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VINGT-QUATRIÈME LEÇON

Sommaire : Expériences nouvelles démontrant que le nerf moteur de la parotide est fourni par le facial au norf auriculo-temporal superficiel. — Son trajet et sa distribution. — Résultats importants de la découverte de ce nerf. — Différence de coloration du sang veineux de la parotide à l'état de repos et à l'état d'activité. — La sécrétion salivaire peut être provoquée par la piqûre de certains centres nerveux. — Influence du trijumeau.

— Inlluence des poisons. — Comparaison entre le nerf moteur de la jiarotide et celui de la sous-maxillaire. — Cette dernière est infiniment plus sensible à l'action des agents extérieurs que la parotide. — Estimation de cette différence par l'appareil de Du Bois-Reymoiid. — Moyens divers de modifier, d'augmenter ou de diminuer k volonté cetî:' sensibilité relative.

— La section du grand sympathique augmente l;i sensibilité de la glande du côté correspondant. — Exemples de phénomènes analogues qui se passent en d'autres points du corps. — Inflammation de la conjonctive consécutive à une opération analogue. — Le grand sympathique fait contracter les vaisseaux, tandis que les nerfs moteurs de la sécrétion les dilatent. — Démonstration expérimentale de la sensibilité relative des glandes et des effets de la section du sympathique.

Messieurs,

Nousavons poursuivi la série des expériences que nous avions commencées sur le nerf moteur de la parotide. Nous n'avons pas rencontré trop de difficultés dans nos observations nouvelles: cela tient k ce que notre première expérience nous avait déjà fait connaître que le nerf dont il s'agit est une branche de rauriculo-tcmporal. Or, vous savez très-bien que cette dernière division de la cinquième paire présente des anastomoses innoml)rables avec les rameaux du facial. Il est dès lors évident que, loin de contredire les résultats de nos expériences sur la section du flicial dans l'intérieur du

crâne, nos dernières recherches ne tendent qu'à les confirmer. Le nerf qui anime la parolide et qui préside à sa sécrétion doit, par suite, n'être autre chose qu'une des branches anastomofiqiies entre le facial et le nerf auriculo-temporal superficiel. Au niveau du condyle de la mâchoire, ce nerf fournit une petite branche qui suit le trajet de la maxillaire interne, en sens inverse du cours du sang, elle pénétre enfin dansla glande parotide où elle se répand en abondantes ramifications. C'est à ce petit plexus que nous devons attribuer le pouvoir moteur de la glande. Si nous vouions arrêter la sécrétion, c'est lui que nous devons extirper complètement par la dissection. Ce résultat, nous l'avons obtenu sur deux nouveaux chiens.

La découverte des propriétés de ce faisceau nerveux offre beaucoup d'intérêt à différents points de vue. Rappelez-vous les opinions ((ui avaient cours encore tout récemment au sujet de la parolide : on la considérait comme absolument passive dans l'acte de l'insalivation; tous les physiologistes la regardaient comme une sorte d'épongé qui se trouvait comprimée par les mouvements de mastication de l'animal. C'est à ces mouvements donc qu'était attribué l'écoulement salivaire. Il est bien vrai que la glande devient active pendant la trituration des substances alimentaires, et jusqu'à présent on n'avait découvert aucun filament nerveux dont l'excitation directe parût stimuler la sécrétion. Les conclusions que l'on déduisait de là paraissaient dès lors tout à fait légitimes. Aujourd'hui une telle opinion n'est plus admissible.

Pendant la galvanisation de ce nerf, de ce filament qui n'a plus d'action du moment qu'il est coupé, vous n'observez aucune douleur, aucun mouvement. Les mâchoires sont immobiles. Ce n'est donc pas à la mastication qu'il convient d'attribuer le jet de salive qui apparaît après la galvanisation. C'est là un point important acquis aujourd'hui à la science.

La glande parotide ne joue pas un rôle absolument passif dans l'insalivation des aliments.

Mais cette découverte peut être utilisée à un point de vue plus général dans l'étude de la circulation des glandes. Le mécanisme do la sécrétion était autrefois expliqué par une hypothèse fondée sur des données purement mécaniques. On pensait que la tension du sang dans les vaisseaux des glandes déterminaità travers leurs parois une transsudation qui avait pour effet de verser dans les acini un produit particulier pour chacun des organes sécréteurs. Ludwig a clairement démontré combien cette hypothèse était inadmissible ; il a prouvé qu'on pouvait soumettre les glandes à une pression beaucoup plus considérable que celle qui résulte de la circulation du sang, sansenlraver le moins du monde l'activité de leur sécrétion. Pour cela il adapte un manomètre au conduit excréteur de la glande sous-maxillaire ; il lie ensuite ce conduit de manière à empêcher complètement l'issue des produits de sécrétion. Cela fait, il excite, au moyen de la galvanisation, le nerf moteur de la glande, c'est-à-dire la corde du tympan. En opérant de cette manière, on obtient, par l'accumulation de la salive, une pression de trente ou même quarante centimètres. Cette

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