‹ Leçons de physiologie opératoireChapitre 125 sur 163 · INNERVATION DES GLANDES SALIVAIRES · texte numérisé non relu

INNERVATION DES GLANDES SALIVAIRES

Après avoir isolé avec soin le nerf sur un animal vivant, nous l'avons divisé dans le but de constater les effets de la galvanisation de son bout périphérique. Les résultats que nous avons obtenus ainsi sont frappants; on voit survenir une sécrétion abondante, et le sang veineux devient d'un rouge vif, phénomène que l'on observe invariablement quand les glandes sont à l'état d'activité, et que nous retrouverons en étudiant l'histoire de la sécrétion sous-maxillaire. Les nerfs qui président à cette dernière sécrétion possèdent un degré de sensibilité beaucoup plus grand que les filets moteurs de la parotide. L'action d'an courant électrique donné exerce une influence beaucoup plus considérable sur la corde du tympan ([ue sur son congénère. Il est facilede démontrer celte différence remarquable au moyen de l'appareil de DuBois-Reymond, qui permet de mesurer l'intensité des courants galvaniques. En fait, pour produire des effets égaux sur les deux glandes, il faut agir sur le nerf de la parotide avec un courant dont la force est représentée par dix-sept divisions de l'instrument, tandis que la force du courant nécessaire pour agir sur la corde du tympan serait représentée par vingt-sept divisions. La différence est ainsi bien marquée.

On obtient des résultats tout à fait analogues en versant de l'eau vinaigrée sur la langue d'un animal, après avoir placé des tubes dans les deux conduits excréteurs. On voit alors la sécrétion sous-maxillaire commencer sous une influence qui ne produit pasle moindre effet sur la parotide. Il ne faudrait pas cependant

supposer que la corde du tympan est douée, si je puis m'exprimer ainsi, d'une affinité élective pour le fluide électrique. Non, tous les excitants possèdent, à un égal degré, le pouvoir d'impressionner davantage ce nerf que son congénère. Un phénomène analogue s'observe dans les difTérents groupes musculaires qui servent à la locomotion. Et vous savez qu'en règle générale, en ce qui concerne l'influence des agents extérieurs, les organes difîèrent considérablement les uns des autres. L'action des agents thérapeutiques et des poisons nous en donne chaque jour de nouvelles preuves.

Mais nous sommes en possession d'une série de moyens propres à modifier, augmenter ou diminuer à volonté cette sensibilité relative. Si, par exemple, après avoir divisé le grand sympathique d'un seul côté, nous galvanisons la corde du tympan, nous constaterons que la glande soustraite à l'influence nerveuse du grand sympathique devient beaucoup plus sensible à l'action du fluide galvanique que celle du côté opposé. A l'appui de ces expériences, nous pourrions nous reporter à un grand nombre de faits bien connus qui prouvent combien la sensibilité est accrue par la section du sympathique, comme le démontre l'élévation de la température dans les organes qui ont été soumis à ce genre de mutilation. Si vous divisez, d'un côté, les filets sympathiques qui vont se distribuer au globe oculaire, vous constaterez bientôt une notable hyperesthésie de la conjonctive correspondante. Pourquoi donc serions-nous surpris de l'antagonisme qui existe entre le grand sympathique et les nerfs moteurs qui président cà la sécrétion ?

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