‹ Leçons de physiologie expérimentale appliquée à la médecine :Chapitre 77 sur 111 · INFLUENCE DU SYSTÈME NERVEUX · texte numérisé non relu

INFLUENCE DU SYSTÈME NERVEUX

prouverait que celte suspension de la respiration est un phénomène réflexe qui arrive par suite d’une sensation produite dans le larynx, sans qu’il y ait réellement obstacle à l’entrée de l’air. On peut même ainsi produire une espèce d’asphyxie incomplète sur l’animal qui a la trachée ouverte. Mais comme le nerf que nous galvanisons est mixte, c’est-à-dire qu’il contient, chez le chien, le nerf sympathique et le pneumogastrique lui-même, il faut savoir si les effets que nous produisons sur la respiration et la déglutition appartiennent à l’un ou à l’autre des éléments nerveux.

Pour cela nous faisons l’expérience sur un lapin chez lequel le grand sympathique est séparé du pneumogastrique, et nous galvanisons isolément le sympathique et le pneumogastrique ; et nous voyons que, à chaque galvanisation légère du bout céphalique du grand sympathique, il y a un mouvement de déglutition sans que la respiration soit influencée, tandis que, quand nous galvanisons le pneumogastrique seul, il n’y a pas de mouvement de déglutition provoqué, mais la respiration se trouve seule arrêtée. Ceci prouve évidemment que le mouvement de déglutition réflexe est sous l’influence du grand sympathique.

Ijorsqu’un animal a eu les pneumogastriques coupés dans la région moyenne du cou, il lui est impossible de déglutir. Cependant, si on lui donne à manger, il prend les aliments et les avale pendant un certain temps, et cela a lieu particulièrement pour les lapins, surtout si l’on a eu soin de les tenir à jeun pendant vingt-quatre heures avant l’expérience. Mais bientôt

l’animal suffoque et ses aliments lui sortent pai’ la bouche en même temps qu’il fait des efforts de vomissement. On en avait conclu autrefois que, après la section des pneumogastriques, les animaux n’avaient plus le sentiment de la satiété, et qu’ils mangeaient de manière à s’emplir outre mesure l’estomac et l’œsophage jusqu’au larynx. Il y a là une cause d’erreur que nous avons reconnue en pratiquant l’expérience qui suit.

Pour étudier quels étaient les phénomènes que produit sur l’estomac la section des pneumogastriques, nous avions fait une fistule stomacale à un chien. Cette fistule, plus large qu’à l’ordinaire, était maintenue habituellement bouchée avec une éponge. Il y avait plusieurs semaines que la fistule était parfaitement établie lorsque nous fîmes la section des pneumogastriques : à ce moment l’animal était à jeun. Aussitôt après l’opération on lui donna à manger de la viande qu’il prit avec avidité. Pendant ce temps nous regardions dans l’estomac ce qui s’y passait, et nous fûmes très étonnés de voir que rien de ce que l’animal mangeait n’arrivait dans l’estomac. Tout s’était accumulé dans son œsophage et l’animal se prit à vomir lorsque les aliments furent parvenus au niveau du larynx. La même expérience se produit chez les lapins, et l’œsophage se remplit de matières alimentaires qui s’arrêtent au niveau du cardia,. Cela tient à ce que, dans cette condition, l’œsophage ne se trouve complètement paralysé qu’un certain temps après la section des pneumogastriques.

Page 1