agents suffit pour détruire toute l’action du suc gastrique.

On a beaucoup discuté sur la nature de l’acide libre qui existe dans le suc gastrique, parce qu’on avait cru pouvoir lui attribuer les qualités caractéristiques du suc gastrique. Nous avons fait avec M. Barreswil des expériences sur le suc gastrique du chien, et nous n’y avons trouvé que de l’acide lactique.

suc GASTRIQUE.

Voici quelles sont ces expériences ;

Nous avons cherché à constater la nature des acides que contient le suc gastrique. Avant d’indiquer la marche que nous avons suivie dans ces expé^ riences, je ferai observer que toutes ont été faites avec du suc gastrique pris à divers chiens bien portants.

L’acide acétique étant un acide volatil, nous avons soumis le suc gastrique à la distillation, à une douce chaleur, avec les précautions convenables pour éviter les soubresauts et l’entraînement mécanique du liquide à distiller; les premiers produits recueillis et essayés au papier de tournesol ne présentaient pas de réaction acide. Gomme contre-épreuve, nous avons distillé de l’eau très faiblement acidulée par du vinaigre ; le liquide c|ui passa le premier à la distillation avait une réaction manifestement acide. Le suc gastrique auquel nous avons ajouté une trace d’acide acétique, et même d’acétate de soude, s’est comporté à la distillation de la même manière. Ayant saturé le suc gastricpie par du carbonate de soude, puis évaporé la dissolution à sec et traité le résidu par l’acide arsénieux, nous n’avons pas remarqué l’odeur d’oxyde de cacodyle, qui est, comme on lésait, si caractéristique de l’acide acétique. D’après ces expériences, il nous semble prouvé que le suc gastrique ne contient pas d’acide acétique libre, et ne renferme pas non plus d’acétates.

En réfléchissant que les premiers produits de la distillation du suc gastrique ne donnent jamais du liquide acide, nous avions été tenté d’invoquer ce même fait

COMPOSITION CHIMIQUE

pour rejeter aussi la présence de l’acide chlorhydrique libre, parce que, suivant les idées admises, cet acide, qui est volatil, aurait du passer dans les premiers in» stauts. Cependant nous serions tombé dans l’erreur, comme on va le voir par l’expérience suivante. En effet, si l’on acidulé très légèrement de l’eau avec de l’acide chlorhydrique, et qu’on distille, on remarque qu’il ne passe d’abord à la distillation que de l’eau pure, taudis que l’acide qui se concentre dans les derniers produits ne se dégage qu’à la fin de l’opération. Ce fait ici prévu nous détermina à distiller de nouveau le suc gastrique pur en poussant la distillation jusqu’à siccité. Voici ce. qu’on observe alors ; d’abord, et pendant presque toute la durée de l’expérience, il ne passe à la distillation qu’un liquide neutre, limpide, ne précipitant pas par le nitrate d’argent ; puis, le suc gastrique étant évaporé à peu près aux 4/5®% le liquide qui distille est sensiblemement acide, mais ne précipite aucunement par les sels d’argent. Enfin, vers les derniers instants seulement, lorsqu’il ne reste plus que quelques gouttes de suc gastrique a évaporer, le liquide acide qui se produit donne, par les sels d’argent, un précipité manifeste que ne fait pas disparaître l’acide nitrique concentré.

Il n’est pas douteux c|ue ce dernier produit soit de l’acide chlorhydrique, mais il resterait à déterminer s’il e.xiste dans le suc gastrique, ou si, dans les circonstances de l’opération, il n’est pas produit par la décomposition d’un chlorure.

Lorsqu’on ajoute au suc gastrique qui, comme on

suc GASTRIQUE.

le sait, contient de la chaux, une proportion minime d’acide oxalique, on obtient un trouble évident dû à la formation de l’oxalale de chaux insoluble dans le suc gastrique, tandis qu’une égale quantité du même réactif ne produit aucun trouble dans de l’eau contenant 2 millièmes d’acide chlorhydrique, à laquelle on a ajouté du chlorure de calcium. Cette seule expérience démontre évidemment que Tacide chlorhydrique existe à l'état de chlorure et ne se trouve pas à l’état de liberté dans le suc gastrique; nous aurons encore plus loin occasion de confirmer ce fait par d’autres expériences.

