‹ Leçons de physiologie expérimentale appliquée à la médecine :Chapitre 91 sur 111 · PANCRÉAS CHEZ LES INVERTÉBRÉS · texte numérisé non relu

PANCRÉAS CHEZ LES INVERTÉBRÉS

invertébrés, ont été regardés coirime des organes capables de remplir dans la digestion les fonctions du pancréas des animaux vertébrés. Ainsi, chez quelques Piotifères, il existe un ou plusieurs cæcums, à parois épaisses, revêtus d’un épithélium ciliaire, et venant s’aboucher au commencement de l’estomac ou sur ses côtés. Chez un certain nombre de Céphalopodes, on rencontre aussi des tubes glandulaires, i’amifiés, courts et d’un jaune pâle, qui, dans beaucoup d’espèces, sont annexés aux conduits hépatiques. Enfin, il est des insectes qui ont des appendices glanduleux annexés à l’iléon.

Sans vouloir entrer dans une discussion sur la signification de ces cæcums en tant qu’organes glandulaires simples qui se perfectionnent en se ramifiant, hypothèse déjà émise à propos des appendices pyloriques des poissons, je ferai seulement remarquer que lien n’autorise à considérer ces appendices des invertébrés comme des pancréas; et que, d’ailleurs, il y ale plus grand nombre des animaux invertébrés qui en sont dépourvus. Mais c’est par le côté physiologique que nous essaierons d’attaquer la question, et nous dirons ce que nous avons vu en examinant les caractères du suc intestinal chez les invertébrés. Sur un calmar en digestion, j’ai recueilli le liquide jaunâtre, gluant, de l’intestin ; j’ai fait de même chez les limaces, chez les huîtres, etc.; le li(|uide intestinal, qui est acide, jouit aussi de la propriété d’agir sur l’amidon, la graisse , et de donner en s’altérant une coloration rouge par le chlore. Or, si nous considérons que chez

PHYSIOLOGIE COMPARÉE DU PANCRÉAS. Û89 les mammifères il faut absolument l’intervention du pancréas pour donner ces propriétés au liquide intestinal, naturel ou artificiel, nous ne pouvons pas admettre qu’il en soit autrement chez les invertébrés. Il y a beaucoup d’invertébrés qui ont un foie distinct; mais il y en a chez lesquels il est étalé dans les parois de l’intestin. Or, le pancréas pourrait aussi consister en cellules sur les parois de l’intestin, comme le foie des sangsues, par exemple. Dans l’estomac de la limace, j’ai vu des villosités glandulaires analogues au 'pancréas par leur réaction, de sorte que, puisque nous avons les mêmes propriétés physiologiques dans le suc, nous devons conclure aux mêmes éléments anatomiques de sécrétion.

Toutes nos expériences tendent évidemment à démontrer que le pancréas exerce une action chimique sur les aliments, et que cette action n’est pas limitée à une seule classe de matières, mais s’étend à toute espèce d’aliments végétaux et animaux. Avec une telle signification physiologique, on ne saurait donc vouloir localiser le pancréas exclusivement dans certains animaux et le mettre en rapport uniquement avec la digestion de certains aliments déterminés. Ou pourrait encore moins, parle volume de eet organe, prétendre juger une prédominance d’une alimentation spéciale chez les différents animaux. En effet, les fonctions du pancréas doivent être envisagées d’une manière plus large, si l’on veut comprendre son rôle en le comparant dans l’ensemble des animaux.

Il existe deux ordres de phénomènes digestifs : les

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