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SANG VEINEUX ET SANG ARTÉRIEL

Mais celte distinction, comme je l'ai montré plus tard, était elle-même insuffisante. Il ne suffit pas de distinguer le sang veineux et le sang artériel ; il faut caractériser encore avec un soin égal les sangs veineux des divers organes. Les recherches de Simon ont bien montré l'importance de ces études comparatives ; mais le point nouveau sur lequel j'ai dès longtemps attiré l'attention, c'est que même dans le sang veineux d'un organe il faut distinguer le sang qui provient de l'organe dans sa période d'activité de celui qui en sort au moment du repos fonctionnel.

Il nous faudra donc étudier la circulation et ses effets en nous attachant à bien déterminer les caractères du sang qui sort de chaque organe, et selon les périodes de repos ou d'activité de cet organe. Cette dernière distinction devient de premier ordre, non-seulement au point de vue des circulations locales, mais même relativement à la masse totale du sang; en effet, si Ton ne tient pas compte des périodes d'activité et de repos, toutes les distinctions, même les plus tranchées, les plus essentielles en ap|jfirence, s'effacent et disparaissent. Quand on supprime les fonctions organiques, particu- Hèrement celles des muscles, il n'y a plus lieu de distinguer les sangs artériel et veineux.

Voici, par exemple, un lapin qui se trouve dans les conditions expérimentales que nous avons dès longtemps précisées sous le nom de refroidissement de l'animal : on obtient ce résultat par plusieurs procédés, soit par la section du bulbe et la respiration artificielle, soit par l'exposition de l'animal, pendant un certain nombre

d'heures, dans un milieu à la température de la glace fondante.

Voici des grenouilles qui ont été placées dans ces mêmes conditions de température. Chez tous ces animaux, vous constatez, notamment dans la veine abdominale de la grenouille, que le sang contenu dans les veines ne présente plus les caractères classiques du sang veineux ; il est rouge et rutilant comme le sang artériel. C'est que le refroidissement a amené l'inertie, le repos de la plupart des éléments anatomiques, et notamment du système musculaire, dont l'influence est prépondérante dans la masse sanguine générale, pour faire passer le sang de l'état artériel à l'état veineux. Mais vous voyez qu'à mesure que ces animaux se réchauffent sous l'influence de la température de la salle, le contenu des veines devient plus foncé; c'est maintenant seulement que les veines contiennent réellement du sang veineux, et cela parce que les éléments anatomiques, et en première ligne les muscles, ont recouvré celte activité qui est la principale cause de la transformation du sang rouge en sang noir.

Cet exemple est un des plus frappants et en même temps des plus simples ; mais nous aurons à étudier bien d'autres circonstances où Tinfluence du repos et de l'activité de l'organe exerce sur la composition du sang une modification bien plus compliquée et plus difficile à prévoir. Tel est, par exemple, le cas des glandes : pendant leur état de repos le sang veineux en sort noir et chargé d'acide carbonique, c'est-à-dire avec les véritables caractères de laveinosité; au contraire,

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