L’acide phosphorique étant un acide fixe, nous avons dû également le rechercher dans le sue gastrique concentré par la distillation; ce résidu avait acquis une réaction extrêmement acide et faisait effervescence avec la craie, mais il ne perdait jamais entièrement sa réaction acide, malgré l’excès de carbonate calcaire. Ce caractère, ajouté à ceux qu’ont donnés les différents auteurs, indique positivement la présence de l’acide phosphorique dans le suc gastrique. Nous avons ensuite saturé du suc gastrique par la chaux et par l’oxyde de zinc ; les liqueurs filtrées étaient neutres et nous ont présenté tous les caractères de la chaux et du zinc. Cette expérience prouve que l’acide phosphorique n’est pas le seul acide libre du suc gastrique; car s’il en eût été ainsi, en raison de l’insolubilité des deux phosphates, nous n’aurions trouvé ni chaux ni zincdans le liquide filtré. Nous nous sommes assuré que les principes étrangers du suc gastrique, tels que le

COMPOSITION CHIMIQUE. 397

chlorure de sodium, ne masquaient en rien cette réaction.

Pour déterminer maintenant la nature de l’aeide qui, existant dans le suc gastrique, a pu donner naissance à des sels solubles de chaux et de zinc, nous devons nous rappeler que c’est un aeide qui passe vers les derniers instants de la distillation et ne précipite pas les sels d’argent.

[j'acide lactique nous a présenté des caractères semblables; nous avons soumis à la distillation de l’eau acidulée par l’aeide lactique, et retrouvé dans cette opération une analogie frappante avec les phénomènes qui se produisent dans la distillation du suc gastrique, savoir : que dans les premiers temps de la distillation il ne passe que de l’eau pure, puis vers la fin un liquide acide, et qu’il reste un résidu liquide fortement aeide faisant effervescence avec les carbonates.

En distillant de l’eau acidulée par l’acide lactique à laquelle on avait ajouté un peu de chlorure de sodium, nous avons obtenu une analogie encore plus complète, c’est-à-dire que nous avons vu la distillation présenter trois périodes distinctes, absolument comme pourle suc gastrique: dans les premiers moments il ne passa que de l’eau pure, ensuite un acide ne précipitant pas par les sels d’argent, et les dernières gouttes de liquide entraînèrent de l’acide chlorhydrique.

Cette expérience explique nettement la présence de l’acide chlorhydrique dans les produits ultérieurs de la distillation du suc gastrique ; cet acide provient, en effet, de la décomposition des chlorures par l’acide

^98 suc GASTRIQUE,

lactique dans les liqueurs concentrées. .Si ce lait ne suffisait pas prouver que le suc gastrique ne contient pas d’acide chlorhydrique libre, l’expérience suivante lèverait tous les doutes à cet égard.

Si l’on fait bouillir de l’amidon avec de l’acide chlorhydrique, celui-ci perd bientôt la propriété de bleuir par l’iode, tandis que l’acide lactique ne lui fait éprouver aucune modification, même après une ébullition prolongée.

D’un autre côté, si l’on fait bouillir de l’amidon avec de l’acide chlorhydrique auquel ou a ajouté un lactate soluble en excès, on remarque que la fécule reste inaltérée, comme si l’on opérait ausein de l’acide lactique. Cette expérience prouve à l’évidence que l’acide chlorhydrique ne peut exister à l’état de liberté en présence d’une lactate en excès. Par des épreuves semblables, on peut prouver que l’existence de l’acide chlorhydrique est de même inadmissible eu présence d’un phosphate ou d’un acétate eu excès.

En résumant ces expériences, nous voyous que l’acide lactique et l’acide du suc gastrique présentent pour caractères communs d’être fixes au feu, d’étre entraînés àla distillation parla vapeur d’eau, et de chasser l’acide chlorhydrique des chlorures. Poursuivant la comparaison entre ces deux acides, nous avons reconmi à l’acide du suc gastrique tous les caractères indiqués par M. Pelouze pour l’acide lactique: ces deux acides, en effet, donnent des sels de chaux, de baryte, de zinc, de cuivre, solubles dans l’eau ; nu sel de cuivre qui forme avec la chaux un sel doublé, soluble, dont la

suc GASTRIQUE ARTIFICIEL.

couleur est plus intense que celle du sel simple; un sel de chaux soluble dans l’alcool et précipitable par l’étber de sa dissolution alcoolique. Déjà M. Cbevreul, et MM. Leuret et Lassaigiie, avaient signalé l’acide lactique dans le suC gastrique; et d’après l’ensemble des caractères que nous venons d’énumérer, l’existence de cet acide nous paraît être aujourd’hui hors de contestation.

La pepsine est une substance que l’on peut retirer du suc gastrique au moyen de la précipitation par l’alcool de l’acide du suc gastrique ou de l’acide lactique ; mais on sait aujourd’hui que la nature de l’acide est indifférente, pourvu que la réaction soit acide. Enfin nous constatons que la pepsine est une matière qui existe dans l’estomac, comme nous l’avons déjà dit pour les autres principes actifs intestinaux, et l’on peut faire, à cause de cela, un suc gastrique artificiel avec la membrane même de l’estomac.

