INNERVATION DE LA SOUS-MAXILLAIRE
la viscosité de sa sécrétion ; les nerfs ganglionnaires agissent précisément dans le sens contraire. Ces résultats vous les connaissez déjà dans une certaine mesure, après la longue étude que nous avons consacrée au nerf moteur de la parotide.
L'influence exercée par le système ganglionnaire sur la glande sous-maxillaire explique l'action produite sur elle par différentes causes d'excitation qui portent sur des points éloignés du canal alimentaire. C'est ainsi que l'introduction directe des aliments dans l'estomac détermine généralement un écoulement de salive sous-maxillaire. On peut constater facilement ce fait chez les animaux porteurs d'une fistule gastrique.
Nous allons appeler maintenant votre attention sur les propriétés physiologiques de l'appareil sublingual, afin de vous donner une idée aussi complète que possible de la sécrétion salivaire.
Dans l'espèce humaine, la glande sublinguale n'est pas une glande en une seule grappe. Complètement différente, sous ce rapport, de ses congénères, elle n'a pas de canal excréteur de dimension suffisante pour permettre l'introduction d'un tube. Ses produits se déversent dans ia cavité buccale par six ou sept petits orifices, qui correspondent à autant de portions distinctes de la glande. La môme disposition anatomique règne chez la plupart ■des animaux qui servent habituellement à nos expériences. Il paraît donc impossible, au premier abord, de recueillir le liquide sécrété par ce petit appareil, en quantité suffisante pour déterminer ses propriétés physico-chimiques et le rôle qu'il est appelé à jouer
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dans la mastication. Heureusement pour la physiologie expérimentale, le chien (fig. 115 et 116) possède une glande sublinguale volumineuse et conglomérée, pourvue d'un seul canal excréteur dans lequel on peut facilement passer des tubes. Aussi est-ce sur cet animal que nous avons pratiqué toutes nos expériences relatives au sujet qui nous occupe aujourd'hui. Le chien que nous plaçons en ce moment sous vos yeux vient de subir l'opération préliminaire. Une canule a été introduite dans le canal sublingual, et de son orifice on voit s'écouler lentement un liquide visqueux et demi-transparent. La difficulté avec laquelle il s'écoule témoigne suffisamment de ses propriétés adhésives. Il est, sous ce rapport, très-différent de la salive aqueuse de la parotide. La sécrétion sous-maxillaire paraît établir, au point de vue chimique, une transition entre les deux autres. Toutefois, il n'existe pas d'analyse satisfaisante de la salive sublinguale : tout ce que nous savons, c'est qu'elle contient une proportion énorme de matière lubrifiante.
La quantité de cette salive est faible; et elle est lente à se former, lorsqu'on excite la sécrétion. C'est ainsi que lorsqu'on verse du vinaigre dans la bouche d'un animal, après avoir préalablement placé des tubes dans les conduits excréteurs des trois glandes salivaires, on voit la salive sous - maxillaire couler immédiatement ; la sécrétion parotidienne apparaît bientôt après; la sahve sublinguale se montre la dernière. On pourrait en conclure que la glande sousmaxillaire est en rapport avec le sens du goût, la