‹ Leçons de physiologie opératoireChapitre 82 sur 163 · DIX-SEPTIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

DIX-SEPTIÈME LEÇON

Sommaire ; Expériences sur l'appareil rie la circulation. — De l'origine des

veines. — Circulation dite dérivative.

Cœurs périphériques veineux et lymphatiques. — Influence du système

nerveux et des poisons sur ces cœurs. — Exsudation de la lymphe. —

Influence du curare sur ce phénomène. — • Diapédèse des globules blancs. Des diverses espèces de sangs. — Des diverses espèces do sang veineux. —

Importance de leur étude comparée.

Messieurs,

Au premier abord, la question de l'origine des veines est de la plus grande simplicité ; les capillaires font suite aux artérioles, et les veines font suite aux capillaires. Mais au point de vue physiologique, vu la différence des phénomènes qui se passent dans chacun de ces systèmes, il y a lieu de se demander s'il n'existe pas un point précis oîi commence l'un et finit l'autre.

Cette question paraissait inutile et était résolue par la négative, à l'époque où l'on ne voyait dans les vaisseaux que des tubes inertes, que de simples canaux de conduite incapables d'exercer aucune action, même mécanique, sur leur contenu. Aujourd'hui que nous connaissons le rôle actif des vaisseaux, et surtout des petits vaisseaux si riches en éléments contractiles, on est parvenu à observer des caractères qui précisent exactement chaque limite des diverses parties du sys-

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tème circulatoire à sang rouge. Je vous ai montré précédemment que chez les animaux intérieurs, rien n'est plus net que ces limites, puisque chez eux le système veineux est représenté par un appareil lacunaire dans lequel viennent se déverser à plein canal les terminaisons artérielles. Nous avons même vu que ces terminaisons, d'après les recherches de M. de Quatrefages sur les némertes, et de M. Gerbe sur liîs phyllosomes, étaient pourvues de vérilables sphincters capables de présider à la plus ou moins grande intensité du déversement artériel dans le système lacunaire ou veineux. En partant de ce fait, nous pourrions donc considérer le système veineux comme représenté, dans son type le plus simple, par un .système lacunaire. C'est là en effet la conclusion à laquelle nous amènent les travaux les plus récents des histologistes. M. Ranvier, observant le mode selon lequel les capillaires artériels viennent se continuer avec les veines, a démontré (1) que ces dernières commencent par de véritables ampoules, des bulbes dilatables et à formes variqueuses, tandis que les capillaires artériels qui s'y unissent conservent jusque dans ce point leur calibre étroit, mais régulier et à bords parallèles. Les origines des veines sont donc comme des lacunes, ou tout au moins des réservoirs relativement considérables dans lesquels, par un point précis d'abouchement, très-facile à constater sur de bonnes préparations injectées, viennent se déverser de fines ramifications de l'arbre artériel.

(l) Voyez i.. Ranvier, Bu développetneiit et de V accroissement des vaisseaux sanguins (Arehiv. de phijsiol., 1871, p, 4-29, pi. xviii et xix).

Mais ce n'est pas tout. Il y a entre le système artériel et le syslèine veineux des communications aulrcs que celles établies par les capillaires; dans ces cas il y a continuation directe des artères dans les veines par des vaisseaux d'un calibre relativement considérable, surtout si on le compare au calibre des capillaires vrais. J'ai autrefois insisté sur une disposition de ce genre qui se constate au niveau du foie, disposition grâce à laquelle la veine porte peut communiquer directement avec la veine cave inférieure, sans l'interméiliaire des capillaires du lobe hépatique et des fines origines de la veine sus-hépatique. Cette communication est on ne peut plus facile à constater, même sans le secours d'aucun instrument grossissant. Elle existe également dans d'autres viscères, mais d'une manière moins évidente. Elle a été signalée parVirchow dansle parenchyme rénal. D'autre part, les recherches de M. Sucquet {De la àrculationdérwative ^ 1868) ont montré que des communications semblables se trouvaient chez l'homme dans les téguments de la face, des mains, des pieds, au niveau des articulations du genou, du coude, etc. C'est à l'ensemble des vaisseaux constituant ces communications directes qu'il a donné le nom de circulation dérivative^ indiquant ainsi que ces canaux pouvaient détourner une plus ou moins grande quantité de sang du réseau capillaire, c'est-à-dire de la circulation fonctionnelle. Il est probable que ces deux ordres de circulation existent partout, dans tous les organes, dans tous les tissus.

Revenons à la circulation du sans; dans les vaisseaux capillaires, et examinons tout d'abord les causes qui .

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