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Tomicrrc. — Les éclairs de première classe sont ordi

rHVsi^jic l’oinfc. 1

nairement suivis de bruits plus ou moins intenses qu’on désigne ordinairement sous le nom de tonnerre. L’intervalle qui sépare l’éclair du tonnerre est dû à la différence des vitesses de propagation de la lumière et du son. Le son ne parcourant que 340 à la seconde, le bruit produit par l’étincelle n’arrive à l’oreille de l’observateur qu’après quelalumière de l’éclair, qui parcourt 77 000 lieues dapsje même temps, est arrivée à son œil. 11 est évident que l’intérvalle entre les deux sensations est d’autant plus grand que la distance à laquelle se produit l’éclair est plus considérable.

Le bruit de l’étincelle électrique est ordinairement sec, tandis que le bruit du tonnerre se compose d’éclats successifs, suivis par un grondement sourd qui va en s’affaiblissant. C’est ce que l’on exprime par les mots roulements de tonnerre. Cette différence entre l’étincelle électrique et le tonnerre s’explique facilement. Le bruit de l’étincelle, partant de points qui sont sensiblement à la même distance de l’observateur, arrive de tous ces points en même temps à l’oreille et doit par suite être sec ; celui de l’éclair, partant de points très-inégalement éloignés, doit être saccadé et se composer de bruits successifs inégalement forts.

360. Influence deenuaffes orageux enr des objets situés à la surface du sol. — Les phénomènes que nous venons d’étudier sont dus surtout à l’action réciproque des nuagesélectrisés. Il est intéressant d’examiner l’intluence que ceux-ci peuvent avoir sur le sol et sur les objets situés à sa surface. Quand un nuage électrisé se trouve assez rapproché de la terre, il opère une décomposition du fluide neutre du sol, attire dans la partie supérieure du fluide de nom contraire à celui dont il est chargé, et repousse au loin le fluide de même nom.

Il arrive souvent que l’attraction entre les deux fluides opposés des nuages et des parties supérieures du sol soit assez grande, pour que la résistance de l’air soit vaincue, qu’il y ait recomposition et par suite éclair. Le point du sol où aboutit l’étincelle électrique est dit fofidroyé. On dit aussi que la foudre est tombée sur ce point. Quand le tonnerre tombe sur un point qui n’est pas trop éloigné de l’observateur, celui-ci perçoit un bruit sec dû à ce que toutes les parties de l’éclair sont sensiblement à des distances égales.

11 est évident que les objets les plus élevés, étant ceux sur les-

quels l’action décomposante des nuages s'exercera le plus facilement, sont aussi les plus exposés à être foudroyés.

361. CKoc en retour. — Supposons que, pendant qu’un corps est électrisé par l’influence d’un nuage orageux situé audessus de lui, ce nuage soit brusquement emporté par un coup de vent, il est facile de concevoir que les fluides positif et négatif de cet objet, étant soustraits à l’action du nuage qui les maintenait séparés l’un de l’autre, se recombineront instantanément. Cetle recomposition instantanée est accompagnée d’ébranlements dont les suites peuvent être funestes. On a vu des troupeaux entiers, des attelages de plusieurs chevaux, des groupés nombreux de personnes, succomber dans ces circonstances, sans qu’on retrouve à la surface de leur corps aucune blessure apparente. Ce phénomène est connu sous le nom de choc en retour.

Nous empruntons encore au traité de physique de M. Jamin une si'rie de faits intéressants qui donneront une idée des effets des nuages orageux et de la foudre.

362. Effets des naaD^es oran^eux sur le sol. — La décomposition par influence que les nuages orageux peuvent exercer sur les objets situés à la surface du sol suffit pour expliquer les faits suivants :

« Sénèque raconte qiCune étoile alla près de Syracuse se reposer sur le fer de la lance de Gylippe.

« On lit dans Tite-Live que le javelot dont Lucius Atreus venait d’armer son fils, récemment enrôlé parmi les soldats, jeta des flammes pendant plus de deux heures sans être consumé.

« César, dans ses Commentaires sur la guerre d’Afrique, raconte qu’après une nuit orageuse pendant laquelle il tomba beaucoup de grêle, le fer des javelots de la 5° légion parut en feu.

M Plutarque rapporte qu’au moment où la flotte de Lysandre sortait du port de Lampsaque pour attaquer la flotte athénienne, les deux feux que l’on appelle Castor et Pollux allèrent se placer des deux côtés de la galère de l’amiral lacédémoinien; ceci présageait dans les idées du temps un heureux voyage.

