‹ Leçons de physiologie opératoireChapitre 81 sur 163 · RAPIDITÉ DE LA CIRCULATION · texte numérisé non relu

RAPIDITÉ DE LA CIRCULATION

pas de prussiate de potasse, dont les moindres traces nous auraient donné la coloration si caractéristique du bleu de Prusse.

Maintenant, nous allons enlever la pince à pression, qui, placée sur la partie inférieure de la jugulaire gauche, empêche le prussiate de potasse de pénétrer dans le torrent circulatoire. Un métronome battant la seconde nous sert à mesurer le temps. Nous présentons successivement à la veine jugulaire droite des verres destinés à recueillir le sang qui s'en écoule; l'un y est placé 7 secondes, l'autre 14 secondes, le troisième 24 secondes après l'ablation de la pince. Dans le premier verre, qui contient le sang recueilli au bout de 7 secondes, nous voyons déjà se former au contact d'un sel de fer la couleur bleue caractéristique.

Ainsi, au bout de 7 secondes après son entrée dans le bout central de la jugulaire gauche, le prussiate de potasse avait déjà fait le tour complet des cercles de la grande et de la petite circulation pour revenir par la veine jugulaire du côté droit. Pour le prussiate de potasse, le phénomène de transport demande donc nioins de 7 secondes; car, pour arriver aux capillaires généraux, le trajet à parcourir est moins long de toute la distance qui sépare ces capillaires des gros troncs veineux ramenant le sang vers le cœur. D'ailleurs, ce chiffre de 7 secondes n'est pas même un minimum pour la durée d'un trajet circulatoire complet.

Nous allons maintenant sur ce même animal répéter la même expérience, mais avec une substance toxique, et nous chercherons à constater, non plus l'apparition

Hl""! APPAREIL ClRCULxVTOlRE.

(le cette substance clans le sang veineux revenant des capillaires généraux, mais l'apparition des symptômes d'empoisonnement.

vmn,'

J'iG. 08. — Installation di! l'oxpcricncL! pour déterminer la durée relative des trois actes de l'absorption.

Nous introduisons dans le segment veineux gauche, isolé entre deux pinces, 1 centigramme de strychnine en solution dans 2 centimètres cubes d'eau : puis enlevant la pince inférieure, nous comptons les secondes que frappe le métronome jusqu'à ce que l'empoisonnement se manifeste. Après 7, après 10, après 15 secondes rien

DURÉE DE l'absorption INTERNE. 378

^encore. Mais voici une première secousse et puis un tétanos général : il s'est écoulé 21 secondes.

Nous avons déjà fait cette expérience dans le laboratoire : sur un chien de même taille, elle nous a donné •exactement le même résultat pour la même substance (1).

Oi' l'expérience avec le ferrocyanure vient d'assigner moins de 7 secondes comme durée des phénomènes de transport; nous pouvons donc dire que, dans ce cas, la dernière phase de l'absorption, c'est-à-dire l'absorption interne, a mis à se produire environ 14 secondes. L'acte de transport, qu'on aurait été tenté à priori de considérer comme le plus long, est donc celui qui demande le moins de temps.

(1) Le temps pourrait un peu ditl'érer selon les substances. On comprend, par exemple, que îles substances qui agissent directement sur les globules ilu sang doivent nianitester leurs effets plus rapidement, parce qu'elles n'oni pas à pénétrer jusqu'aux éléments de tissus plus ou moins profondémenl situés.

Page 1