Il suffira de séparer une portion de la membrane muqueuse stomacale, puis de la faire digérer dans de l’eau acidulée par l’addition de 3 ou 4 millièmes d’acide chlorhydrique, par exemple; après vingt-quatre ou trente heures de cette digestion à une température douce, la membrane muqueuse étant en partie dissoute, ilsuffit de filtrer le mélange, et le suc gastrique artificiel que l’on obtient ainsi a la propriété du suc gastrique naturel.

L’estomac de l’homme peut servir à cette expérience comme celui des animaux ; il faut toutefois que l’estomac sur lequel on opère appartienne à un sujet mort eu

suc GASTRIQUE.

ÛOO

santé : c’est ainsi que l’estomac d’un supplicié donne des résultats qu’on n’obtiendrait pas avee celui d’un cadavre d’un individu mort de maladie.

La pepsine préeipitée par l’alcool ayant la propriété de se redissoudre dans l’eau, il est probable qu’on pourrait faire du sue gastrique artibciel avec une membrane eonservée dans l’alcool.

On avait proposé autrefois, et l’on a repris cette idée dans ces derniers temps, de donner de la pepsine aux malades dont les fonctions digestives étaient troublées : cette pratique pourrait être bonne si, comme l’avait cru Spallanzani, et comme le soutient encoreM. Blondlot, le suc gastrique était le liquide digestif unique; mais comme le sue gastrique n’a qu’une action très limitée dans les phénomènes de la digestion, on ne saurait remédier ainsi à 1 insuffisance nutritive, d’autant plus que l’on emploie la pepsine des herbivores, de toutes la moins active , ainsi que nous le verrons en étudiant plus tard comparativement l’action des différents sucs gastriques.

Avant d’examiner si le suc gastrique agit avec la salive d’une manière particulière, il est nécessaire de savoir comment il agit isolément d’une manière générale.

i“ Sur les matières grasses à l’état liquide, le suc gastrique n’a aucune action. Pour celles qui sont encore contenues dans des vésicules adipeuses, le suc gastrique dissout les parois de la cellule et permet à la graisse d’en sortir à l’état fluide. Ainsi le suc gastrique fluidifie la graisse, mais il n’agit aucunement sur ses qualités physiques et chimiques.

actiOlN physiologique.

Du reste, les matières grasses qui peuvent être fluidifiées dans i’estomac sont toutes celles qui peuvent être rendues fluides à la température du corps, qui ue dépasse pas ordinairement 38 à4o degrés.

La fécule, quand elle se trouve contenue dans des cellules végétales, ainsi que cela a lieu dans les pommes de terre, par exemple, se trouve désagrégée, c’est-àdire que le suc gastrique dissout les parois azotées des cellules végétales, et les grains de fécule sont dissociés et mis en contact directement avec le suc gastrique. Dans ce contact la fécule s’hydratesoit à cause de la température même du liquide, soit surtout à cause de sa réaction acide. Toutefois cette hydratation de la fécule ne change que ses caractères physiques sans altérer les caractères chimiques : en effet, à l’aide de la teinture d’iode, on obtient la réaction caractéristique de l’iodure d’amidon.

Les matières sucrées ne sont modifiées par le suc gastrique que dans certaines circonstances: lorsqu’elles ont été trop longtemps en contact avec lui. Ainsi le sucre de canne ou de betterave peut dans certaines circonstances être eu partie ramené à l’état de sucre de fécule; probablement par l’acidité du suc gastrique. Le sucre de fécule peut lui-même être changé en acide lactique par un contact prolongé avec le suc gastrique.

Quant aux aliments azotés, le suc gastrique a une action très évidente sur eux. La viande, par exemple, se ramollit, se réduit en une espèce de pâte grisâtre, à laquelle on a donné le nom de chyme. Mais si l’on 2“ SEM. 1855. 26

suc GASTIUQUJÙ

tm

cxniuiiic au iiiici'oscope eu quoi consiste cette altération de la viande ou de la chair imisculaire, on voit ([ne ce tissu u’a jaas perdu coiupléîementPes caractères j)rimitifs. fjcs fibres mu-sculaires sont dissociées, séparées les unes des autres; mais encore parfaitement reconnaissables au microscope. Ce n’est c|ue le tissu cellulaire unissant ces fibres qui a été dissous, mais les fibres musculaires elles-mêmes ne l’ont pas été. Il en est de même pour la plupart des autres tissus oi’f^faniques. et je me sers du suc gastrique pour en isoler les éléments bistologif|ues et les étudier au microscope. Dans le tissu nerveux, on reconnaît très bien les tubes et les cellules, dans le tissu glandulaire également ; et même j’ai pu, dans des .ganglions lymphatiques qui étaient chargés de matière métallicjue provenant d’un tatouage, dissoudre les parties organiques, et séparer la matière colorante, reconnaissable au microscope, et chimiquement, pour être du vermillon ou d’autres substances colorantes. Cette dissociation des fibres musculaires est plus rapide pour de la viande cuite ({ue pour de la viande crue, et c’est pour cette raison cpiela digestion de la viande cuite est plus rapide que la digestion de la viande crue. Sur un chien muni d’une fistule, et auquel ou a fait prendre un repas de viande cuite, on trouve l’estomac vide au bout de trois heures, tandis qu’il en faut au moins quatre, s il a mangé de la viande crue.

