ACTES MÉCANIQUES ET CHIMIQUES
Chaussier et Diunas, de Montpellier, regardaient le sue gastrique comme de composition très-variable, tantôt alcalin, tantôt acide, selon les aliments ingérés. A côté de ces opinions entièrement hypothétiques, quelques résultats expérimentaux avaient conduit à des conceptions tout aussi erronées, faute d'une critique expérimentale rigoureuse : c'est ainsi que Montègre niait l'existence du suc gastrique comme liquide particulier; ce qu'on prenait, disait-il, pour du suc gastrique, n'était, pour Ini, que de la salive arrivée dans l'estomac et devenue acide. Il faisait, pour le démontrer, l'expérience suivante : il mâchait un morceau de pain, puis le déposait sur une assiette ; cette bouillie était d'abord alcaline, puis, au bout de quelque temps, elle devenait acide. A cette époque (1813), cette expérience était en effet assez embarrassante pour les partisans de l'existence d'un suc gastrique propre ; nous n'avons pas aujourd'hui besoin de la réfuter.
Ces quelques exemples suffisent pour montrer combien les physiologistes étaient peu fixés sur la nature et sur les propriétés du suc gastrique. C'est alors (1823) que l'Académie eut l'heureuse initiative de proposer la digestion comme question de prix. Tiedemann etGmelin en Allemagne, Leuret et Lassaigne en France, répondirent k cet appel par des travaux d'un égal mérite, et l'Académie partagea le prix entre eux. Le travail de Tiedemann etGmelin nous intéresse plus particulièrement par le grand nombre d'expériences entreprises par ces auteurs^ et desquelles résultèrent et la démonstration absolue de l'existence du suc gastrique et l'étude de la