‹ Leçons de physique a l'usage des demoisellesChapitre 129 sur 200 · PARATONNERRES · texte numérisé non relu

PARATONNERRES

a là rien d’absolu, et que les arbres ne peuvent pas être considérés comme des préservatifs sûrs.

On citesouvent commedevanl préserver des effets delà foudre, les décharges d’artillerie, la sonnerie des cloches, les feux allumés à la surface du sol. Ce sont là ' autant de précautions qui n’ont pas de raison d’être, et qui, loin de s’appuyer surdes données scientifiques, n’ont d’autre origine que de déraisonnables préjugés. En particulier, l’habitude de sonner les cloches en temps d’orage, loin d’être utile, met souvent en danger la vie du sonneur, qui se trouve en communication directe avec des masses métalliques situéesà unecertaine hauteur et soumises à l’action décomposante de l’électricité des nuages.

3<»7. Parafoniierreii. — L’invention des paratonnerres est due à Franklin qui, après avoir découvert le pouvoir des pointes, voulut utiliser cette propriété pour décharger les nuages orageux de leur électricité.

ün paratonnerre se compose essentiellement d une tige pointue placée sur un édifice à protéger et mise en communication avec le sol.

Supposons qu’un nuage électrisé positivement, poussé par le vent, vienne à passer au-dessus de l’édifice; il décomposera le fluide neutre du paratonnerre, repoussera dans le sol le fluide négatif. Mais celui-ci s’écoulantcontiiiuellement par la pointe ira neutraliser le

fluide positif du nuage qui se trouvera par suite déchargé.

D’après les instructions les plus récentes (1854) de l’Académie

LEÇONS DE PilYSlQLE.

des sciences, un paratonnerre doit se composer d’une lige métallique PP' (fig. 253) ayant de 5 à 20 métrés de longueur, de 0 à G centimètres de diamètre à sa base. Sur sa plus grande longueur, celle lige est en 1er; elle se conlinnc à sa partie supérieure parut! cône en cuivre rouge adapté à vis et soudé en R avec elle. La partie inférieure de cette tige est engagée dans les pièces de la cliarpentedu bâtiment que l’on veut protéger; elle porte, du reste, une embase qui sert à rejeter les eaux pluviales ; d’un collier C fixé au bas de la tige part une barre de fer carrée SF de 2 centimètres de côté; qui descend le long du toit et des murs du bâtiment pour se rendre dans le sol. Ce conducteur doit être en communication parfaite avec les pièces métalliques un peu importantes de l’éditice. Il doit aboutir sous terre au milieu de substances conductrices d’une étendue aussi grande que possible. Le rapporteur de l’Académie, M. Pouillet, dit qu’il est indispensable que le conducteur se rende dans une nappe d’eau, puits, etc.; la braise de boulanger souvent employée pour remplir les conduits dans lesquels aboutit le conducteur est insuffisante pour un écoulement régulier de l’électricité. Il est bon, pour augmenter la surface par laquelle l’eau exerce son action conductrice, que le conducteur soit contourné au milieu d’elle en spirale. Nous ajouterons que les angles favorisant l’écoulement de l’électricité, il faut, pour éviter des décharges latérales, se garder d’infléchir trop brusquement le conducteur dans les parties, où, par suite des contours de l’édifice, il change brusquement de direction. Il faut vérifier de temps en temps si la pointe n’est pas émoussée, et s’il n’y a pas de rupture, de solution de continuité dans le conducteur. L’expérience démontre que l’action préservatrice du paratonnerre s’étend horizontalement dans tous les sens à une distance double de la tige. Si un édifice porte plusieurs paratonnerres, on doit réunir tous les conducteurs par des liges métalliques.

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