Il y a beaucoup d’autres éléments complexes sur lesquels le suc gastrique a une action particulière ; tel est, [)ar exemple, le lait coagulé; telle est l’albumine

Acnoi\ chishquü:.

cuite, qu’il redissout; tels senties os, qu'il digéré; c’est-à-dire que le liquide gastrique dissout la partie azotée du tissu osseux, et en dissocie les parties calcaires ou terreuses qui sont ensuite expulsées en plus grande partie comme matières excrémenlitielles. On voit que dans ce cas le suc gastrique agit tout autrement que l’eau acidulée, qui dissoudrait au contraire les matières calcaires, et laisserait intacte la trame gélatineuse.

Enfin, il y a des substances sur lesquelles le suc gastrique n’a aucune action : telles sont les matières épidermiques végétales et animales. Dans toutes ces actions, le suc gastrique agit par ses deux éléments, et cetteaclion peut être regardée comme pbysiologique.il peut cependant, dans certaines circonstances, agir uniquement par son acide, à la manière de l’eau acidulée. C’est ainsi, lorsqu’on introduit de la limaille de fer dans l’estomac, qu’il se produit une réaction qui décompose l’eau en attaquant le fer. Certains sels, tels que les cyanures, sont très facilement décomposés lorsqu’ils arrivent dans l’estomac, et c’est à la mise en liberté de l’acide cyanhydrique par l’acide du suc gastrique qu il faut attribuer l’empoisonnement si rapide. Nous avons pu constater que pendant la digestion, alors que la sécrétion gastrique est abondante, l’empoisonnement par le cyanure de mercure , par exemple, est beaucoup plus rapide que pendant l’abstinence.

On peut tirer de ces faits la conclusion que lorsqu’on veut administrer une substance sur laquelle l’acidité du suc gastrique doit agir, il faut l’ingérer peu-

suc GASTRIQUE.

fiant la période digestive. Mais ou a cru aussi pouvoir en inférer qu’il fallait se garder surtout de donner en même temps des alcalis. Il a été dit, relativement à l’administration du fer, qu’on ne devait pas le mélanger à des solutions alcalines qui neutraliseraient l’action du suc gastrique sur le fer. Ces considérations paraissent justes au premier abord, et elles le seraient en effet, si le suc gastrique était contenu dans un verre ou dans une cornue. Mais dans l’estomac, les choses fournissent d’autres résultats; non pas que le suc gastrique y soit différent, mais parce que les glandules de l’estomac réagissent sous l’influence de certains stimulants. C’est ainsi, par exemple, que lorsqu’on administre du fer avec un alcali faible, (du carbonate de soude, par exemple), il est plus rapidement attaqué, contre les prévisions qu'on aurait pu avoir d’après ce qui a été dit plus haut. Dans ce cas, l’alcali a sans doute neutralisé une certaine quantité de l’acide du suc gastrique, mais les glandules ont été excitées par l’action de l’alcali à eu sécréter une beaucoup plus grande quantité qui a compensé, et au delà, ce qui a été saturé. Cet exemple prouve, ainsi que beaucoup d’autres que nous pourrions citer, que lorsqu’il s’agit de conclusions tirées de phénomènes physiologiques, il faut non-seulement tenir compte des propriétés physiques et chimiques des liquides, mais encore des propriétés physiologiques des tissus dans lesquels ces liquides se sécrètent

Telle est en résumé, et d une manière très succinte,

ACTrON CHIMIQUE.

ao5

Faction apparente du sue gastrique sur les principales matières alimentaires; nous aurons plus tard à considérer l’essence même de cette action. Les modihcations dont nous venons de parler sont celles que produit le suc gastrique agissant isolément sur les aliments; mais nous ne les avons indiquées que pour voir maintenant par comparaison si cette action est la même quand le suc gastrique est mélangé avec la salive, dont Faction précède là sienne, et avec les autres fluides qui se déversent après lui: c’est ce tjue nous ferons dans la prochaine leçon, où nous examinerons la nature de la digestion stomacale.

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