‹ Leçons de physique a l'usage des demoisellesChapitre 103 sur 200 · GELÉE BLANCHE · texte numérisé non relu

GELÉE BLANCHE

voir émissif ne se refroidissent pas également, et, par suite, la rosée doii se déposer fort inég ilement sur eux ; c’est pour ce motif que les métaux, surtout lorsqu’ils sont polis, se recouvrent rarement de rosée; le verre, l’herbe, le bois, les tuiles, dont le pouvoir émissif est plus considérable, produisent une condensation plus abondante de la vapeur d’eau.

2° Influence de f exposition des corps. Quand un corps est abrité, qu’une partie du ciel lui est cachée, le dépôt de rosée à sa surface est faible; car s’il rayonne dans tous les sens, la chaleur qu’il envoie vers l’abri lui est renvoyée par celui-ci, et son refroidissement est moindre que s’il n’était pas abrité. Les murs, les édifices abritent les objets placés auprès d’eux ; aussi la rosée est-elle bien moins abondante dans les villes qu’en rase campagne.

3® Influence de l'état du ciel. Quand le temps est couvert, les nuages jouent aussi le rôle d’abri par rapport aux corps situés sur le sol et le dépôt de rosée est plus faible.

4® Influence du vent. Si l’air est parfaitement calme, la môme couche demeure toujours en contact avec le sol, et dépose seule la vapeur qu’elle contient : il en résulte que la rosée sera peu abondante. Si d’autre part l'air est très-agité, il en sera de même, parce que celte agitation facilite l’évaporation de la couche d’eau, à mesure qu’elle prend naissance. Une faible agitation de l’air présente donc les conditions les plus favorables au dépôt de la rosée.

5® Influence de la saison. Il est évident, d’ailleurs, que la quantité de rosée déposée sera d’autant plus grande que la différence entre la température du jour et celle de la nuit sera plus considérable; elle est plus abondante à l’automne et au printemps qu’en hiver et en été.

301. Givre ou i^elée blanche. — L’origine de la gelée blanche est la même que celle de la rosée. La gelée blanche se produit lorsque la température des corps, à la surface desquels s’est formée la rosée, est assez basse pour que celle-ci se congèle.

Les gelées tardives produites par le rayonnement pendant les nuits de printemps ont de funestes effets sur les végétaux; un préjugé populaire attribue ces désastres à l’influence de la lune, et on l’appelle lune rousse^ parce que les bourgeons et les feuilles

roussissent lorsqu’elle brille, tandis que, si elle reste masquée par les nuages, on ne remarque aucune désorganisation dans les végétaux. Est-il besoin d’ajouter que la lune n’a aucune influence en pareil cas, et que si les plantes ne souffrent pas lorsqu’elle est cachée, cela tient uniquement à ce que les nuages diminuent Us effets du rayonnement et par suite le refroidissement des végétaux ?

INDICATIONS DU BAROMETUE.

3<‘2. Nous avons vu, en nous occupant du baromètre, que cet instrument servait à étudier les variations de la pression atmosphérique. Ces variations sont intimement liées à l’état de l’atmosphère; aussi les météorologistes enregistrent-ils avec soin les indications barométriques, et voici quelques-uns des résultats généraux auxquels ils sont parvenus.

Le baromètre est soumis, dans chaque lieu, à des oscillations continuelles. On appelle hauteur moyenne du jour la moyenne des hauteurs observées à chaque heure du jour et de la nuit. La moyenne mensuelle s’obtient en faisant la moyenne des moyennes des jours du mois, et la moyenne annuelle est la moyenne des moyennes mensuelles.

En chaque lieu la moyenne annuelle est constante, mais elle varie d’un point à l’autre du globe avec la différence des altitudes et avec celle des latitudes. Les moyennes mensuelles varient en un même lieu, dans le cours de l’année ; elles sont généralement plus grandes en hiver qu’en été.

Quant aux hauteurs barométriques observées pendant une même journée, elles sont soumises à des oscillations très-régulières. 11 y a deux minima, à quatre heures du matin et à quatre heures du soir, séparés par un maximum, qui s’observe à dix heures du matin et à dix heures du soir.

Outre ces variations régulières, il est des perturbations continuelles que le baromètre éprouve dans les climats tempérés. Elles ont un rapport remarquable avec l’étal du ciel. Le mauvais temps a lieu ordinairement lorsque le baromètre baisse, le beau temps lorsqu’il monte. C’est de là que vient l’un des plus fréquents usages de l’instrument dont nous parlons. Aussi, comme nous l’avons remarqué plus haut, lui adapte-t-on souvent unegra-

INDICATIONS DU BAROMÈTHE.

dualion spéciale qui indique l’élat de l’atmosphère. 11 ne faut accorJer à ces indications, au point de vue météorologique, qu’une valeur de probabilité et non pas de certitude. Les pré- \isions faites sur le temps, d’après les indications du baromètre, sont le plus souvent exactes; mais elles peuvent être en défaut, et, en tous cas, l’instrument qui en fournit les b^ses doit-il avoir été gradué pour la région où se fait l’observation. C’est ce qui va ressortir de l’explication que nous allons donner.

Dans nos contrées, les vents humides et chauds du sud-ouest font baisser la colonne barométrique, parce qu’ils nous amènent un air moins dense ; et, comme ils sont ordinairement accompagnés de grandes quantités de vapeur d’eau, cet abaissement concorde souvent avec la pluie. Mais il faut remarquer que celte vapeur ne tendrait qu’à augmenter la pression atmosphérique, et que, si celle-ci diminue, c’est que la cause d’abaissement, la température de l’air apporté par les vents, l’emporte sur la cause d’augmentation que nous venons de signaler. Par une raison contraire, les vents froids et secs du nord-est font monter le baromètre et amènent le beau temps. Mais n’oublions pas que cette règle est particulière à nos contrées et à celles qui, se trouvent dans une même situation géographique par rapport aux mers, qui nous fournissent la plus grande partie de la vapeur d’eau atmosphérique. Ainsi, par exemple à l’embouchure de la Plata, sur la côte orientale de l’Amérique du Sud, ce sont les vents du sud-est qui amènent la pluie et qui, en même temps, font monter le baromètre, par suite de leur basse température.

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