« On trouve dans l’histoire de Christophe Colomb, écrite par son fils, le récit d’une observation analogue. Dans la nuit du samedi (octobre 149 ?), il tonnait et pleuvait très-fortement. Saint Elme se montra alors sur le mât de perroquet avec sept cierges allumés, c’esf-â-dire qu’on aperçut ces feux que les matelots

croient être le corps du saint. Aussitôt on entendit chanter sur le bâtiment force litanies et oraisons, *car les gens de mer tiennent pour certain que le danger de la lempôle est passé dès que saint Elme paraît. Il en sera de celte opinion ce qu’on voudra,

« On se fil pendant longtemps une opinion très-étrange de ces feux, que l’on regardait comme des objets matériels dont on pouvait aller se saisir. Pour montrer cette idée dans toute sa naïveté, il suffit de citer le passage suivant des Mémoires de Forbin.

« Pendant la nuit (Mi9C) il se forma tout à coup un temps très-noir accompagné d’éclairs et de tonnerres épouvantables. Dans la crainte d’une grande tempête dont nous étions menacés, je fis carguer toutes les voiles. Nous vîmes sur le vaisseau plus de trente feux Saint-Elme. 11 y en avait un entre autres sur le haut de la girouette du grand mât qui avait plus d’un pied et demi de hauteur. J’envoyai un matelot pour le descendre. Quand cet homme fut en haut, il cria que ce feu faisait un bruit sem-

blableà celui de la poudre qu’on allume après l’avoir mouillée. Je lui ordonnai d’enlever la girouette et de venir; mais à peine l’eut-il ôtée de place, que le feu la quitta et alla se reposer sur le bout du mât, sans qu’il fût possible de l’en retirer. Il y resta assez longtemps, jusqu’à ce qu’il se consumât peu à peu.

« Des observations plus précises ne laissent aucun doute sur 1 origine de ces phénomènes. Je vais encore citer deux exemples ;

« Le 14 janvier 1824, à la suite d’un orage, M. Maxadorf, ayant porté ses regards sur un chariot chargé de paille qui se trouvait au-dessous d’un gros nuage noir au milieu d’un champ près de Cothen, observa que tous les brins de paille se redressaient et paraissaient en feu. Le fouet môme du conducteur jetait une vive lumière. Ce phénomène disparut aussitôt que le vent eut emporté le nuage noir; il avait duré dix minutes.

« Le 8 mai 1831, après le coucher du soleil, des officiers se promenaient tète nue pendant un orage sur la terrasse du fort Bab Aâoura à Alger. Chacun, en regardant son voisin, remarqua avec étonnement de peiites aigrettes lumineuses aux extrémités de ses cheveux tout hérissés. Quand ces officiers levaient les mains, des aigrettes se formaient aussiauboul de leurs doigls.»

36 t. lie la foudre »ur Ira corps coiiducteura. —

« Quand la foudre rencontre des corps métalliques, elle les fond et les volatilise si leur section est petite; elle les suit sans inter-

ruplion et sans occasionner do dégûts s’ils ont une masse assez grande et qu’ils soient en cominiinicalion avec le sol : elle se dirige de préférence vers les corps conducteurs.

« Aristote dit que l’on a vu le cuivre d’un b «uclicr fondu par le tonnerre sans que le bois qu’il recouvrait fût endommagé. Suivant Pline, l’argent, l’or et le cuivre contenus dans un sac peuvent se fondre par la foudre sans que le sac soit brûlé, sans que la cire, empreinte d’un cachet qui ferme le sac, soit ramollie. ,

« Le 27 avril 18o7, le tonnerre tomba sur un moulin A vent de Treat Warton, dans le Lancashire; une gros'ie chaîne en fer^ qui servait A hisser le blé, fut tellement échauffée et ramollie que les anneaux se joignirent et qu’elle devint après le coup de foudre une véritable barre de fer.

« Le ^0 avril 1827, le paquebot New-Yorh\ de 520 tonneaux, venant à Liverpool reçut deux coups de foudre successifs dans la même journ e. Au premier coup, n’ayant point de paratonnerre, il éprouva de graves dégâts, et un tuyau de plomb, qui avait 8 centimètres de diamètre et M millimètres d’épaisseur, qui conduisait du cabinet de toilette à la mer, fut mis en fusion.

