BALANCES
vité se relèvera de G ea G', du côté de A, et le poids du fléau agissant librement en G' tendra A ramener le fléau à l'horizontalité et Tempéchera de basculer.
Fig. 22.
Il est certain que ce dernier cas est le seul possible dans la pratique.
Fig. 23.
34. Sensibilité de la balance. — Il est évident d’ailleurs que cette action du poids du fléau, que nous voulons ici utiliser, ne doit pas être exagérée, car il faudrait alors un trop grand excès de poids sur l’une des extrémités pour faire incliner la balance; on n’apprécierait alors que des différences par trop grandes et la balance ne serait pas sensible. Pour éviter cet inconvénient, on diminue le poids de la barre, autant qu’on peut le faire sans en altérer la solidité, et on la construit de telle sorte que le centre de gravilé soit aussi près que possible du point de
suspension C, sans cependant coïncider avec lui. Celte dernière précaution repose sur un principe que nous avons établi expérimentalement au paragraphe 32, et qui consiste en ce qu’une force agissant sur une masse solide a d’autant moins d’effet qu’elle agit à une plus petite distance du point Hxe à la force. Or, la ligne G'C peut être considérée comme une barre solide dont le point fixe est en C ; plus le centre de gravité sera près de ce point C de'suspension du fléau, plus cette ligne sera courte, moins grand sera l’effet du poids du fléau agissant au centre de gravité, et, dans ces conditions, de faibles poids auront plus d’efficacité et la balance sera plus sensible.
35. Après avoir indiqué les conditions dans lesquelles doit être construite une balance pour qu’elle soit exacte et sensible, nous allons maintenant décrire ses dillërentes parties.
La balance ordinaire se compose essentiellement d’une barre rigide ou fléau FF' (fig. 2i), qui est traversée perpendiculaire-
ment en son milieu par un prisme d’acier appelé couteau. L’arOle inférieure de ce couteau repose sur deux petits plans d’agate ou d’acier trempé, dontl’un est en avant du fléau, l’autre enarrière ; mais tous deux à la même hauteur. Ces plans sont portés par la colonne qui soutient tout l’appareil ; l’arête du couteau sert d’axe desuspension, et c’est autour d’elle que le fléau peut osciller. Aux extrémités F et F’ se trouvent suspendus des plateaux destinés à porteries poids. Ces plateaux doivent être doués d’une
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permet, lorsque la balance n’est pas en activité, de soutenir le fléau par d’autres points. Pour cela, k l’aide d’une manivelle dont le bouton est en 0, on soulève une fourchette DE qui, soulevant elle-même le fléau, empêche le couteau de se fatiguer sur le plan d’acier. L’aiguille indicatrice S, au lieu d’être au-dessus du fléau, est au-dessous; on peut ainsi lui donner une plus grande longueur, ce qui rend ses écarts plus sensibles.
Les figures 26 et 27 représentent des balances moins coû-
Fig, 26.
teuses, et qui, par leur sensibilité, rendent chaque jour les plus grands services dans les laboratoires.
37. Peoées. — Pour faire une pesée, on met le corps dans l’un des plateaux, dans l’autre on place des poids gradués jusqu’à ce que l’horizontalité du fléau soit établie ; le nombre des poids gradués employés représente le poids du corps. Mais celte méthode suppose que la balance est parfaitement exacte, ce qui arrive rarement.
BALANCE HOBERVAL.*
Pour se mettre à l’abri des défauts de construction, on emploie la méthode de la double pesée. L’objet dont on veut déterminer le poids est placé dans l’un des plateaux ; dans l’autre on met de
Fig. 27.
la grenaille de plomb ou du sable jusqu’à ce que l’horizontalité du fléau soit établie. Puis on retire le corps à peser; à sa place, dans le même plateau, on met des poids marqués, jusqu’à ce que le fléau revienne dans la position horizontale. 11 est évident que ces poids représentent rigoureusement le poids du corps, puisque, agissant comme lui à l’extrémité du même bras de levier, ils ont fait eux aussi équilibre, dans des conditions identiques, à la grenaille de plomb qui se trouve dans l’autre plateau.
Avec cette méthode, pourvu qu’on opère avec une balance sensible, on fera toujours une pesée exacte.
38. Balance Roberval. — On doit à Roberval uno balance dont l’emploi s’est considérablement étendu dans le commerce. L’avantage qu’elle présente sur la balance ordinaire consiste en ce que ses plateaux ne sont pas suspendus par des chaînes souvent gênantes dans la pratique, et, par suite, reçoivent plus facilement les corps à peser, flacons, poudres, etc.
Elle est représentée par la figure 28.
Le fléau AB (fig. 29) peut osciller autour du point C. A ses extrémités A et B sont suspendues des tiges AD et BE supportant
les plateaux P et F et s’articulant en D et E avec une barre DE logée dans le pied de l’instrument et mobile sur un axe placé en
Fig. 2P.
son milieu. Lorsque le' tléau AB s’incline, DE s’incline aussi; mais, grâce aux articulations D et E, le parallélogramme ÂBDE
se déforme, tandis que les tiges AD et BE, restant verticales, maiii’ tiennent les plateaux horizontaux.
* 39. Balance de Qnlntena ou Bascule. — La balance de Quintenz ou bascule est aussi très-employée dans les maisons de commerce, bureaux de messageries et gares de chemins de fer. Elle sert à peser les fardeaux lourds en n'employant que des poids