CL. BERNARD. — Phj'siol. opér
pression agit évidemment en sens inverse de celle du sang; malgré cela, la sécrétion continue sans interruption. La sécrétion des glandes n'est donc pas due à une cause purement mécanique : cela est démontré par l'étude rationnelle de la circulation dans les petits vaisseaux qui communiquent et correspondent avec les organes de sécrétion.
Tant que la glande est à l'état de repos, son sang veineux est noir; mais à peine commence-t-elle à entrer en activité, que le sang devient rouge, semblable à celui des artères; et si l'on coupe alors la veine, le sang sort par saccades, comme si l'on venait de couper une artère. Il semble dès lors, à première vue, que la circulation de la glande est accélérée et que la sécrétion est le résultat de cette nouvelle modification.
Mais de telles conditions ne sauraient suffire, à elles seules, à déterminer le phénomène physiologique; il faut encore que l'action nerveuse entre en jeu. Lorsque nous excitons la sécrétion au moyen des sensations produites par les substances sapides, il devient très-difficile de faire la part du rôle de la circulation dans l'intérieur de la glande et la part des phénomènes qui se passent dans les parties voisines. L'animal exécute des mouvements de déglutition, remue ses mâchoires et fait affluer ainsi le sang de tous côtés vers les vaisseaux de la glande. Rien de semblable n'a lieu lorsque nous avons recours à la galvanisation directe du nerf moteur sécrétoire. L'animal n'éprouve pas^ alors la moindre sensation ; il reste immobile, et la circulation s'effectue avec la régularité la plus parfaite. C'estj
alors que l'observateur se trouve placé dans des conditions excellentes pour l'étudier. Nous avons déjà adopté, pour la glande sous-inaxillaire, un procédé propre à élucider ce point de la science; mais il nous a été jusqu'ici impossible de répéter l'expérience sur la parotide, et c'est principalement en vue de cet objet (jue nous avons entrepris la recherche du filet moteur de cette dernière glande.
En effet, si l'on arrivait à pouvoir comparer, loupe et scalpel en rnain, les sécrétions de deux glandes diflférentes, telles que la parotide et la sous-maxillaire ; si l'on pouvait saisir d'un seul regard les différences et les analogies qui existent entre elles, on aurait fait un pas immense vers la découverte de l'essence même de celte importante fonction physiologique.
L'étude des propriétés du filet nerveux qui nous occupe, est pleine d'intérêt sous d'autres rapports. Nous savons, par exemple, qu'en injectant dans le torrent circulatoire certaines substances, on détermine une puissante excitation de la sécrétion salivaire. C'est une question que nous nous proposons d'examiner, dans le but principal de nous rendre compte de l'action nerveuse qui entre ici en jeu.
J'ai démontré autrefois, dans le cours de mes recherches sur la production du diabète par la lésion de certaines parties de l'encéphale, qu'une salivation abondante survenait chez les animaux lorsqu'on piquait certains points limités. La blessure qui détermine ces accidents doit être faite sur le plancher du quatrième ventricule. Si l'instrument tranchant dévie à droite ou
à gauche, au lieu de porter directement sur la ligne médiane, on observe une diminution de l'écoulement salivaire de la glande dujnôme côté ; mais quand la piqûre siège exactement sur la ligne médiane, l'écoulement est le même pour les deux glandes.
Nous avons aussi remarqué que la glande sousmaxillaire fournit plus de salive que la parotide. A quoi faut-il attribuer cette différence? On pique le plancher du quatrième ventricule, mais la salivation ne se jiroduit que lorsque la pointe de l'instrument tranchant, dirigée en avant, vient intéresser les parties voisines de l'origine de la cinquième paire. Il semblerait, d'après cela, qu'une blessure intéressant directement le centre nerveux, qui préside aux fonctions salivaires, doit immédiatement provoquer la sécrétion à laquelle il est attaché. En fait, nous savons que c'est par l'intermédiaire de la cinquième paire que se produisent la plupart des actions réflexes qui exercent sur les glandes salivaires une influence si considérable. On peut dire que c'est à ce nerf que vient aboutir la plus grande partie des impressions gustatives, qui sont la source ordinaire de Técoulement salivaire.
Nous avons souvent rejeté une expérience qui vient confirmer la vérité de ce que nous venons d'exposer. Coupez le nerf lingual et galvanisez son extrémité périphérique : vous n'obtiendrez aucun résultat. Donnez du vinaigre à l'animal en expérience : vous ne noterez encore aucun effet, puisque vous avez divisé le nerf chargé de transmettre l'impression. Mais si vous galvanisez l'autre bout du nerf, en aQ;issant ainsi directe-