« Au deuxième coup, le paratonnerre avait été mis en place; il se composait d’une tige en fer de 1 mètre 20 et de H millim. et d’une chaîne d’arpenteur longue de 40 mètres qui réunissait le paratonnerre A la mer; elle était faite avec du fil de fer de 6 millimètres de diamètre et les chaînons se reliaient les uns aux autres par des anneaux ronds. Tout le bâtiment fut éclairé par une vive lueur, et en mémo temps la chaîne fut dispersée de toutes parts en fragments brûlants et en globules enflammés gros comme des balles. Ils mirent le feu en cinquante endroits sur le pont, malgré une couche de grêle qui le couvrait et la pluie qui tombait A flots. La tige supérieure elle-même fut fondue sur une longueur do 30 centimètres. D’ailleurs, ce fut le seul dégât qui se produisit.

« Le tonnerre tomba, le ifi juillet 1759, sur une maison du faubourg South-Wark, à Londres. Un cordon de sonnette avait été entièrement fondu et partiellement volatilisé. On voyait, le long du mur contre lequel il était tendu, une trace de parcelles noires qui dessinaient la place qu’il avait occupée, et l’on trouva' dans le parquet une traînée de globules*arrondis qui s’y étaient incrustés en brûlant les planches autour d’eux. On avait vu.

pendant révénement, une pluie de feu tomber du cordon sur le plancher.

« La cathédrale de Strasbourg fut, depuis sa construction, à cause de sa grande hauteur, le point de mire sur lequel venaient s’abattre, tous les ans, plusieurs coups de tonnerre, à tel point que, pendant trente ans, la dépense moyenne allouée pour la réparation des dégâts causés par la foudre fut de 3üü0 fr., et que plusieurs fois l’existence du monument fut menacée. Depuis qu’un paratonnerre y est établi, aucun coup nouveau ne fut observé, et il semblait môme que les orages fussent devenus moins fréquents, lorsque, le lundi iO juilh t 1843, un violent orage éclata sur la ville, et la foudre tomba deux fois sur l’extrémité delà tige. Elle était terminée par une pointe de platine qui fut fondue vers l’extrémité, sur une longueur de 3 à C millimètres, et le métal s’affaissa d’un côté en coulant comme de la cire ramollie^ La goutte se terminait par une surface arrondie très-brillante.

« On entend raconter tous les jours des effets extraordinaires qui montrent avec quelle attention singulière la foudre se dirige vers les parties métalliques et évite les étoffes isolantes.

M Pendant un temps orageux, une dame étend une main pour fermer une fenêtre, la foudre part et le bracelet que porte la dame disparaît si complètement, qu’on n’en trouve plus aucun vestige.

« Une autre fois, suivant Bridone, pendant que madame Douglas regardait par une Jenêtre, la foudre frappa le fil de fer qui soutenait le bord de son chapeau, le fondit, brûla le chapeau sans atteindre la dame. »

A ces exemples, on pourrait ajouter de nombreux récits de faits, qui se produisent tous les jours et qui prouvent invariablement la môme tendance du tonnerre à choisir, pour les frapper, les conducteurs métalliques. Je ne citerai plus qu’une seule observation, mais elle est concluante.

« En 175ü, un détachement qui conduisait du Fort- Royal à Saint-Pierre le capitaine anglais Dibden, prisonnier de guerre à la Martinique, s'arrêta pour se garantir de la pluie au pied du mur d’une petite chapelle. Un violent coup de tonnerre le surprit dans cette position et tua deux soldats; du môme coup, la foudre ouvrit dans le mur, derrière les deux victimes, une ouverture

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d’environ quatre pieds de haut et de trois pieds de large. Toute vérification faite, il se trouva qu’à la portion du mur démo Je, sur laquelle les deux soldats foudroyés s’appuyaient correspondait exactement à l’intérieur de la chapelle un ensemble de barres de fer massives destinées à supporter un tombeau. Ceux qui n’eurent pas le malheur de s’ôtre ainsi placés fortuitement devant des pièces métalliques n’éprouvèrent aucun mal. »

364. J’ai eu l’occasion, il y a peu de temps, d’observer les effets bizarres d’un coup de foudre qui frappa un berger habitant la commune d’Estrées, près Amiens.

