‹ Leçons de physiologie opératoireChapitre 95 sur 163 · ACIDE CYANHYDRIQUE · texte numérisé non relu

ACIDE CYANHYDRIQUE

ment revenir à la vie des chiens qui avaient été enipois(»nnés par l'acide priissique, dont la respiration était ariétée, non par une lésion analomique réelle, mais par une sorte d'inertie survenue dans le jeu du mécanisme. Nous nous sommes servis pour cela d'un courant é!ectricpie qne nous faisions passer de la houche h l'anus. Sous cette influence, les battements du cœur se réveillaient, les mouvements respiratoires finissaient par se rétablir, et l'animal, revenu, ne présentait plus rien de son état antérieur; il mangeait et était dans un élat parfait de santé. Nous avons fait revenir trois fois, de cette manière, un gros chien qui avait été empoisonné par des doses considérables d'acide prussique. Donc, chez ce chien, on ne pouvait pas admettre des éléments brisés ou des lésions anatomiques profondes; sans cela il ne serait pas revenu.

Toutefois nous ajouterons qu'il faut avoir affaire à des animaux vigoureux, car des animaux afîaiblis n'offrent pas les mômes ressources. En effet, j'ai prouvé autrefois que toutes les douleurs, même légères, retentissent sur le cœur et ont pour premier effet de l'arrêter. Il y a donc toujours en réalité tendance à la production d'une syncope. Seulement cet arrêt du cœur chez un animal vigoureux est aussitôt suivi de la reprise et de la continuation des battements du cœur, et la circulation n'en souffre pas sensiblement; mais si l'animal est affaibli, Tarrêt du cœur peut être définitif et produire une syncope mortelle. C'est ainsi que Chossat produisait la mort subite en pinçant la palte chez des tourterelles très-aflfaiblies par l'abstinence. Dernièrement,

M. TarchanofF a montré que chez des grenouilles dont le mésentère avait été irrité au contact de l'air on produisait cet arrêt du cœur en excitant très-légèrement la surface du mésentère enflammé et devenu plus sensible.

C'est dans ce même ordre d'idées qu'il faut examiner la question si importante des contre-poisons. Lorsque l'on voit deux agents toxiques neutraliser, en apparence, leurs effets, si l'on suppose que ces effets ont pour cause une lésion anatomique, on est forcément amené à penser que, par le fait même de l'administration simultanée des deux agents, les lésions anatomiques ne se sont pas produites, les deux agents s'étant neutralisés dans le milieu intérieur, absolument comme une base neutralise un acide. Cette manière de voir est partagée par plus d'un médecin; mais ce n'est pas ainsi que se passent les choses dans la plupart des cas. Nous n'admettons pas cette prétendue neutralisation, cet antagonisme des poisons, parce qu'aucun fait expérimental ne nous l'a démontré. Tout ce que nous avons vu nous a fait penser que les poisons ne se neutralisent pas, que chacun produit son effet propre, et que ces effets se superposent. 11 peut résulter de cette superposition d'effets des conditions nouvelles pour l'organisme, conditions qui lui permettront d'éliminer les poisons, et, par suite, de survivre à l'intoxication.

En effet, nous ne connaissons jusqu'à présent qu'une manière de neutraliser un poison, c'est de le chasser de l'organisme. Vous l'avez vu pour le curare. 11 en est de même pour la strychnine. On a beaucoup insisté, à l'ap-

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