‹ Leçons de physiologie, expérimentaleChapitre 38 sur 117 · CERVEAU J · texte numérisé non relu

CERVEAU J

est occupé par une tige pointue, dite élévateur, qu'on enfonce au point voulu et qui sert à fixer le trépan et à retirer la rondelle lorsqu'elle a été détachée. L'élévateur ne doit dépasser la couronne de trépan que de 2 à 3 millimètres.

Dans cette opération, il y a aussi un écoulement sanguin par les vaisseaux du diploë, écoulement que l'on peut arrêter soit avec de l'amadou, soit avec delà cire à modeler.

Inutile de dire qu'il faut employer de grandes précautions dans les derniers temps de l'opération, pour ne pas léser le cerveau avec la couronne de trépan. Arrivé sur la dure-mère, on l'incise, en prenant les précautions indiquées plus haut, si elle est traversée par un tronc veineux important au point découvert.

La figure 120 représente le cerveau du chien mis à nu totalement. On peut alors l'exciter dans des points déterminés (fig. 121) et constater qu'à telle excitation de l'écorce correspond tel mouvement. A la partie antérieure des hémisphères on aperçoit, perpendiculaire à la grande scissure, un sillon transverse dit sillon crucial : c'est l'excitation de la circonvolution entourant ce sillon, ou gyrus sigmoïde, qui provoque surtout des mouvements. Il est à remarquer que les mouvements se produisent du côté opposé à celui de l'excitation. Celle-ci doit être relativement faible et très superficielle, pour ne

Fig. 120. — Excitation du cerveau du chien.

CEXTRES ENCÉPHALIQUES

pas léser avec les pointes de l'excitateur la substance

grise et pour éviter les irradiations, 0]i peut arriver à trouver des points spéciaux provoquant inévitablement tel ou tel mouvement (fig. 121).

L'anesthésie doit être très peu profonde : il est môme préférable de la suspendre complètement au moment des excitations.

Chez l'homme il existe aussi des points spéciaux (fig. 122), localisés autour de la scissure de Rolando et qui produisent, par leur excitation, des mouvements déterminés (ce sont les points de départ des faisceaux pyramidaux directs et croisés dans l'écorce céré-

FiG. 121. — Contres molours chez lo chieu : a muscles tic la nuquo, b extenseurs et adducteurs de la patte antérieure, c fléchisseurs et rotatours do la patte antérieure, g muscles do lu jiaito postérieure, f muscles do la lace.

Fio. 1"22. — Contres corticaux cérébraux chez rhomine. ^ylv., scissure do Sj'lvius, 'Roi., scissure de Rolando; P E, scissure perpendiculaire externe; I, 2, 3, F circonvolutions frontales: F A frontale ascendante; P A pariétale ascendante; 1 P 2 P circonvolutions pariétales ; 1, 2, 3, 1) circonvolutions occipitales; 1, 2, 3, T circonvolutions temporales; 5 centre pour les membres inférieurs, 6 pour les membres supérieurs, 7 pour la face (les centres 1. 2. 3. 4. sont des centres spéciaux ; I, aphasie ; 2, agraphio ; 3, cécité verbale ; 4, surdité verbale).

CER VEA U 1;15

brale) : en 5 on a des mouvements des membree supérieurs, en 6 des membres inférieurs, en 7 de la face. Il est à remarquer que ces points de départ des cordons

FiG. 123. — Voie motrice indirecte. Ec. cér., écorce cérébrale; C 0 couche optique; C st., corps strié; N R noyau rouge; N P noyau du pont; Ec. cércb., écorce cérébelleuse; 0/., olive; R. a., racine antérieure.

moteurs sont aussi les points d'arrivée des faisceaux sensitifs (cordons de Goll et de Burdach). Les fibres motrices, comme les fibres sensitives d'ailleurs, peuvent avoir des trajets plus ou moins compliqués, ainsi que le montrent les schémas ci-joints, soit pour aller de l'écorce

JSo.céréi.-

CENTRES ENCÉPHALIQUES

à un muscle, soit pour apporter à l'écorce les impressions (le la périphérie (fig. 128 et 124).

|3) Ablation.

Pour enlever les hémisphères en totalité, on se sert soit (lu manche aplati d'un scalpel, soit d'une petite curette ou mieux d'une spatule. L'opération est surtout facile chez les oiseaux et les jeunes mammifères, à cause du peu de solidité de la boîte crânienne et de la facilité avec laquelle on arrête les hémorrhagies. Avec le bord tranchant de la spatule, on pénètre entre les hémisphères et les tubercules q u a d r i j u m e a u X .

Quand on a rencontré la base du crâne, on relève la spatule en avant en la glissant sous les hémisphères, tranchant ainsi les nerfs optiques et olfactifs.

L'ablation des hémisphères se fait aussi avec une grande facilité chez la grenouille.

Les animaux opérés ont perdu exclusivement la sensibilité consciente et la motricité volontaire, mais toutes

2V:G.etB

F. céi'cbdLn

FiG. — Voie sensitivo indirecte. Ec. ccréb., écorco cérébrale; G 0 couche optique; est., corps strié; N R noyau rouge; Ec. céréh., écorco cérébelleuse; N G et B noyaux de Goll et de Burdach; F cércb. dir., faisceau cérébelleux direct; rp racine postérieure.

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