Cet homme, ayant été pris dans la campagne par un violent orage, alla s’asseoir sur un tas de fumier, en s’abritant contre la pluie à l’aide d’un parapluie, dont les tiges étaient en baleine et les arcs-boutants en métal. La foudre frappa l’extrémité d’une des baleines, et le fluide, se propageant difticilement à travers ce corps mauvais conducteur, le déchira, suivant sa longueur, en un grand nombre de morceaux, qui représentaient autant de fibrilles partant d’un point commun. La déchirure n’allait que jusqu’au point où la baleine était soutenue par un arc-boutant métallique. Le fluide suivit cet arc-boutant, de là vint frapper l'épaule en se pratiquant une roule à travers les vêtements du berger dont la veste, le>gi^el et la chemise présentaient chacun une déchirure : ces déchirures cruciales se superposaient. Le fluide laboura ensuite l’épaule et la poitrine de la victime, gagna sa chaîne de montre, entra dans la montre d’où il sortit en faisant dans la boite métallique une ouverture de 2 ou 3 millimètres; les bavures produites par la déchirure brusque du métal étaient en dehors, ce qui prouvait que le fluide avait traversé celte ouverture de dedans en dehors.

ün trou pratiqué dans la poche du gilet et de diamètre à peu près égal à celui que présentait le trou de là montre indiquait le chemin que le fluide avait suivi. Le berger avait les reins ceints d'une chaîne métallique qui retenait son chien : le fluide suivit la chaîne et vint foudroyer l’animal. Quant au berger, il en fut quitte pour de nombreuses brûlures, et pour une paralysie qui avait presque disparu lorsque je l’ai visité huit ou dix jours après l’accident.

36Ü. Effets de le. foodre sur lee corps isoleets. La

foudre peut percer des trous dans les matières non conductrices,

les briser en fragments et les disperser au loin ; elle peut les fondre sur les points qu’elle frappe.

«•Franklin eut l’occasion d’examiner les effets d’un coup de tonnerre extraordinaire. En à Newbury, la foudre tomba sur un cloclier terminé par une charpente en bois qui avait 21 mètres de hauteur; cette pyramide fut rasée et dispersée au loin. Mai', en arrivant à la base, la foudre renconira un fil de fer qui réunissait le marteau d’une cloche aux rouages de la sonnerie située plus bas; elle le réduisit en fumée et le projeta contre les murs, sous forme d'une traînée noire. Ainsi, dans les parties supérieures, la tour'en bois avait été détruite, et un simple fil de la grosseur d’une aiguille à tricoter avait suffi ensuite pour offrir un passage à la foudre et éviter tous dégâts; mais au-dessous de l’horloge, la communication métallique venant à manquer, la foudre continua sa route dans la maçonnerie et les dégâts recommencèrent.

« Près de Manchester, à Swinton, un petit bâtiment en briques, servant à emmagasiner du charbon de terre et terminé à sa partie supérieure par une citerne, était adossé contre une maison. Les murs avaient 3 pieds d’épaisseur et H de hauteur. Le C août 1809, à deux heures après midi, une explosion épouvantable se fit entendre; elle fut immédiatement suivie de torrents de pluie, et pendant quelques minutes une vapeur sulfureuse enveloppa la maison. Le mur extérieur du petit bâtiment fut arraché des fondations et soulevé en masse; l’explosion le porta verticalement, sans le renverser, à quelque distance de la place qu’il occupait d’abord ; l’une de ses extrémités avait marché de .neuf pieds, l’autre de quatre. Le mur, ainsi soulevé et transporté, se composait, sans compter le mortier, de sept mille briques et pouvait peser environ vingt-six tonnes.

« Ce qu’il y a de plus remarquable dans ces actions mécaniques, c’est qu’elles se produisent presque exclusivement aux points de réunion des métaux avec le bols ou la pierre. On trouve dans le récit d’un coup de tonnerre observé à llles (Pyrénées- Orientales), en is42, de très-nombreux exemples de ce fait. Le tonnerre tomba dans une maison occupée par un serrurier-mécanicien ; elle était remplie de masses de fer, de rouages de cuivre et d’outils de toute espèce; elle était, de plus, garnie sur sa façade de balcons, espagnolettes, gonds de fer, etc. C’està travers

chacune decc3 pièces métalliques que la poudre se fil plusieurs passages et, sans aucune exception, elle déchaussa toutes les parlies scellées, en projetant des éclats dans tous les sens.

