FISTULES SALIVAIRES
iniques précises, qui vous permeltront de répéter vousmêmes l'expérience.
Chez le cheval, la glande parotide est située en partie au-dessous, en partie en avant de l'oreille externe (voy. fig. 108 : les contours de la glande sont indiqués par une ligne pointillée). Les nombreux conduits qui émanent de ses lobules s'anastomosent successivement entre eux, de manière à constituer un tronc considérable, lequel, après s'être dirigé pendant un certain temps en bas, se relève de nouveau vers la bouche et
FiG. 108. — Canal excréteur de la parotide chez le cheval ; tr.ijet de ce canal ; ses rapports avec les nerfs et vaisseaux faciaux.
pénètre dans la cavité buccale au niveau delà deuxième molaire. Il décrit ainsi une courbe (fig. i08) dont la concavité embrasse la branche montante de la mâchoire inférieure. Lorsqu'on ouvre ce tronc, il faut avoir bien soin d'éviter les vaisseaux et nerf faciaux qui le croisent.
Pour ne pas léser ces organes importants, il faut se
guider pendant l'opération sur le bord antérieur du niasséter. Faites l'incision le long de son tiers inférieur, et vous arriverez immédiatement sur le conduit parotidien, précisément au point oi^i il change de direction pour se porter vers la bouche (fig. 108). On peut impunément le diviser en ce point, pour y introduire un petit tube.
Celui dont nous allons nous servir ici est en argent et renferme un stylel (fig. 109), qui sert à le netloyer lorsqu'il vient cà s'obstruer, et qui rend son introduction plus facile. Le conduit excréteur est ensuite lié sur le tube, immédiatement au-dessus du point où il a été introduit.
Nous pratiquons ici l'expérience sur un animal vivant. Vous voyez qu'il ne s'échappe pas une seule ojoutle de salive au moment où le tube est introduit dans le canal de Slénon.
Fig. 109. — Soudes avec stylet central (mandrin) pour les fistules salivaircs.
Ces sondes (A, B, C) sont de divers calibres, pour servir aux divers animaux (chien, cheval, etc.) et aux diverses glandes ; les petits cercles a, 6, c reiu'ésentcnt la coupe (le calibre) de ces glandes ou canules.
Le même procédé est applicable à la plupart des herbivores. Chez le lapin cependant les parties sont disposées tout différemment ; mais le canal de Stéuon présente les mêmes rapports que
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chez le chien. 11 faut donc opérer comme chez ce dernier.
Le canal parotidien du chien traverse les fibres musculaires du masséter et, suivant un trajet direct, vient
FlG. 110. — Canal parolidieii du chien ; ses rapporls avec l'artère faciale
et le nerf facial.
s'ouvrir dans la bouche au niveau de la deuxième molaire. Pour faire la même opération que tout à l'heure, il faut sentir le bord inférieur de l'arcade zygomatique et le suivre de son extrémité postérieure à son extrémité antérieure. On découvrira ainsi une petite dépression qui correspond au point oîi le conduit pénètre dans la bouche. Faites une incision transversale en ce point, et vous le trouverez facilement; mais auparavant il faut disséquer avec soin les vaisseaux et nerf faciaux qui pas.sent en avant, et les écarter ensuite avec une sonde courbe. Le conduit apparaît immédiatement au-dessous : il ne reste plus qu'à louvrir et à y plonger un tube.
Nous pratiquons ici l'expérience sur un chien de moyenne taille. Au moment où lé conduit est ouvert, l'animal pousse quelques cris plaintifs. Cela prouve que le conduit parotidien est quelquefois doué de sensibilité, bien que le contraire ait lieu le plus souvent.
Vous voyez. Messieurs, qu'il ne sort pas en ce moment une seule goutte de salive du tube; c'est qu'en effet ce liquide n'est généralement sécrété que pendant la mastication et la déglutition, ou bien sous l'impression d'une vive douleur ou d'une saveur énergique. Vous savez parfaitement que certaines influences morales peuvent aussi exciter cette sécrétion ; le fait est bien établi pour l'homme et peut être également vérifié chez les animaux inférieurs. Le cheval sur lequel je viens d'opérer devant vous n'a pas mangé depuis plusieurs heures. La simple vue des alimeuts va provoquer immédiatement une abondante sécrétion. Nous faisons apporter une botte de foin : l'auimal témoigne une grande excitation, et un jet de salive s'écoule du tube.
Les acides toutefois sont, de tous les agents, les plus puissants à exciter les glandes salivaires. Berzelius avait déjà remarqué, il y a quelques années, que les sécrétions alcalines étaient excitées par les substances acides, et vice versa; or, la salive étant une sécrétion alcaline peut être produite par l'action des acides sur les nerfs gustatifs, tandis que les alcalins demeurent relativement sans action sur elle.
Nous pratiquons l'expérience sur un chien, dans le conduit parotidien duquel on a préalablement introduit un tube. On verse quelques gouttes de vinaigre dans la
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bouche de l'animal, et l'on voit aussitôt la salive s'écouler goutte à goutte par le tube. On remplace ensuite le vinaigre par une solution alcaline, et l'on n'obtient aucun résultat appréciable.
Examinons maintenant la salive que nous avons recueillie chez ces deux animaux. Chez le chien, comme vous le voyez, c'est un liquide limpide, incolore, d'une réaction fortement alcaline.
Mais il n'en est pas toujours ainsi. Nous trouvons, en effet, dans le grand ouvrage de Tiedemann et Gmelin, sur les liquides digestifs, qu'après avoir divisé le conduit parotidien d'un chien et avoir plongé son extrémité dans un petit flacon de verre, ils ont recueilli dix grammes d'un liquide visqueux, ressemblant beaucoup à première vue à l'albumine. Telles seraient, suivant ces observateurs, les propriétés caractéristiques de la sécrétion parotidienne. Leur conclusion , vous le voyez, diffère absolument de celle à laquelle nous venons d'arriver, et si vous répétiez l'expérience sur dix ou douze animaux, vous auriez probablement une ou deux fois le même résultat.
Comment expliquer cette contradiction apparente? La raison en est dans une disposition anatomique spéciale. Il arrive quelquefois qu'avant de s'ouvrir dans la bouche, le canal de Sténon reçoit l'anastomose des canaux excréteurs de deux ou trois petites glandes mucipares {ci, fig. lli), qui mélangent ainsi leur propre sécrétion au liquide parotidien. Rien n'est plus facile à démontrer que cela. 11 suffit , chez les animaux qui présentent cette conformation, d'ouvrir le canal
au-dessus du point où il est rejoint par ces conduits accessoires, et vous obtiendrez la sécrétion normale et pure de la glande, telle que nous venons de vous la
FiG. 111. — Claude parolidicnno (a, a) du cliioii, ot glandes inucipHrcs {a', a") qui s'abouchent parfois dans le canal parotidicn (b,b}.
montrer. Cette disposition anatomique, qui est exceptionnelle chez le chien, est au contraire normale chez l'homme.
Notre salive parotidienne , au moment qu'elle se déverse dans la bouche, jouit donc toujours d'un certain degré de viscosité. De tous les animaux, c'est le chien qui, sous ce rapport, se rapproche le plus de notre propre organisation.
Quant à la salive recueillie chez le cheval, vous voyez qu'elle offre au contraire une apparence visqueuse; comme celle du chien, elle a une réaction fortement alcaline; mais la chaleur et l'acide nitrique en précipitent une substance albumineusS, laquelle paraît spéciale à. la race chevaline, bien (jue sa composition chimique n'ait pas encore été exactement reconnue.