FISTULES GASTRIQUES
procédé de M. Blondlot, à nous servir, comme d'habitude, de la double canule.
Nous allons faire l'expérience sous vos yeux. A notre prochaine leçon, l'animal sur lequel nous allons opérer sera sans doute en assez bon état pour nous fournir une abondante quantité de suc gastrique. Nous examinerons alors successivement ses intéressantes propriétés, ainsi que la digestion stomacale.
L'expérience est pratiquée, vous le voyez, sur un très-beau et gros lévrier. L'animal, ayant mangé environ une heure auparavant, est naturellement en plein travail de digestion. A peine l'estomac est-il ouvert qu'on Toit s'échapper de la plaie une grande quantité de suc gastrique.
VIJNGT-SEPTIÈME LEÇON
Sommaire : L'opération de la gastrotomie chez le chien ne présente généralement pas d'inconvénients sérieux. — Propriétés particulières du suc gastrique. — Sa réaction acide. — Cette propriété se retrouve dans toute l'échelle animale. — Les glandes en tube de la muqueuse stomacale sont la source réelle de ce liquiile. — Preuves expérimentales de ce fait.
— Expériences de Prévost et Lcroyer. — PiésuUats identiques chez les herbivores. — La portion pylorique de l'estomac concourt seule à cette sécrétion. — Des modifications de la muqueuse stomacale pendant la digestion. — L'épithélium se détache. — Des différentes substances éliminées par la sécrétion gastrique : prussiate de potasse, sels de fer, etc. — Démonstration expérimentale. — Difficulté de déterminer le point particulier où la sécrétion a lieu. — Des différentes manières de recueillir le suc gastrique pour l'analyse. — Comment on réussit le mieux à en séparer les substances alimentaires mélangées.
Certains liquides sont invariablement mêlés au suc gastrique et il est impossible d'éviter leur présence. — Salive. — Sécrétion propre des glande» du pharynx. — Tous ces liquides sont alcaUns, et, suivant la loi de Berzelius, ils ont une tendance à neutraliser l'acidité du suc gastrique.
— Influence des alcalins sur la sécrétion gastrique. — La réaction desliquides intestinaux au delà du pylore est entièrement variable. — Composition chimique du 'suc gastrique. — Influence du système nerveux sur sa production. — Plexus solaire. — Effets produits sur l'estomac par la galvanisation des pneumogastriques et du grand sympathique.
Messieurs
Nous avons décrit dans nos précédentes leçons les différentes manières d'obtenir le suc gastrique en grandes quantités. Nous allons maintenant procéder à l'examen des principales propriétés de cet important liquide.
L'animal dont nousavonsouvert l'estomac danslalecon
dernière est mort rapidement de péritonite à la suite de l'expérience. Ce résultat fâcheux ne doit pas être attribué à l'opération elle-même, qui la plupart du temps n'offre pas d'inconvénients sérieux. Il faut plutôt mettre en cause l'état de santé antérieur de l'animal, et les ))rédispositions défavorables que l'on observe trop souvent dans certaines races de chiens au point de vue des opérations pratiquées sur les organes abdominaux.
L'expérience a au contraire réussi chez l'animal que nous mettons aujourd'hui sous vos yeux. Comme vous le voyez, il paraît jouir actuellement de la santé la plus parfaite, et il nous fournira, au moment voulu, une quantité abondante de suc gastrique. Procédons par conséquent à l'examen des propriétés caractéristiques de cette sécrétion.
Bien que sa composition chimique varie légèrement suivant les différents animaux, le suc gastrique est constamment doué d'une forte réaction acide. Ce fait a été établi, vers le commencement du dernier siècle, par les ingénieuses expériences de Réaumur. Cette propriété (le la sécrétion existe dans toute l'échelle animale. C'est ce qui a permis aux anatomisles de déterminer souvent l(î siège précis do l'estomac dans les cas douteux, la réaction de toutes les autres parties de l'appareil digestif !1ant neutre ou même franchement alcaline. L'emploi les réactifs colorés permet donc à l'observateur d'indiluer avec la plus grande exactitude la portion du tube intestinal cpii correspond k l'estomac de l'animal. Chez certains poissons, par exemple, aucune modification de fornie ou de volume du canal alimentaire ne correspond