DIRECTION DE LA PESANTEUR
sucre et abandonnons-le à lui-mCme, il tombe vers le centre de la terre. Ramassons-le ensuite pour le melire dans un mortier et le réduire en poudre très-fine par l’action du pilon, puis abandonnons ces grains de poudre à eux-mèmes, ils tomberont tous vers le centre delà terre, et cependant, si la pesanteur n^avait agi qu’en un seul point du morceau de sucre, le grain qui, après la pulvérisation, aurait représenté ou contenu ce point, se serait mis seul en mouvement, les autres restant en repos.
18. Direction île la peianteur. Verticale. Uorizontale. — Pour déterminer la direction de la pesanteur, on se sert d’un fil suspendu à un point fixe par une de ses extrémités, portantà l’autre un corps pesant, comme un morceau de plomb (fig. 2), et libre de prendre la direction que lui imprime la pesanteur. Ce fil est connu sous le nom de fil à plomb. 11 est évident que, lorsqu’il est en équilibre, tendu par le corps pesant situé A son extrémité, l’effet de la pesanteur sur le corps est détruit, quoique son action subsiste, par la résistance du fil qui soutient le corps et fempèche de tomber; mais, pour qu’il en soit ainsi, il faut nécessairement que la pesanteur agisse suivant le prolongement du fil.
La direction du fil à plomb en repos est désignée sous le nom de verticale. Elle est perpendiculaire à la direction des eaux tranquilles ou, en général, des liquides en repos. On sait par expérience que, lorsqu’on présente devant une glace un crayon, en lui donnant une direction perpendiculaire à la glace, l’image fournie par le miroir est dans le prolongement du crayon lui-mème, tandis que, si l’on incline ce dernier, son image est inclinée aussi. Prenons pour miroir un bain de mercure (fig. 3) ; lorsqu’il sera bien eu repos, suspendons au-dessus de lui un fil à plomb dont le corps pesant se termine en pointe, de manière que cette pointe effleure la surface du liquide, et nous constaterons que l’image du til à plomb fournie par le bain de mercure est dans le prolongement du fil lui-inéme, ce qui nous prouve que la verticale est perpendiculaire A la surface des liquides en repos.
On donne le nom de plan honzontal à la surface plane formée par un liquide en repos, et à! horizontale à toute ligne
située daus ce plan ou parallèle à ce plan.
L*action de la pesanteur étant concentrée au centre de la terre, toutes les verticales vont se couper à ce point; et cependant, vu la distance très-considérable à laquelle a lieu cette intersection, on considère comme parallèles les verticales de lieux peu éloignés l’un de l’autre. C’est ainsi que dans une église les directions des fils ou chaînes qui suspendent les lustres à la voûte peuvent être considérées comme parallèles. Si la distance devient considérable, il n’en est plus de même : les verticales de Paris et de Dunkerque font entre elles un angle de 2° 4 1' 56".
19.Miv«au. — Le niveau dont se servent si souvent les menuisiers, les maçons, etc., pour dresser des surfaces, est fondé sur l’emploi du fil à plomb qui, en un môme lieu, prend toujours la môme direction.
Il se compose d’un triangle (fig.4),
ou d’un quadrilatère (fig. 5) fait avec des traverses en bois et muni de prolongements dont les bases sont exactement dans le