INNERVATION DES GLANDES SALIVAIRES
Ne savons-nous pas que le sympathique fait contracter les vaisseaux, tandis que les nerfs attachés à la sécrétion ont précisément un effet contraire? Tel est le cas de la glande parotide.
Les effets qui résultent de la section du grand sympathique ne contredisent en aucune manière ce que nous vous avons dit de la sensibilité des deux glandes parotide et sous-n)axillaire. Nous allons vous en donner la preuve expérimentale. Voici un chien : ainsi que vous le voyez, nous avons placé un tube dans le canal de Sténon et un autre dans le canal de Wharton ; nous avons isolé le nerf moteur de la parotide, et aussi la corde du tympan qui préside à la sécrétion sous-maxillaire. Après avoir divisé ces deux nerfs, nous allons maintenant procéder à la galvanisation de leurs bouts périphériques. Comme l'appareil que nous employons nous permet de comparer les différents degrés de la force employée dans chaque expérience, il ne nous sera pas difficile de nous rendre compte de la somme relative de sensibilité qui appartient aux deux glandes.
Nous pratiquons l'expérience dans les conditions susindiquées. Vous voyez qu'on emploie d'abord un courant très-faible : presque immédiatement un écoulement sahvaire a lieu par le tube fixé au canal de Wharton, tandis que la parotide n'est, à aucun degré, influencée. Ce n'est qu'après avoir graduellement et considérablement accru la force du courant, que l'on voit quelques gouttes sortir du tube fixé au canal de Sténon.
Nous allons maintenant, messieurs, vous montrer les effets de la section du grand sympathique.
Après avoir divisé ce nerf sur le même animal, nous galvaniserons de nouveau la corde du tympan. Un courant beaucoup plus faible que ceux employés dans les expériences précédentes détermine presque instantanément un écoulement de salive.
Nous en arrivons donc encore à la conclusion précé- - demment formulée, mais cette fois par la méthode expérimentale. Cette conclusion la voici :
Il existe deux classes de nerfs destinés aux glandes. Les uns viennent du grand sympathique, qui préside à la contraction de leurs vaisseaux et diminue leurs sécrétions. Les autres tirent leur origine des principales branches motrices qui se ramifient dans leur voisinage immédiat; ils sont destinés à dilater les vaisseaux, et produisent un écoulement abondant d'un liquide aqueux plus ou moins chargé des matériaux ordinaires qui caractérisent les sécrétions dans chaque cas particulier.