INJECTIONS INTRA-VE1NEUSES
au-dessus (en d), elle s'est affaissée dans toute la partie au dessous (en e .
11 s'agit alors de pratiquer l'injection dans cette veine ; on y introduit à cet effet une canule. Pour cela on sou-
lève sur l'index de la main gauche la portion de veine qui est vide, et avec de fins ciseaux on pratique sur la paroi vasculaire une incision oblique (fig. 86, n° 2). Introduisant alors dans la lumière du vaisseau l'une des pointes des ciseaux, pointequi est boutonnée précisément pour pouvoir être introduite sans éraillure des tuniques vasculaires, on incise de nouveau la paroi vasculaire parallèlement à l'axe du vaisseau (fig. $iï, n° 2'): il en résulte une incision à trois branches, ayant la forme d'un fer de flèche et très-propre à laisser pénétrer avec facilité l'extrémité d'une canule, comme le montre le numéro 3 de la figure 86. C'est alors que l'anse de fil restée libre est utilisée (/?, //) pour fixer fortement en i la paroi vasculaire sur la canule qui y est engagée. Si l'injection était faite avec une petite seringue àca-
FlG. 87. — Injection intra-vcinciise avec une seringue à petite canule acérée (a).
nule acérée, comme celles que nous avons décrites à
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propos des injections sous-cutanées p. 215), on pourrait simplifier beaucoup ces diverses opérations. Alors, après avoir mis la veine à nu, on se contente de la comprimer en un point avec un doigt (le médius par exemple, fig. 87),
afin de la taire se gonfler au-dessus de ce point; comprimant alors avec l'index un peu au-dessus de l'endroit où esl appliqué le médius, on fait saillir une portion (a) de vaisseau, portion très-gonflée de sang et dans laquelle il est très-facile d'introduire par ponction directe la canule acérée (fig. 87).
C'est ainsi que l'on peut pratiquer les injections les plus variées, sur lesquelles nous aurons à nous expliquer longuement par la suite. Si, par exemple, nous choisissons comme expérience type une injection iï hydrogène sulfuré, après les manœuvres précédentes, nous injecterons une solution de gaz avec une grande lenteur ; poussée trop vite, une injection, ne fût-elle composée que d'eau pure, pourrait tuer subitement l'animal. Si la lenteur de lMnjection est suffisante, on voit à peine noircir le papier d'acétate de plomb placé sous le nez de l'animal au contact de l'air expiré ; si l'on pousse un peu plus rapidement, le papier noircit très-vite et très-fort. C'est que l'hydrogène sulfuré, pénétrant très-lentement, est détruit avant d'arriver au poumon ; mais s'il pénètre en plus grande abondance, il arrive jusqu'à la surface pulmonaire où il est exhalé ; enfin, s'il y en a un grand excès, l'air du poumon en est saturé, l'animal le respire, et il meurt cette fois empoisonné par ce gaz, ou du moins il présente dans tous les cas les symptômes de l'empoisonnement. Ainsi cetexemple est excellent pour montrer
que, dans les expériences de ce genre, tout, même la mort de l'animal, dépend de la vitesse et de la régularité avec laquelle est pratiquée l'injection.
On peut aussi expérimenter en injectant dans le sang veineux un gaz à l'état de gaz libre, pourvu que ce gaz soit soluble dans le sang: ainsi on n'injectera ni de l'azote, ni de l'air ordinaire ; mais on pourra injecter des quantités énormes ^hydrogène sulfuré ou d'acide carbonique à l'état de gaz.
Nous avons pris comme type l'opération pratiquée sur la veine jugulaire d'un chien, elle se fait de même sur le lapin. La figure 88 montre que chez cet animal la
ixio jugulaire du lapin : direction de l'incision (a, b) par laquelle 'on arrive sur cotte veine.
direction de la veine est la môme, et que, par suite, celle de l'incision doit être semblable.
Les opérations faites sur la veine jugulaire doivent être rapprochées ici de celles que nous faisons sur le vaisseau artériel du cou, sur la carotide. Cette artère est
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profondémenl située sur les côtés de la trachée, accompagnée par le pneumogastrique, avec lequel le grand sympathique se trouve confondu (chez le chien); nous avons déjà dit que sa veine satellite, la jugulaire interne. est très-petite.
Les carotides naissent de la crosse de l'aorte, mais cette origine ne présente pas chez le chien les mêmes dispositions que chez l'homme. Rappelons que chez le chien, ainsi que nous l'avons déjà vu page 248, on trouve à droite un tronc unique pour la sous-clavière droite, la carotide droite et la carotide gauche; puis à gauche, un tronc isolé qui est la sous-elavière gauche. Cette artère (la carotide) a pour direction celle d'une ligne qui de l'angle de la mâchoire se porterait vers la partie externe du sternum. Elle forme donc, avec la direction précédemment indiquée de la jugulaire externe, les deux côtés d'un triangle qui aurait pour base la moitié de l'espace qui sépare le sternum de l'articulation de l'épaule.
On peut mettre l'artère à nu en pratiquant une incision d'après la direction que nous venons d'indiquer; mais ce procédé est assez délicat, car il nous force de contourner ou de couper le sterno-mastoïdien ; il est aussi très-peu avantageux, -car il ne nous donne accès que sur un seul vaisseau, sur la carotide elle-même.
Il est un autre procédé d'incision qui nous permet d'atteindre à la fois tous les organes importants du cou, y compris la carotide : il consiste à couper verticalement sur la ligne médiane, sur le raphé du cou, en prenant la saillie de la trachée comme guide. Une fois la trachée à nu. on n'a qu'à détacher le tissu cellulaire qui se trouve
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sur ses côtés, et l'on arrive aussitôt sur tous les organes importants de la région cervicale antéro-latérale. C'est ainsi qu'on arrive sur la carotide. On agit alors sur ce vaisseau à peu près comme sur la veine: on l'isole, on place une serre-fine sur sa partie centrale, on saisit le vaisseau sur le doigt, on l'incise avec des ciseaux, d'abord en bec de flûte, puis parallèlement à l'axe du canal, et enfin on y introduit un petit tube ou une canule sur laquelle on le lie avec les fils préalablement passés audessous de lui.
On peut alors pratiquer une injection, mais le plus souvent l'opération que nous venons de décrire a un autre but : c'est de tirer du sang que l'on veut analyser; ou plus souvent encore d'étudier certains phénomènes mécaniques de la circulation. Ainsi, par l'incision que nous avons pratiquée, nous pouvons introduire tous les instruments employés pour expérimenter sur la pression, sur la vitesse, sur les pulsations de la colonne sanguine artérielle. Quand ces expériences sont terminées, on retire les instruments et l'on fait une ligature sur le vaisseau.
Nous l'avons dit, on préfère généralement les veines aux artères pour pratiquer les injections vasculaires. Cependant nous savons que les substances injectées n'agissent que lorsqu'elles sont parvenues dans le système artériel, pour être portées par lui vers les éléments anatomiques. Il n'est donc, en somme, rien de plus rationnel que de pratiquer des injections dans les vaisseaux à sang rouge; et c'est ce que l'on fait, en effet, dans certains buts spéciaux. Ainsi, nous avons déjà dit que le