CERVEAU
les autres fonctions sont conservées. La grenouille, placée clans Peau, nage; l'oiseau, jeté dans l'air, vole; mais ils ne savent plus éviter les obstacles. Si on introduit des aliments dans la bouche, la déglutition, la digestion, l'absorption, la défécation, etc., s'effectueront comme à l'état normal ; seulement, l'animal placé à côté de la nourriture ne la prend pas spontanément et reste en état de stupeur. 11 suffit de laisser des portions relativement faibles des hémisphères pour que les mouvements volontaires ne soient pas abolis.
Au lieu d'enlever la totalité des hémisphères, on peut se contenter de les
décortiquer, de les dépouiller de leur ' ' couche grise à l'aide d'un filet d'eau chaude, à une pression suffisante pour éviter les hémorrhagies, ou bien encore de détruire cette couche g-rise par le
^ ^ FiG. 125. — Encéphale
thermocautère. Le résultat est le même de la grenouille : l oz/
lobes olfactifs ; H hé-
que dans l'ablation totale. misphôros; l o lobes
1 optiques ; B bulbe.
y) Couches optiques et corps striés. — Ces noyaux gris sont susceptibles d'être excités ou détruits après ouverture du crâne, soit en les mettant à nu par l'ablation d'une certaine quantité de l'écorce cérébrale et de la substance blanche qui les entoure, soit en agissant à travers les couches en question. Il est possible aussi de les détruire par hémorrhagies expérimentales ou injections interstitielles : on constate alors que les couches optiques sont des centres sensitifs et les corps striés des centres moteurs.
Les couches optiques se trouvant sur le trajet des fibres sensitives montant des cordons postérieurs à l'écorce cérébrale sont considérées, pour cette raison, comme centres servant de relais sensitifs, et les corps striés situés sur le trajet d'une partie des fibres descen-
128 CENTRES ENCÉPHALIQUES
dant de l'écorce vers les cordons antérieurs sont considérés comme des relais moteurs.
Il existe dans le cerveau des centres thermiques qui ont été nettement mis en évidence par nos recherches sur la calorification chez les marmottes. Ces centres ne se trouvent pas situés dans la couche corticale des hémisphères, car un sujet engourdi se réveille et se réchauffe complètement après la destruction de cette couche, tandis qu'après l'ablation des couches optiques et des corps striés, tout réchauffement automatique est impossible (i).
Système sympathique. — A côté du système nerveux cérébrospinal, nous trouvons le système nerveux grand sympathique.
Celui-ci est formé d'une double chaîne ganglionnaire : les deux chaînes, dont les ganglions nerveux sont reliés par des fibres longitudinales, sont situées à droite et à gauche de la colonne vertébrale qu'elles accompagnent dans toute sa longueur. Chaque ganglion reçoit d'une paire rachidienne un fdet ou rameau communiquant, qui établit la connexion avec le système cérébrospinal. Nous étudierons le système sympathique à propos de l'innervation du cœur et des vaisseaux.
(i) Raphaël Dubois. Recherches sur le mécanisme de la thermogenèse et du sommeil chez les mammifères. Annales de l'Université de Lyon, 1896.