‹ Leçons de physiologie opératoireChapitre 132 sur 163 · INNERVATION DE LA. SUBLINGUALE · texte numérisé non relu

INNERVATION DE LA. SUBLINGUALE

parotide avec la mastication, et la sublinguale avec la déglutition. Les observations cliniques chez l'homme tendent à confirmer ces déductions tirées de la physiologie.

Comme pour la glande sous-maxillaire, les nerfs qui président à la sécrétion sublinguale proviennent de cette branche particulière du facial qui est connue sous le nom de corde du tympan et qui, après sa séparation du lingual, pourrait être justement a])^e\ée rierf ti/mpanico-lhigual. Du moment, en effet, où elle s'unit au lingual, elle devient en réalité un nerf mixte, contenant des fibres sensitives aussi bien que des fibres motrices. Les minces filets destinés spécialement à la glande sublinguale (fig. 114) pourraient peut-être être considérés comme d'une nature différente des autres; ils sont infiniment moins sensibles à l'excitation galvanique que ceux qui vont se jeter dans le plexus sous-maxillaire. Mais, d'autre part, on pourrait soutenir que ce n'est pas dans les nerfs, mais bien dans le tissu glandulaire lui-même, que gît la cause d'une si notable différence.

Nous allons maintenant répéter les expériences sur lesquelles repose notre connaissance de la source de l'excitant nerveux des deux glandes. Lorsqu'on coupe la corde du tympan dans l'épaisseur de la membrane de ce nom (oreille moyenne), la sécrétion sublinguale est immédiatement paralysée, comme dans le cas de la glande sous-maxillaire. Le nerf moteur ne provient donc pas des branches qui réunissent le ganglion otique au facial. D'autre part, si l'on coupe le nerf après sa séparation du lingual, et qu'on le galvanise

ensuite, un écoulement de salive se produit immédiatement par les deux glandes; ce qui prouve bien que cette branche nerveuse n'emprunte pas ses propriétés spéciales au lingual. Il y a pourtant encore un desideratum : en effet, le nerf de Jacobson envoie une anastomose à la corde du tympan, au-dessus du point oii nous allons la sectionner. Pour savoir si la neuvième paire exerce une influence sur la sécrétion, il faudrait faire la section tout près de l'origine cérébrale du nerf. Cette expérience offre de telles difficultés, qu'aucun physiologiste ne l'a tentée jusqu'ici.

Ces deux expériences sont ici pratiquées sous vos yeux. Le neif est d'abord divisé à sa partie supérieure, et la sécrétion s'arrête. Il est ensuite galvanisé en dehors du lingual, et immédiatement la sécrétion réapparaît.

Vous voyez donc, messieurs, que chacune des glandes salivaires est destinée à un usage spécial et fournit une sécrétion propre, sous l'influence d'un nerf particulier. La récente découverte de la branche motrice de la parotide est le trait final qui complète le tableau.

Nous en avons fini, messieurs, avec l'étude expérimentale de la sécrétion salivaire. 11 conviendrait maintenant d'expliquer les usages de ce liquide et le rôle qu'il joue dans la digestion ; mais nous faisons ici un cours de physiologie opératoire. Comme cette partie de notre sujet relative aux propriétés chimiques des liquides, peut être étudiée sans avoir recours aux vivisections, nous la passerons sous silence, et aborderons immédiatement d'autres portions de l'appareil digestif.

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