‹ Leçons de physiologie, générale et comparéeChapitre 12 sur 24 · SOI · texte numérisé non relu

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moins philosophique et surtout moins conforme à l'état actuel de la Science; nous divisons les êtres vivants en deux grands embranchements : les animaux etlesvégétaux, bien qu'il n'existe pas entre ceux-ci et ceux-là de véritables limites, surtout au point de vue physiologique : nous arrivons ainsi à construire le tableau que je place sous vos yeux.

Sciences biologiques.

Morphologie et taxonomie.

Statique animale ou anatomie animale.

Cinémato-dynamique animale ou physiologie animale.

Cinémato-dynamique

végétale ou physiologie végétale.

Statique végétale ou anatomie végétale.

Morphologie végétale et taxonomie.

Morphologie descriptive

— comparée Classification Anatomie descriptive

— comparée

— générale Physiologie zoologique

— comparée ]

ontogéntque phylogénique

ontogéntque phylogénique

, . , . ( ontoa;enique

Phvsiolugtc comparée < , , . ?

D ' phylogénique

Physiologie générale ou comparée des animaux et des végétaux.

— botanique (microbiologie, etc.

Anatomie descriptive

( ontogénique

— comparée < , , ° . !

r ( phylogénique

— générale Morphologie descriptive

— comparée Classification.

En jetant un regard sur ce tableau, on comprend de suite le but de la physiologie générale, laquelle, en comparant ce qu'il y a de commun, au point de vue cinémato-dynamique, entre les animaux et les végétaux, cherche à dégager les lois fondamentales de la vie. Elle montre que la fixation de l'oxygène est une fonction propre à tous les êtres vivants. Mais si l'on veut savoir par quels mécanismes, plus ou moins compliqués, cette fonction générale est satisfaite, chez les animaux et chez les végétaux, par d'autres fonctions d'ordre accessoire, c'est à la physiologie comparée qu'il convient de s'adresser. La méthode employée consiste alors à suivre l'évolution des mécanismes fonction-, nels pendant le développement de l'embryon et dans la série des êtres. C'est la cinémato-dynamique biologique

considérée au point de vue ontogénique et phylogénique. Cette méthode est différente de celle de la biostatique comparée ou anatomie comparée. Tandis que le physiologiste s'occupe plus spécialement de ce qu'on appelait autrefois les organes analogues, Tanatomiste et le morphologiste s'attachent surtout à l'étude des organes homologues. Ce sont deux routes divergentes qui, nécessairement, ne conduisent pas au même but, ni aux mêmes déductions philosophiques.

Ainsi que je vous L'ai déjà fait remarquer, la coquille de l'œuf, l'area vasculosa, la vésicule allantoïde, la peau, l'intestin, les trachées, les branchies, les poumons, chez les divers animaux, sont des organes de la respiration et doivent être successivement passés en revue. Pour l'anatomiste, il n'y a aucun intérêt à étudier à part les organes de la marche, de la natation, du vol, de la préhension, etc. ; mais, au contraire, à rapprocher l'aile de l'oiseau ou de la Chauve-Souris, du bras du Singe et de la nageoire du Phoque.

Ce n'est que par une absence complète, et bien regrettable, d'esprit philosophique que certains biologistes arriérés pensent encore aujourd'hui que l'étude de la respiration se confond avec celle du poumon. C'est une conception à la fois antiphilosophique et antiphysiologique. Pouvait-on s'attendre à autre chose de la part de ceux qui ignorent la physiologie au point de la confondre avec la philosophie zoologique ?

Sans doute, la physiologie comparée exige la connaissance des organes, mais alors ces derniers doivent être considérés sous un jour particulier, et à un point de vue spécial qui ne sont pas ceux de l'anatomie.

Dans beaucoup de cas, l'organe est l'esclave de la fonction et l'individu utilise suivant les milieux celui qui peut le mieux la servir. Quelquefois pourtant, la fonction reste fidèlement attachée à l'organe, et ce n'est qu'en se

laissant guider par T étude de la fonction qu'il est possible de s'en apercevoir.

On savait bien que beaucoup d'invertébrés privés d'yeux étaient sensibles à la lumière, seulement on ignorait le siège et, a fortiori, le mécanisme de cette sensibilité.

En découvrant la fonction dermatoptique chez la Pholade dactyle, il m'a été possible, comme vous le savez, de combler ces deux lacunes, et de montrer que le tégument externe jouit des mêmes propriétés que la rétine de notre œil, et présente avec celle-ci la plus grande analogie de structure et de fonctionnement; mais, en somme, notre rétine n'est pas autre chose que la peau modifiée et, dans ce cas, la fonction est restée fidèle à l'organe.

Vous voyez figurer sur notre tableau les mots physiologie zoologique, et je vais vous expliquer le sens que j'y attache. On doit entendre par là l'étude des fonctions et des mécanismes propres à les satisfaire, considérés seulement dans une espèce déterminée. La physiologie anthropologique n'est qu'une branche de la physiologie zoologique. Quant à la physiologie botanique, elle s'applique aussi à la connaissance des fonctions des genres ou des espèces : celle des algues blanches ou microbes constitue la bactériologie, appelée encore microbiologie.

Mais la plupart des grandes fonctions des végétaux sont communes à ces êtres et aux animaux et doivent être étudiées en physiologie générale, à laquelle aboutit naturellement la physiologie végétale comparée.

Je vous ai dit que la physiologie avait pour objet l'étude des phénomènes, ou actes observés chez les êtres vivants, et la recherche des lois qui les gouvernent.

Ces actes coordonnés, dans un ordre déterminé, forment les fonctions et celles-ci ont pour but de satisfaire les besoins biologiques, c'est-à-dire de réaliser les conditions qui assurent la conservation, ou évolution de l'individu et de l'espèce.

On peut les grouper de la façon suivante :

Fonctions de la vie végétative ou organique.

Conservation

ou évolution

de l'individu

Nutrition

assimilation

désassimilation

Conservation ou évolution de

l'espèce,

ou fonctions de multiplication

ou de reproduction

digestion, absorption, circulation, respiration,

respiration, circulation, excrétion.

scissiparité, bourgeonnement, greffage, karyogamie, conjugaison, fécondation.

Fonctions de la vie de relation.

Production parles êtres vivants :

de la lumière, de l'électricité.

de la chaleur, du mouvement, du son, de la pensée, des forces de tension, de l'irritabilité.

Action sur les êtres vivants :

de la lumière, de l'électricité, de la chaleur, du mouvement, du son,

des excitants chimiques, de l'énergie évolutrice.

Mais on ne doit pas oublier que toutes les parties d'un organisme sont solidaires, et que l'irritabilité ne peut se manifester sans le dégagement, à l'état de forces vives, de l'énergie de tension accumulée parla nutrition.

Enfin, est-il nécessaire de vous rappeler que la conservation de l'espèce ne peut être assurée que par celle de l'individu, et que la reproduction n'est qu'une conséquence de la croissance, par conséquent, de la nutrition?

Les divisions que je vous propose sont certainement artificielles, mais elles m'ont paru se prêter, plus facilement que d'autres, à l'étude de la physiologie générale et comparée. On peut les simplifier encore, ainsi que vous le montre cet autre tableau.

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