‹ Leçons de physiologie opératoireChapitre 27 sur 163 · DÏÎIFINITION DE LA VIE · texte numérisé non relu

DÏÎIFINITION DE LA VIE

un milieu intérieur, qui est le liquide sanguin, par Tinterniédiaire duquel ils reçoivent des substances nécessaires à la manifestation de leur propriété et rejettent les résidus des actes chimiques dont ils sont le siège, c'est-à-dire les substances devenues impropres à entretenir leur vie.

Ainsi, quand on distingue des animaux terrestres, aériens ou aquatiques, cette distinction ne s^applique qu'aux mécanismes des fonctions, c'est-à-dire que, par exemple, l'appareil destiné à mettre le sang, ou milieu intérieur, en contact d'échanges avec Tair, cet appareil est disposé difîéremment chez les animaux qui vivent plongés dans cet air et chez ceux qui, vivant dans l'eau, empruntent l'air que celle-ci contient en dissolution ; mais chez les uns comme chez les autres, la vie générale, celle des éléments anatomiques, se fait de la même manière. Ces éléments vivent dans un milieu liquide, dans le sang qui les baigne ; il n'existe pas d'élément anatomique vivant dans l'air, et lorsqu'on descend aux degrés les plus inférieurs de l'échelle des êtres, jusqu'à ces organismes qui ne sont formés que d'une cellule, que d'une petite masse de protaplasma, on voit que ces animaux ou végétaux monocellulaires vivent toujours dans l'eau ou dans un milieu liquide.

Pour pénétrer dans l'analyse de la vie des éléments anatomi(jues, l'étude du sang sera donc de première importance, car aucune substance ne peut arriver jusqu'à ces éléments, pour en modifier la vie, sans passer par l'intermédiaire du sang; c'est par ce milieu intérieur que se font toutes les actions nutritives, exci-

tantes, modératrices, destructives, etc. H est vrai que le système nerveux vient agir directement sur certains éléments, comme sur la fibre musculaire dont il provoque la contraction; mais dans bien des cas l'action du système nerveux ne se produit que par 1 intermédiaire du sang, soit qu'il y ait modification dans l'afflux du sang, soit qu'il y ait même changement dans sa composition, carie système nerveux agit tout aussi bien sur le phénomène mécanique de la circulation que sur la constitution chimique du milieu intérieur : ce sont là des questions que nous développerons ultérieurement, en vous rendant témoins des expériences qui s'y rapportent.

Je vous ferai ici seulement remarquer à ce point de vue que, s'il est des animaux qui s'engourdissent pendant l'hiver, tandis que les autres conservent la même activité que dans les autres saisons, c'est que le système nerveux présente chez ces derniers des propriétés telles qu'il règle la température du sang et la maintient à peu près constante, c'est-à-dire indépendante des variations extérieures : grâce à ce mécanisme, les éléments analomiques vivent alors dans le milieu intérieur comme des plantes en serre chaude, et n'ont pas à subir l'influence de l'abaissement de température du milieu où est plongé l'organisme entier. Les animaux qui sont dépourvus de ce mécanisme régulateur sont dits animaux à sang froid, et subissent sous ce rapport l'influence des variations du milieu ambiant.

Mais il faut ajouter que plus les organismes possèdent des fonctions complexes, pîus ils sont exposés à un grand

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nombre de maladies, de même ({u'iine machine est d'autant plus exposée à des accidents qu'elle se compose de pièces plus nombreuses et plus compliquées. De ce que les animaux à sang chaud ont de plus que les animaux à sang froid un mécanisme régulateur de la température du milieu intérieur, il s'ensuit qu'ils peuvent être frappés dans ce mécanisme même ; et en effet, l'un des processus morbides les plus fréquents, la fièvre, n'est autre chose qu'une altération de la fonction de calorification : les animaux à sang froid étant dépourvus de celte fonction, sont en même temps exempts de la tièvre.

Puisque nous avons parlé de la fièvre, je vous rappelerai que le danger de ce processus morbide vient précisément de ce que l'augmentation de température du milieu intérieur place les éléments anatomiques dans des conditions anormales, Texcès de chaleur auquel ils sont soumis pouvant alors amener leur mort. Nous avons étudié précédemment les conditions de la mort par la chaleur, et les notions que nous avons acquises à ce sujet sont devenues, d'une manière générale, assez classiques pour qu'il me suffise de vous rappeler que les fonctions des éléments musculaires, comme celles des nerfs, sont arrêtées lorsque la température du milieu intérieur monte de quatre à cinq degrés au-dessus de la normale.

En cherchant à faire l'analyse de la vie par l'étude de la vie partielle des différentes espèces d'éléments anatomiques, il nous faudra éviter de tomber dans une er-

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