INCISIONS
vous cependant nous dispenser d'indiquer comment il faut tenir le scalpel: inutile de dire que cet instrument doit être tenu solidement, ici encore plus que dans les dissections simples, puisque nous avons affaire à des sujets qui peuvent remuer et nous déranger brusquement : mais, de quelque manière qu'on manie le scalpel, ses positions peuvent se réduire à trois.
1° On le tient comme un couteau ù découper (fi g. 43), c'est-à-dire le manche en plein dans la paume de la
Fie. 43. — Scalpel tenu comme un couteau à découper.
main, l'index appliqué sur la partie dorsale de la lame. C'est la position prise pour développer beaucoup de force , pour appuyer avec énergie. On peut varier cette position en tournant le tranchant en haut; alors l'index vient appuyer un peu plus en arrière, vers la jonction du manche et de la lame : c'est ainsi qu'on
tient l'instrument pour couper un pli fait à la peau (%• 44).
FlG. 4i. — Autre position du scalpel tenu comme un couteau à ' Incision de dedans en dehors.
2° On le tient comme une plume à écrire (fig. 45). Cette position présente encore une certaine solidité;
FlG. 45. — Scalpel tenu comme une plume à écrire.
mais elle est surtout utile par sa légèreté : c'est ainsi que l'on dissèque une artère, un nerf, et en général les
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organes délicats. Ou varie cette position en tournant en haut le tranchant de la lame, et c'est ainsi qu'on opère pour percer une cavité, pour traverser la paroi d'un viscère, d'un réservoir ou d'un canal (fig. 46).
Fig. 46. — Autre position du scalpel tenu comme une plume à écrire.
3° Enfin on le tient comme un archet {fig. 47) : c'est
Fig. il. — Scalpel tenu comme un arch
la position qui donne le plus de légèreté et de délicatesse
au mouvement. C'est ainsi que l'on coupe des parties délicates sur un organe à ménager; c'est ainsi que l'on sectionne un reste d'aponévrose sur un organe déjà dénudé. On peut porter la lame en avant ou en arrière, de façon à inciser en ramenant vers soi (fîç. 48).
Fio. -18. — Autre position du scalpel tenu comme un archet. Incision (a) sur la sonde cannelée d'une aponévrose (b),
B. Incisions. — Nous ne nous arrêterons pas longuement sur les incisions et les différentes formes que l'on peut leur donner : les chirurgiens, clans leurs traités de médecine opératoire, décrivent des incisions simples et des incisions composées en T, en V, en croix, en croissant, en quadrilatère. Nous insisterons seulement, sur la distinction des incisions selon qu'elles se pratiquent de dehors en dedans ou de dedans en dehors.
Les incisions de dehors en dedans se pratiquent de préférence avec les scalpels à tranchant plus ou moins convexe : c'est d'ordinaire le tégument externe, ou l'enveloppe, ou les membranes superficielles que l'on incise ainsi; à cet effet, la peau, par exemple, est
incisions. :>o|
tendue entre les indicateurs et les autres doigts, ou bien on la fait soulever par les deux mains d'un aide en un pli que l'on divise perpendiculairement (%. 49).
Les incisions </<■ dedans en dehors se pratiquent avec ou sans conducteur. Si l'on ne se sert point d'un conducteur, on se contente (fig. 46) d'enfoncer plus ou moins perpendiculairement le scalpel au travers des téguments, puis on l'incline sous un angle d'environ 45 degrés; pressant alors sur l'instrument en le ramenant à soi, on donne à l'incision la longueur voulue et on la termine nettement en relevant la lame à angle droit. On peut encore enfoncer , comme le
montre la figure 44, la lame de part en part au travers d'un pli cutané, et faire ensuite agir le tranchant soit de manière à tailler un lambeau, soit de façon à pratiquer un trajet analogue à celui que les chirurgiens ou les vétérinaires mettent en usage pour passer un séton. Si Ton se sert d'un conducteur, c'est-à-dire de la sonde cannelée (fig. 37, n° 10), on introduit l'extrémité de celle-ci (//, fig. 48) au-dessous de la portion de tégument ou de la lamelle aponévrotique que l'on veut diviser (ô, fig. 48), puis on porte la pointe du bistouri sur la cannelure, et, après avoir incliné la lame en la
de dehors en de
rapprochant de la sonde, on la fait glisser sur celle-ci, de telle sorte qu'elle divise les parties qu'elle soulève.
C. Sutures. — Les sutures ne méritent guère de fixer longtemps notre attention : nous employons généralement la suture à surjet ou à points entrecoupés. Mais nous devons déclarer tout de suite qu'il est rare que les sutures réussissent, en physiologie opératoire, pour obtenir une réunion par première intention ; nous n'avons, du reste, que rarement occasion de désirer une réunion de en genre.
L'instrumentation nécessaire pour faire une suture quelconque se compose : 1" de fils de lin, de soie, ou de fils métalliques ; 2" d'aiguilles de formes diverses, les unes droites, les autres courbes (fig. 50, 3), mais toujours bien effilées et tranchantes à leur extrémité, car les téguments des animaux, encore plus (pie ceux de
Fig. 50. — Aiguilles et porte-aiguille.
1, porte-aiguille (ou pinces à manche) droit
2, porte- aiguille à bec; 2' détails de 1 face interne 'les mors du porte-aiguille
3, aiguilles droites et courbées.