CL. BERNARD. — Plivsiol. Opér
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mais vide, sans aucun contenu sanguin (1). Une artél'iole voisine, par les progrès de son développement, lequel se fait selon un mode que nous n'avons pas à préciser ici, arrive-1-elle jusqu'à la tache laiteuse, elle s'abouche dans le réseau des cellules vaso-formatrices, et dès lors le réseau capillaire existe avec son contenu sanguin. Vous voyez donc que les systèmes capillaires se forment indépendamment des artérioles dont ils doivent ensuite recevoir le sang, et cehi aux dépens de cellules à ramifications nombreuses et anastomosées , cellules dont une seule peut souvent, par ses expansions, constituer un réseau capillaire d'une assez grande étendue. Je n'insisterai pas davantage sur ces faits délicats d'embryologie et d'histologie; il me suffît, et ce sera pour aujourd'hui notre conclusion, de vous avoir montré que l'élude de la formation des capillaires nous fait voir dans ce système une indépendance et une autogénie qui confirment l'indépendance et l'autogénie que nous avons constatées en lui au point de vue fonctionnel ; il est donc bien évident que la partie la plus importante de l'appareil circulatoire est représentée par les réseaux capillaires, et nous aurons d'autant plus d'intérêt à insister sur son étude, que c'est, ainsi que je vous l'ai déjà dit, de toutes les parties celle dont la physiologie a été connue le plus tardivement, et celle dont la connaissance est la plus importante, non-seulement pour la physiologie, mais encore pour la médecine proprement dite.
(1) Runvier, Dît développement et df Vacciomement des vaisseaux sanguins {Arch. de physioL, I87i, p. l'29).
QUINZIÈAJE LEÇON
Sommaire : Étude expérimentale de l'appareil circulaloire. — Importance lies expériences laites sur le système capillaire. — Les capillaires sont par excellence les agents de ïabsorption. — Absorption par les surfaces externes et internes. — Des injections locales à effets locait.r. — Expériences prouvant qu'on peut produire à part l'elYet local et l'elFct général. — Différentes phases à considérer dans l'absorption.
^'.apillaires sanguins et lymphatiques. — Idées anciennes sur les voies de l'absorption. — Découverte des vaisseaux lymphatiques. — Expériences de Magendie. — Expériences nouvelles. — I.e< xrines sont les organes les plus essentiels de l'absorption.
Messieurs,
D'après ce que nous avons vu précédemment sur les origines et les fonctions du système capillaire, il est facile de comprendre que ce système est le siège essentiel des phénomènes de nutrition, d'absorption, de sécrétion, etc. C'est donc à ce niveau qu'il faut chercher à étudier les actes intimes de la vie.
Parmi ces actes, celui qui doit nous arrêter tout d'abord est celui de Xabsorplion^ par lequel les matéiiaux de la nutrition, les substances toxiques aussi bien que les substances médicamenteuses, sont introduites dans l'organisme. C'est au contact des capillaires pulmonaires qu'est absorbé l'oxygène destiné à aller entretenir les combustions dans tous les tissus; c'est au niveau des capillaires du canal intestinal que sont absorbées les
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substances alimentaires, principaux matériaux de ces combustions.
Mais CCS exemples ne nous donnent qu'une faible idée de l'étendue de l'absorption, que nous devons diviser, dès maintenant, en absorption externe et absorption interne.
\J absorption externe est celle qui s'exerce sur les surfaces communiquant librement avec l'extérieur: le type serait fourni par la surface cutanée. Mais si, chez certains animaux, la peau est très- absorbante, chez d'autres animaux et chez l'hnmme, la texture de son épithélium atténue ou éteint celte fonction; l'absorption quia lieu sur les membranes muqueuses digestive, pulmonaire et autres surfaces muqueuses, rentre également dans la classe des absorptions externes.
h' absorption interne a lieu par les surfaces des cavités closes, telles que celles des grandes séreuses péritonéales, pleurales, etc. ; dans celte classe rentre l'absorption qui se produit dans le tissu cellulaire sous-cutané et interstitiel, car nous avons vu que les mailles de ce tissu peuvent être, au point de vue anatomique, regardées comme les analogues des cavités séreuses. Des expériences physiologiques, que nous reproduirons bientôt devant vous, vous dénionlreront également les ressem-' blances entre l'absorption par les surfaces péritonéales et pleurales et l'absorption par les mailles du tissu cellulaire sous-cutané ou interstitiel.
Nousverrons en outre que l'absorption qui a lieu dans les cellules pulmonaires ou dans les culs-de-sac glandulaires se rapproche par beaucoup de caractères de l'ab-