FISTULES SALIVAIRES
Examinons maintenant quelqnes-uns des caractères les plus importants de la sécrétion en elle-même, en dehors de la nature du liquide sécrété.
Lorsqu'on a introduit un tube dans le conduit parotidien sur un animal vivant (fig. 11*2 et 113) , on constate facilement que la salive ne s'écoule que par
ec-f-
FlG. 112. — Fistule parolidienne chez le cheval, avec canule et petit sac pour recueillir la, salive.
a, canal de Sténon dans lequel est engagé le tube e; 6, branche du nerf facial; c, artère faciale; /", q, h, détails du robinet et de l'ajutage du petit sac qui reçoit la salive du tube e.
intervalles. Chez le cheval, qui en émet des quantités prodigieuses pendant la mastication, la sécrétion cesse brusquement de temps à autre , et cela alors même fiue la mastication contmue. La raison —,
de ce singulier phénomène est longtemps demeurée incertaine : nous
savons maintenant que I-'g. 113.- Fistule parotldienne chez le chien.
(Lettres coranio dans la figure 112.)
la glande placée du côté
de la bouche où a lieu la mastication suffit presque
entièrement à l'insalivalion des aliments; quand donc, ainsi que cela a été pratiqué sur l'animal que vous avez sous les yeux, on a placé un tube dans les deux conduits, il est clair que, pendant la mastication, les deux parotides entrent alternativement en action; pendant que l'une sécrète, l'autre est au repos. Le cheval sur lequel nous avons opéré est en train en ce moment de satisfaire sa faim; et vous voyez que la salive, bien qu'abondante, ne s'écoule que d'un seul côté à la fois. A l'état normal, la composition chimique de la salive, pour une même glande, demeure invariablement la même : elle peut cependant renfermer accidentellement des substances étrangères, Nous saisissons avec empressement cette occasion de vous montrer, dans tout son jour, l'action élective des glandes : la sécrétion que nous étudions en ce moment offre un exemple remarquable de cette singulière propriété. Parmi les différentes substances introduites dans le sang, nous en trouvons qui passent presque instantanément dans la salive; l'iode et ses divers composés jouissent de cette propriété. D'autres substances n'y pénètrent qu'avec la plus grande difficulté: les sels de fer appartiennent pour la plupart à cette dernière classe. Une expérience directe va vous permettre d'en juger par vous-mêmes. Nous ouvrons la veine crurale d'un chien et nous introduisons dans le vaisseau l'extrémité d'une petite seringue. Par cette seringue, nous injectons une certaine quantité (cinq centimètres cubes) d'une solulion au centième de prussiate jaune de potasse, en môme temps qu'une quantité égale d'une solution semblable d'iodure de po-