a La foudre tomba, en 1761, sur le clocher de Saint-Brindes à Londres. C’est une flèche en pierres reliées par des crampons; les dernières assises sont massives et traversées par une tige de fer de 6 mètres qui en forme Taxe et qui se termine par une croix. C’est sur celte tige que la foudre arriva d’abord. Elle la suivit jusqu’à sa base, sans laisser aucune trace ni sur le métal, ni sur aucun point de la maçonnerie environnante; mais dès qu’un métal continu lui manqua, les dégâts commencèrent. La grosse pierre qui soutenait l’extrémité inférieure de la barre offrait des éclats et des fenles dirigées dans tous les sens ; une très-large ouverture s’était formée du dedans en dehors de la flèche, et la descente se conlinua par bonds, de crampon en crampon, sans se borner à ceux qui étaient à l’extérieur ; la foudre se porta sur tous les morceaux de fer placés dans l’intérieur de la maçonnerie pour unir les pierres entre elles. A tous les scellements, les pierres furent fendues, pulvérisées, lancées au loin; partout ailleurs qu’à ces points de suture, les dégâts étaient nuis ou sans gravité, comme si la foudre ne parvenait à s’échapper, par les bouts des piece% métalliques qu’elle a envahies, qu’à< l'aide d’un violent effort qui détruit tout aux environs.

« Ce n’est pas à des phénomènes de rupture que se bornent les effets de la foudre sur les corps peu conducteurs. Quand elle les frappe en des points qui ne sont pas dans le voisinage de métaux, elle laisse sur leur surface des traces. C’est ce qui permet d’expliquer certains faits observés depuis longtemps. Saussure dans les Alpes, Ramond au pic du Midi, de Humboldt en Amérique ont trouvé sur les rochers élevés des places vitrifiées où SC voyaient des globules fondus ; ils ont tous unanimement attribué ces apparences à l’action du tonnerre. C’est encore à la même origine que Ton rapporte la formation des fulgurites ; ce sont des tubes vitrifiés qui s’enfoncent verticalement dans le sol. Ils ont élô découverts en 17H , en Silésie, par Herman, et on les a retrouvés dans presque toutes les localités, où le sol est couvert d’une couche de sable au-dessous de laquelle il y a de l’eau. On suppose que le tonnerre tombant sur ces sables y fait un trou, et qu’il échauffe les parois du canal qu’il creuse jusqu’au

point de les vitrifier et d’agglutiner entre elles, en les fondant, les portions de sable qui sont autour. Cette explication n’a été pendant longtemps qu’une simple conjecture ; mais plusieurs fails.sont venus la confirmer: je n’en citerai qu’un, dans lequel la nature a été prise sur le fait.

« Le 17 juillet 182?, le tonnerre tomba sur un bouleau, près du village de Rauscben (le long de la mer Ballique). Les habitants étant accourus virent, auprès de l’arbre, deux trous étroits et profonds; l’un d’eux, malgré la pluie, leur parut, au tact, à une température élevée. M. le professeur Hagen, de Kœnigsberg, fit creuser avec soin autour de ces trous; l’un d’eux, celui qui fut trouvé chaud, n’oflrit rien de particulier; le .second, jusqu’à une profondeur d’un tiers de mètre, ne présenta non plus rien de remarquable, mais un peu plus bas commençait un tube vitrifié. La fragilité de ce tube ne permit de le retirer que par petits fragments de 4 à 5 centimètres de long. L’enduit vitré intérieur était très-luisant, couleur gris de perle, et parsemé de points noirs, dans toute son étendue. »

366. Des précautions à prendre en temps d’oraj^e. — Franklin a indiqué les précautions principales qu’il est bon de prendre en temps d’orage, pour se préserver des terribles effets de la foudre.

En temps d’orage, dans les maisons, il faut autant que possible s’éloigner des masses métalliques. Il y a moins de danger à craindre au milieu d’une chambre que contre les murs. Contrairement à une opinion assez répandue, rien ne démontre qu’un courant d'air puisse, comme on le dit, attirer la foudre et qu’il y ait imprudence à laisser les fenêtres ouvertes pendant l’orage.

Au dehors, il est bon de ne pas se placer à proximité des arbres, de ne pas chercher un abri sous leurs branches ; car, en vertu de leur élévation, ils sont principalement soumis à l’influence des nuages oragepx. On a conseillé, lorsqu’on se trouve pris pur un fort orage en rase campagne, de rechercher un grand arbre et de se placer à une distance de son pied égale à peu près à sa hauteur; si ses branches s’étendent en largeur, celte distance devra être plus grande. On comprend que celte précaution puisse avoir son utilité, puisque, si la foudre vient à tomber, elle frappera l’arbre de préférence. Il faut toutefois ajouter qu’il n’y

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